‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 4 sur 54 · XVIII LA CHANSON · texte numérisé non relu

XVIII LA CHANSON

La chanson, c'est Came charmante Des grands poètes inconnus Qui s'ignorent, et que tourmente L'essaim des rêves ingénus.

C est aussi la Mazarinade, La flèche prompte de l'esprit ; C'est l'à-propos en embuscade Qui frappe à coup sûr, et qui rit.

La niaiserie incolore

De la romance troubadour

A fait place au vers tricolore

Qui chante en battant du tambour

Désaugiers dessine à la plume Paris qui passe, s' égayant Aux réverbères qu'on allume, Ou qui s' éveille en souriant.

iSadaud, sans faire de folies, Dit, sur un coteau modéré, De petites choses jolies Que l'Empire trouve à son gré.

LA CHANSON

Mais avant lui, d'un ^rand coup d'ui/e, Dupont nous donne la leçon D'élever à l ode éternelle.

Ode elle-même, la chanson!

Que dire de la chanson rosse, Puisque vous l'appelez ainsi ?

Gens de la Butte et de la noce, Qu'on ne comprend guère qu'ici !

Hugo fit la chanson des rues

Et des bois — Moins proche des dieux.

Bruant fit la chanson des grues.

De Paris louche et vicieux.

Parmi la Lice chansonnière.

Il est des amuseurs gentils ; Ils ont un goût, une manière...

T'en connais un. Combien sont-ils?

Couplet ou stance bleue ou rose, Selon les mots aux tons divers, La musique vient et se pose, Appelée au rythme des vers.

LA CHANSON

Poème épars, lyre in finie, Esprit, pensée aii.v mille l'oix. Vous êtes la pure Jiarmonie Et r éclat de rire à la fois.

O chansons, berceuses sacrées, Faut-il que le peuple, aujourd'hui.

Applaudisse, déshonorées, Ces formes qui viennent de lui !

15 septembre 1900.

Albert MERAT.

PRIVILEGE D'VBV ROY

VBV par la grâce de Dieu Roy de Pologne, docteur en pataphysique, celui qui counaîl ainsi, grand-maître de la Gidouille et ancien Roy d'Aragon ; à Notre Président de Notre République Française, à Notre Préfet de police et à tous Nos autres justiciers et oUlciers, ou à leurs lieutenants, et à chacun d'eux, si comme à lui appartiendra, Salut et dilection.

De la partie de M. F. -A. Cazals, peintre de chansons et abstracteur de ressemblances, lequel désire sous Notre bon plaisir mettre en lumière et vente un grand livre Le Jardin des Ronces, pok.mes et chansons du pays latin, par lui enluminé de vignettes et embelli d uul' préface par Madame Rachilde, le tout préface, enluminures, poèmes et chansons, non moins utile que délectable : humblement requis sur ce, lui octroyer Nos lettres à ce nécessaires et convenables ; enclinant libéralement à la supplication et requête du d. M. F. -A. Cazals, exposant, et désirant le bien et favorablement tr-iiter en cet endroit, à icelui pour ces causes et autres bonnes considérations à ce nous mouvant, avons permis, accordé et octroyé, et de Notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, permettons accordons et octroyons par ces présentes qu'il puisse et lui soit loisible par tels imprimeurs qu'il avisera faire imprimer, et singulièrement par les soins de M. Karl Boi;s exposer en vente le dit livre par lui composé et entrepris. Et afin que le dit M. Karl BoÈs ait moyen de supporter les frais nécessaires à l'ouverture de la dite impression et à la glorification par sommes d'or du d, M F. -A. Cazals, exposant, avons par ces présentes très expressément inhibé et défendu, inhibons et défendons à tous autres libraires et imprimeurs de cestui Notre Royaume et autres Nos terres et seigneuries, y compris la Suède et la Norvège, qu'ils n'aient à imprimer ni faire imprimer,

XXII l'IUVILECE D VBV HOY

mettre et exposer en vente ni re])ioduire, citer, chanter ou faire chanter les dits poèmes, enluminures et ciiansons sans le vouloir et consentement dudit exposant, et ce, sous peine de confiscation des livres qui se trouveront avoir été imprimés au préjudice de cette Notre présente permission, et d'amende arbitraire. Si voulons kt vous mandons et à chacun de vous endroit soi et si comme à lui appartiendra, que Nos présents congé, licence et permission, inhibitions et déleuses, vous entreteniez, gardiez et observiez. l']t si aucuns étaient trouvés y avoir contrevenus, procédez et faites procéder à rencontre d'eux par les peines susdites et autrement. Et du contenu ci-dessus, faites le dit suppliant jouir et user pleinement et paisiblement, durant le dit temps à commencer et tout ainsi que dessus est dit, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements au contraire. Cxn tel EST Notre plaisir, nonobstant quelconques ordonnances, restrictions, mandements ou défenses à ce contraires. Et pource que de ces présentes l'on pourra avoir à faire en plusieurs et divers lieux, nous voulons que au vidimus d'icelles fait sous scel royal, foi soit ajoutée comme à ce présent original.

Donné eu notre château de Mondragon, ce premier jour de mars de l'an de grâce mil neuf cent un, le cinquante-deuxième de notre règne. Par le Roy. Le pataphysicien Jarry présent. Signé : MERDREV.

Poèmes et Chansons du Pays Latin

v;gnettes et culs-de-lampe de l auteur

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