PÊCHER DE CHINE A FLEURS ROUGES DOUBLES
abondante, acidulée , finement et agréablement relevée. Noyau elliptique, allongé, très-dur, très-aminci vers la base, offrant une convexité.très-prononcée au delà du milieu, atténué au sommet en une pointe aiguë, à surface marquée de sillons profonds, peu nombreux; sutures à peine sensibles, excepté la dorsale, qui est saillante, comprimée et presque tranchante.
Cette variété, qui paraît avoir été envoyée de Chine en Angleterre par M. Fortune, vers 1843, n’a été introduite en France que vers 1855. Bien que son principal mérite repose sur l'éclat vraiment ornemental de ses grandes fleurs rouges (et sous ce rapport il est peu d’arbustes qui puissent lui être comparés), elle n’est pas à dédaigner par l’abondance et la saveur de ses fruits; ceux-ci, en effet, sans être de première qualité, sont néanmoins très-juteux, et leur eau rappelle par sa saveur celle de nos Pêches de Vigne. II n’est pas douteux que, placé dans de bonnes conditions, le Pêcher de Chine à fleurs rouges ne produise des fruits plus gros que celui qui nous a servi de modèle. Nous en avons récolté sur des arbres de plein-vent qui étaient un tiers plus gros que celui que représente notre gravure. Leur maturité a lieu dans la dernière quinzaine de septembre; les fruits se conservent longtemps au fruitier quand on a soin de les cueillir un peu avant leur complète maturité.
Cette variélé, comme beaucoup d’autres, se reproduit à peu près identiquement par graines, et parmi le très-grand nombre d'individus ainsi obtenus que nous avons vu fleurir aucun ne différait de la plante primitive. Les fruits de cette variété sont presque toujours monstrueux, c’est-à-dire qu’ils sont réunis et soudés par deux ou par trois; mais le plus ordinairement un seul arrive à bien, les autres se détachent peu de temps après la fécondation. Ils offrent en outre assez communément une fente plus ou moins profonde dans le sens du sillon, laquelle, dans certains cas, pénètre même à peu près jusqu’au noyau.
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À. Riocreux del.
JANSEMINE .
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P. JANSEMINE.
Fruit d'été, petit ou moyen, arrondi ou turbiné, obtus ; à peau lisse, vert jaunâtre, unicolore; à queue grêle, oblique, cylindracée, blonde, ordinairement épaissie à son insertion sur le fruit ; à chair blanche, demi-fondante, un peu granuleuse, sucrée, parfumée.
ARBRE trés-productif et propre à former des plein-vent; à scions de grosseur moyenne, olivàtres, légèrement flexueux, pubescents au sommet, parsemés de lenticelles oblongues, jaunâtres; coussinets peu saillants; yeux coniques, bruns.
Feuizzes florales ovales ou un peu cordiformes, mucronulées, à bords redressés, entiers et ciliés, glabres en: dessus, pubescentes en dessous; les adultes de deux formes : celles des rosettes ovales, presque entières, étalées, portées sur de longs pétioles ; celles des scions oblongues, arrondies. à la base, à bords dentés, pubescentes en dessous, légèrement pendantes, portées sur des pétioles blanchätres, également pubescents et munis de stipules.
Fzeurs moyennes, blanches, portées sur des pédicelles tomenteux ; calyce à divisions courtes, étalées ou réfléchies, blondes ou blanchâtres en dessus; pétales elliptiques , entiers, plans ou légèrement ondulés et un peu rosés avant leur épanouissement, laissant d’assez grands intervalles entre eux.
