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P. D’ANGOIS
P. D’ANGOISSE
Fruit d'hiver, petit ou moyen, turbiné ou arrondi, à queue droite ou arquée; à peau jaune, parsemée de gros points et recouverte de nombreuses taches ou marbrures rudes, de couleur fauve ou ferrugineuse, rarement teintée de rouge au soleil; à chair cassante, sucrée, astringente. Fruit à cuire.
Arr de plein vent, très-fertile, à scions légèrement flexueux, fauves ou brun-violacé au soleil, glabres ou un peu pubescents au sommet, parsemés de nombreuses lenticelles arrondies ; yeux coniques, rougeâtres, légèrement écartés du scion.
Feuizces florales ovales ou ovales-cordiformes , aiguës, mucronulées, enüères, très-blanches en dessous, pubescentes en dessus, portées sur de courts pétioles; les adultes de deux formes : celles des rosettes ovales ou cordiformes, acuminées, entières ou crénelées, glabres, étalées, à pétioles grêles; celles du scion arquées, à bords relevés, dentées ou crénelées, dépourvues ou munies de stipules souvent foliacées.
FLeurs moyennes, blanches, à peine rosées extérieurement, portées sur des pédicelles assez courts, tomenteux et blancs ; calyce à divisions lancéolées-linéaires, étalées ou réfléchies, cotonneuses sur
les deux faces ; pétales obovales, onguiculés, laissant des intervalles entre eux, étalés.
Frur mürissant en hiver et se conservant jusqu’en mars, moyen
P. D'ANGOISSE
ou petit, turbiné ou arrondi, à queue droite ou arquée, cylindracée ou un peu renflée aux deux extrémités, insérée dans l’axe du fruit, où se présentent souvent de légers plis; peau jaune terne à ombre, lavée de rouge brun ou de couleur de brique du côté du soleil, parsemée de. nombreux points bruns ou rougeâtres entremêlés de marbrures ferrugineuses ou brunes, squammeuses et rudes ; œil moyen, placé au milieu d’une faible dépression ou à fleur de fruit, à divisions tronquées ou plus rarement persistantes, étalées, cotonneuses, entourées de larges taches fauves marquées de zones concentriques; cœur arrondi , accompagné de grosses granulations ; loges moyennes; pepins noirâtres où bruns; lacune centrale étroite, subéreuse , atténuée vers Pœæil.
CHaiR cassante ou demi-cassante, granuleuse, grossière, blanchâtre, assez juteuse; eau sucrée, assez relevée. — Fruit à cuire, mais mangeable cru, quoique tres-granuleux.
Le poirier d’Angoisse se cultive dans plusieurs de nos provinces, telles que la Bretagne, le Perche, le Berri, la Brie, etc., où partout on l’estime au même titre que le poirier de Martin-Sec. C’est, m’écrit un des plus grands pépiniéristes du département du Cher, M. Ch. André, une des plus anciennes variétés de la contrée ; nous en possédons de nombreux individus qui mesurent plus de 2 mètres de circonférence à 3 mètres au-dessus du sol et à la naissance des premières branches. Ses fruits sont considérés dans le pays comme l’un des meilleurs fruits à cuire.
Les pépiniéristes continuent encore à donner la Poire d’Angoisse comme synonyme de la P. de Bon-Chrétien, malgré la profonde différence qu’elles présentent, malgré l’autorité des plus célèbres pomologistes du dix-seplième siècle, et malgré l'excellent article que M. Debouteville a publié à son sujet en 1860 (1).
(1) De la haute antiquité attribuée à quelques fruits, ou synonymie el histoire dela Poire de Bon-Chrétien d'hiver. Bulletin de la Soc. d'Horticult. de la Seinc-Infér., page 80, 1860. :
P. D'ANGOISSE
Voici ce qu’en dit Charles Estienne :
« Proxima his (Poires d’Estranguillon) fere sunt quæ Angustiana sive Angustiæ pyra nominantur, vulgo Poires d’Angoïsse : quod dum eduntur, acerbo et austero quodam sapore ita molesta sunt, ut angustiores fauces reddant, et plurimum noceant, nisi matura admodum etemollitissima carpantur. » Ch. Est., Præd. rustic., p. 1178 [1554].
Le Dictionnaire de Trévoux reproduit l’article de Ménage : « P. d’Angoisse sont poires de mauvais goût, qui prennent à la gorge, ainsi nommées dans un village qui est en Limousin (1) du même nom, où elles furent trouvées en l’an 1094. Pirum anginam premens… — Poire d’Angoisse est aussi une espèce de cadenas qui s'ouvre par un ressort, et que les voleurs mettent dans la bouche d’une personne pour l’empêcher de crier. » Dict. Trév., voce AN- GcolssE, et Mag. piltor., page 213, tab. [1857].
Le Journal de Seine-et-Marne a publié un bon article sur les poiriers cultivés dans la Brie, d’où j’extrais le passage suivant, relatif à la Poire d’Angoisse.
