‹ Le jardin fruiter du muséum (volume 2)Chapitre 11 sur 47 · PÊCHER DE CHANG-HAI · texte numérisé non relu

PÊCHER DE CHANG-HAI

sillonnées , largement obtus à la base, atténué vers le sommet en une pointe forte, très-élargie; suture ventrale convexe, largement sillon-

née; suture dorsale un peu saillante, accompagnée de chaque côté d’un large sillon.

Le Pêcher de Chang-Haï est assez facile à reconnaître, lors même qu'il manque de fruits, soit à l’ampleur considérable de ses feuilles, soit aux dimensions de ses fleurs, qui sont d’un beau rose et un peu chiffonnées. Sa végétation est faible ; il est de courte durée, se dégarnit facilement et ne forme-jamais un bel arbre. Son fruit, de qualité trèsmédiocre, a l'inconvénient de se fendre, mais il se conserve trèslongtemps au fruitier. Sa maturité, à Paris, a lieu dans la premiere quinzaine de septembre.

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PÊCHER AVANT-PÈCHE ROUGE

Feuilles glanduleuses, à glandes mixtes (subréniformes, subglobuleuses ou scutellées). Fleurs petites. Fruit très-petit, rond, coloré, à chair souvent légèrement adhérente, mürissant fin de juillet ou au commencement d'août.

ARBRE de moyenne vigueur ; à rameaux un peu grêles, se colorant assez fortement lorsqu'ils sont frappés par le soleil.

FEUILLES un peu tonibantes, étroites, parfois arquées et légèrement concaves, longuement atténuées au sommet, très-courtement dentées , à dents arrondies, excepté sur les jeunes feuilles où elles sont aiguës. Glandes de diverses formes (mixtes), les unes subglobuleuses, les autres subréniformes ou scutellées.

FLEurs petites, campaniformes, rose plus ou moins foncé; à pétales oblongs, concaves ou en cuiller. Étamines saillantes.

Fruit subsphérique, très-petit, à peine sillonné, souventlégèrement mamelonné et terminé par un petit mucron aigu, fin, ordinairement courbé. Cavité pédonculaire très-régulièrement élargie, arrondie. Peau couverte de poils gris poudreux, rouge foncé sur les parties fortement insolées, pointillée de roux sur toutes celles qui sont ombragées. Chair semi-adhérente, blanche, légèrement rosée, parfois seulement rosée autour du noyau; eau abondante, sucrée, agréablement parfumée. Noyau ovale ou régulièrement elliptique, très-renflé sur les faces, atténué au sommet en un court mucron pointu, d’un tissu osseux-corné, à surface à peine sillonnée, comme légèrement

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perforée; suture ventrale parcourue par un sillon assez large ; suture dorsale largement déprimée, plus saillante et plus aiguë à la base.

Le Pècher Avant-Péche rouge est très-productif, même en plein vent; ses fruits, lorsqu'ils sont à point, sont excellents, très-sucrés, et par cela même très-recherchés des mouches et des fourmis, etc. Si, comme le disent plusieurs auteurs, ces pêches peuvent rester longtemps sur l’arbre après qu’elles ont atteint leur complète maturité, ce n’est, toutefois, qu’au détriment de leur qualité; pour les manger trèsbonnes il convient de les cueillir un peu avant qu’elles ne soient complétementmüres et de les laisser se faire au fruitier. Ceite maturité, sous le climat de Paris, varie, suivant les années, du 20 juillet au 10 août.

Peu de Pêchers ont été aussi souvent décrits, mais peu aussi l'ont été aussi diversement. Il semble en effet y avoir eu, dès le principe, confusion de noms et de fruits; de là des caractères dissemblables appliqués à un même nom, comme des caractères identiques assignés à des noms différents. À une époque plus rapprochée de nous, un auteur célèbre, Poiteau lui-même, a contribué à augmenter cette confusion en décrivant comme trois sortes distinctes la Petite Mignonne , l'Avant-Pêche rouge et la Double de Troyes. Mais, le premier, il a assigné à l’une de ces variétés ( à l'Avant-Péche rouge) un caracière qu'aucun auteur n’avait encore indiqué : celui d’avoir les feuilles dépourvues de glandes, fortement et même surdentées.