P. JANSEMINE.
Fruir arrondi, mürissant en août; à queue cylindracée, droite ou oblique , de longueur variable , épaissie et accompagnée de quelques plis à son insertion sur le fruit, de couleur blonde et portant la trace de quelques bractéoles ; peau fine, vert-pâle , jaunissant un peu à la maturité , unicolore ou quelquefois un peu lavée de roux du côté du soleil, parsemée de points verts méniscoïdes, n’offrant ni taches ni marbrures; œil placé à fleur de fruit ou au- milieu d’une très-légère dépression, à divisions tronquées, cotonneuses et blanchâtres; cœur arrondi, entouré de nombreuses granulations ; loges moyennes, allongées; pepins fuligineux ; lacune centrale petite, subéreuse.
CHaïR cassante ou demi-cassante, laissant un peu de marc dans la bouche; eau très-sucrée, parfumée. — Bonne poire d'été, mais à chair trop granuleuse.
M. Glady, l’un des plus zélés amateurs pomologistes de Bordeaux, m'a donné sur cette Poire les renseignements suivants, à la date du 4 août 1860 :
« Notre poire Mouille-Bouche de Bordeaux, ou Jansemine, a Va chair cassante, juteuse, sucrée, et un délicieux parfum qui la fait rechercher des amateurs de fruits. Le fruit jaunit sur l’arbre et ne jaunit pas au fruitier. Il tombe facilement par le vent ou à la plus légère secousse, lorsqu'il est arrivé à maturité ; à cette époque il jaunit en conservant toute sa fermeté. C’est alors qu'il est exquis, malgré qu'il soit un peu graduleux. Il est très-répandu dans les départements de la Dordogne, du Lot-et-Garonne, de la Gironde; on la connaît dans la Dordogne sous le nom de Jansemine , mais elle en porte encore d’autressuivant les localités. Pendantvingtouvingt-cinq jours, du ou 10 juillet, jusque dans les premiers jours du mois d’août, il en arrive par jour, sur le grand marché de Bordeaux, cinq à six cents corbeilles qui se vendent très-bien. L'arbre, d’une très-grande vigueur sur franc et sur coignassier, devient gigantesque en plein vent et acquiert les dimensions d’un chêne; il n’est pas rare de rencontrer, à Bordeaux même, des arbres de cette espèce qui produisent plusieurs milliers de fruits. »
P. JANSEMINE.
M. Gérand Catros, secrétaire de la Société d’Horticulture de la Gironde, me communiquait de son côté, à la date du 14 juillet 1861, les réflexions suivantes, auxquelles je m’associe sans réserve :
«.... Pour nous, Bordelais, je vous assure que notre Mouille- Bouche ou Jansemine est une des poires d’été que nous estimons le plus, et la vogue dont elle jouit ici est vraiment remarquable. Vous vous feriez difficilement une idée des quantités immenses qui en sont apportées sur nos marchés pendant tout le mois de juillet. C’est à pleins bateaux, par charretées, qu’elles arrivent. C’est le fruit du pauvre, et je crois que cette considération n’est pas d’un mince intérêt. Il me semble que nous avons à propager autre chose que les variétés d'élite qui ne peuvent trouver place que dans les collections choisies de quelques amateurs. La propagation de certains fruits destinés à alimenter une grande partie de la population me paraît tout aussi importante. Or ka Jansemine est de ce nombre. L'arbre acquiert d'énormes proportions. C’est surtout dans les petits jardins de ville qu’il n’est pas rare d’en voir des sujets qui, à eux seuls, envahissent presque tout le terrain. Un honorable amateur a eu la patience de compter 4 000 fruits sur un arbre, et beaucoup déjà étaient tombés. Moi-même, sur un petit poirier, j’ai pu trouver 2,000 fruits. Je ne suis donc pas de l’avis de M. Willermoz, qui rejette absolument notre poire Mouille-Bouche comme étant une des plus inférieures que l’on puisse manger. Quand la poire Giffard (m’écrit-il) sera plus connue, on remplacera bien plus avantageusement votre petite poire. Je n'ai certes pas la prétention de mettre ces deux fruits sur la même ligne; la poire Giffard est exquise, mais la végétation de l’arbre est faible, et je doute fort que nous arrivions jamais aux résultats que je viens de vous signaler en remplaçant par elle notre Jansemine. »
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THOMPSON
P. THOMPSON ‘
Fruit de fin d'été, gros, oblong ou turbiné-ventru , bosselé; à queue droite ou courbée, courte, insérée dans l’axe du fruit ; à œil enfoncé, souvent entouré de bosselures; peau jaune-brun, parsemée de gros points ainsi que de marbrures fauves; chair très-fine, juteuse, parfumée. — Excellent.