« Vient enfin la Poire d’Angoisse, petit fruit dont l’origine est inconnue, comme celle de la plupart des précédents. C’est l’espèce la plus cultivée dans tous les pays, et il n’est pas de propriétaire qui n’ait au moins son Poirier d’Angoisse. La faveur dont jouit cet arbre s’explique facilement : il charge énormément, et, quand le fruit est à sa grosseur, l’arbre ressemble plutôt à un Saule pleureur qu’à un poirier. Il ne fait jamais jachère, comme le font la plupart des fruits à pepins. Un des cultivateurs les plus anciens du pays nous a affirmé que depuis son enfance il ne se rappelle avoir manqué de Poires d’Angoisse qu’en 1859. Néanmoins il a toujours une année meilleure que l’autre. — Le fruit est excellent cuit, soit au four, soit dans la casserole, et sans sucre, pelé et même non pelé. Il fait d’excellent cidre, et, si on le goûte cru, on y trouve moins d’âpreté qu'aux fruits à cidre ordinaire, et une saveur sucrée qui, par la fermentation, doit fournir de l’alcool. — On en conserve facilement jusqu’en avril, si on a la précaution de ne pas le froisser en le remuant; autrement il noircit et devient amer; sur l’arrière-saison il est comme farineux, et n’est pas mauvais cru. Dans les années d’abondance, le
(1) Angoisse en Périgord, diocèse et élection de Périgueux. Cette paroisse, qui a le titre de bourg, est située sur le ruisseau de Loudour, à 6 lieues environ nord-est de Périgueux. Dict. géogr. d'Expilly.
P. D ANGOISSE
cultivateur prévoyant le fait sécher, et le retrouve au besoin, soit pour boisson, soit pour sa table. Il fait aussi de bon raisiné. — Dans les vignobles de la Brie, un cultivateur qui aurait une plantation de Poiriers d’Angoisse d’une certaine étendue, aurait sa boisson plus assurée qu'avec une surface double de Vignes ; en outre il aurait plus saine, et presque sans travail. — Planté en lignes , il ne gênerait pour ainsi dire point la culture, et, au moment de la moisson, C’est à peine si on s’apercevrait de sa présence dans le champ. Dans son ensemble le poirier d’Angoisse présente la forme ordinaire du genre, la direction pendante des rameaux vient de la charge qu’ils ont à supporter ; les feuilles sont un peu cotonneuses ; les fruits ne sont jamais tachés, ce qui annonce une certaine rusticité; l’arbre n’atteint jamais de grandes proportions. » Maciet et E, Compoinville, Journal de Seine-et-Marne, 24 mars [1861].
P. SAFRAN
P. SAFRAN
Fruit d'automne, petit ou moyen, turbiné, ventru, à peau jaune indien, parsemée de points et de marbrures fauves, marquée de jaune safrané terne autour du pédoncule; à queue insérée dans l’axe du fruit ou un peu en dehors; à chair cassante peu juteuse, sucrée et très-légèrement musquée.
ARBRE de plein vent; à scions droits, moyens, bruns ou roussätres
parsemés de nombreuses lenticelles arrondies; à coussinets assez saillants ; yeux coniques, bruns, rapprochés du scion.
Feuizces florales ovalesou suborbiculaires, mucronées, pubescentes en dessous; les adultes de deux formes : celles des rosettes ovalesarrondies, à peine mucronées, entières où très-finement dentées, portées sur d'assez longs pétioles; celles des scions cordiformes, acuminées, à bords étalés et dentés.
FLeurs moyennes, blanches ou rosées avant leur épanouissement, portées sur de courts pédicelles tomenteux; calyce à divisions réfléchies , couvertes de poils blonds en dessus; pétales ovales-oblongs ou
elliptiques-oblongs, mollement onguiculés, laissant un intervalle entre eux.
Fruir mürissant à la fin de septembre et dans la première quinzaine d'octobre, turbiné ou ventru ; à queue insérée dans l’axe du fruit ou un peu en dehors, droite ou arquée, placée à fleur de fruit ou légèrement
P. SAFRAN
enfoncée, de couleur brune ou olivâtre ; peau jaune indien ou jaune safrané, parsemée de points entremélés de marbrures ou de taches ferrugineuses ou brunes, toujours marquée de jaune orangé terne autour du pédoncule et du calyce; œil à fleur de fruit ou placé au milieu d’une faible dépression marquée de zones concentriques , à divisions caduques ou persistantes, coriaces, glabres ou tomenteuses; cœur dilaté transversalement, entouré de nombreuses granulations qui s’étendent sur toute la longueur du faisceau vasculaire central; loges moyennes, à parois épaisses; pepins noirâtres ; lacune centrale subéreuse, atténuée vers l’œil.
CHair demi-cassante ou cassante, peu juteuse, laissant du marc dans la bouche; eau sucrée, très-légèrement musquée. — Très-médiocre.
Cette ancienne variété se cultive dans le Perche, d’où elle a été envoyée depuis longtemps au Muséum par MM. Émile Desvaux et Ed. Prillieux.
« Le Poirier de Safran est un fort bon arbre, lequel prend la croissance promptement, et rapporte tous les ans quantité de fruit, qui se garde fort longtemps; il n’est subject aux incommodités; vous le pouvez faire greffer sur telle espèce de poirier qu’il vous plaira. » CI. Mollet, Théâtre des plants et Jard., p. 38 [1652].
« Safran d'Automne, est long et gros quasi comme Fusée, et a force eau. » Dom CI. Saint-Étienne, Nouvelle Instr., p. 61 [1670].
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