Bien que Duhamel et quelques autres auteurs décrivent sous le nom d’Avant-Péche rouge un Pêcher à grandes fleurs, nous n’en avons pas moins cru devoir considérer comme synonymes et se rapportant à une même sorte les noms de Petite Mignonne, Avant-Pêche rouge, Avant- Pêche de Troyes, Pêche de Troyes, Mignonnette de Troyes, Double de Troyes etc., pour plusieurs raisons : la première parce que, Duhamel n'ayant point parlé des glandes, on ne sait précisément à quoi rapporter le nom qu’il a donné ; la deuxième parce que dans la pratique et depuis très-longtemps tous ces noms s'appliquent à une même variété, et

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enfin parce que ce nom d’Avant-Péche rouge indique une variété tresprécoce et très-colorée, caractères que présente en effet la variété dont il est question CI.

« L’Avant-Pesche de Troyes est plus grosse que /’Avant-Pesche blanche; elle est rouge comme vermillon; son goût est relevé et’ musqué. L'arbre charge beaucoup. » De la Rivière et Dumoulin, Méthode pour cultiver les arbres à fruits, p. 193 [1738].

« Double de Troyes ou Petite Mignonne est de moyenne grosseur, assez ronde ; elle prend beaucoup de rouge; elle a le goût relevé, pareil à celui de l'Avant-Péche de Troyes. Elle fleurit à petites fleurs; sa maturité a lieu à la fin de juillet et au commencement d'août. » Catalogue des Chartreux [1752].

« Petile Mignonne ou Double de royes est d’une moyenne grosseur, ronde, prenant beaucoup de rouge ; son eau est délieate; elle fleurit à petites fleurs, et mürit au commencement d’août, au levant. » Nollin, Æssai sur la Culture moderne [1755].

« IL Y À BEAUCOUP DE RESSEMBLANGE entre ce Pêcher et l’Avant-Péche rouge, ou Avant-Péche de Troyes. Celui-ci est un arbre plus vigoureux, également abondant en fruits et produisant plus de bois. Ses feuilles, lisses et unies, quelquefois un peu froncées auprès de l’arête, sont longues d’environ 4 pouces, larges de 14 lignes, plus larges près du pédicule que vers l’autre extrémité, qui est terminée en pointe très-aigué, dentelées sur les bords très-finement et légèrement. Ses fleurs, très- petites, le distinguent bien del’Avant-Pêche rouge. Son fruit est une fois plus gros que l’Avant-Péche rouge ; d’une forme plus constante, tantôtrond, sa longueur et son diamètre étant égaux (17 lignes), tantôt un peuallongé dela tête à la queue; quelquefois au contraire ayant de 17 à 18 lignes de longueur et de 20 à 21 lignes de diamètre; ilest divisé suivant sa longueur par une gouttière peu profonde, quelquefois bordée d’une petite lèvre. La queue est placée dans une cavité profonde et assez large ; la tête est terminée par un petit mamelon ou appendice pointu. La chair est ferme, fine, blanche même auprès du noyau, où l’on aperçoit rarement quelques veines rouges. L'eau abondante, un peu sucrée, vineuse, de cette petite pêche, 1ui donne une place parmi les bonnes pêches. Le noyau est petit, ayant 9 lignes de longueur, 7 de largeur et 6 d'épaisseur; il se détache difficilement de la chair. Le fruit

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reste longtemps sur l’arbre. Sa malurité, qui arrive vers la fin d'août, concourt

avec celle des dernières Avant-Pêches rouges. » Duhamel, Traité des Arbres Jruiliers, p. 8, n° 3 [1768].

« Arbre vigoureux, productif; feuilles lisses, quelquefois froncées près de la nervure médiave, longues d’environ 10 centimètres, larges de 3 à la base, se terminant en pointe aiguë, très-finement dentées sur les bords, à glandes globuleuses. Flcurs moyennes. Fruils variables de forme, cependant le plus souvent ronds, d’un diamètre de 40 millimètres, divisés longitudinalement par un sillon peu profond, se terminant au sommet par un petit mamelon. Peau duveteuse , mince, d’un beau rouge foncé sur les parties frappées par le soleil, d’un jaune faible et pointillée de rouge du côté opposé. Chair fine et blanche, à peine veinée de rouge près du noyau, dont elle se détache facilement, à eau abondante, sucrée et vineuse. Sa maturilé arrive, selon les expositions, du 20 juillet au 1° août; elle se conserve assez bien sur l’arbre; on ne la cultive plus à Montreuil depuis que les primeuristes sont venus à bout d'obtenir des Pêches avant celte époque. » Lepère, Taille du Pécher, p.123 [ 18461.

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