ARBRE tres-fertile ; à scions droits, de grosseur moyenne, fauves, ferrugineux ou rougeûtres , irrégulièrement parsemés de lenticelles arrondies, pubescents et blanchâtres au sommet ; coussinets légèrement saillants, sans arêtes décurrentes; yeux coniques, plus ou moins écartés du scion, bruns ou grisâtres.
Feuizces florales ovales ou ovales-elliptiques, entières, mucronées, pubescentes en dessus, blanchâtres en dessous ; les adultes à peu près de même forme : celles des rosettes ovales, presque entières, étalées, portées sur de longs pétioles; celles des scions lancéolées-elliptiques, arquées, à bords plus ou moins redressés, dentées ou entières, assez épaisses, luisantes en dessus, portées sur des pétioles assez courts et munis de stipules persistantes ou caduques , insérées un peu au-dessus de la base du pétiole.
(1) Robert Thompson, jardinier en chef du jardin de la Société horticulturale, situé à Chis- : wick, a publié plusieurs notices ou ouvrages de pomologie, entre autres : A Catalogue of the Fruits cultivated in the Garden of the Horticultural Society. La première édition a paru à
Londres en 1826 et la deuxième en 1842.
P. THOMPSON
Feurs moyennes, blanches, portées sur d’assez courts pédicelles tomenteux ; calyce à divisions étalées, aiguës, légèrement ferrugineuses en dessus; pétales suborbiculaires, mollement onguiculés, entiers, ne laissant pas d'intervalle entre eux.
Fruir commençant à mürir à la fin de septembre, très-bosselé, gros, oblong ou turbiné-ventru ; pédoncule court, renflé à son origine, brun ou fauve-olivâtre , droit ou arqué, inséré dans une dépression assez profonde, irrégulière, entourée de bosses; peau épaisse, un peu rude , jaune indien ou jaune verdàâtre, parsemée de gros points, de taches ou de marbrures plus ou moins nombreuses, marquée de fauve autour du pédoncule ; œil placé au fond d’une dépression assez profonde , irrégulière et bosselée, entourée de zones concentriques de couleur ferrugineuse, à divisions dressées ou conniventes, glabres, assez étroites ; cœur blanc, large, se confondant presque avec la chair, ou entouré de très-petites granulations ; loges allongées ou arrondies, larges, comprimées; pepins noirâtres ou bruns; lacune centrale étroite, subéreuse.
Cra blanche, très-fine, fondante, remarquablement juteuse; eau sucrée, légèrement acidulée, parfumée, quelquefois un peu nusquée. — Fruit de première qualité.
Si je partage complétement l’opinion de M. Lesèble au sujet de cette variété, quiest, dit-il, « la meilleure des Poires connues et qui devrait se trouver dans toutes les collections d'élite » (Journal Soc. Hort. Paris, 1861, p. 756), je ne puis admettre la manière de voir de M. Willermoz, qui donne la Poire Thompson comme synonyme de la Poire Althorp Crassane (1) décrite par M. Thompson lui-même (2 vol., 2° série des Transactions de la Soc. d’Horticult. de Londres, p. 119). Au surplus, voici ce que m'écrivait, à la date du 7 septembre 1863,
(1) Willermoz, Pomol. de la France. Septième session du Congrès pomologique, page 26 [1863].
P. THOMPSON
le célèbre horticulteur anglais : «... En ce qui concerne la poire Thompson , elle n’a pas été trouvée par moi; c’est une des nombreuses variétés envoyées à la Société horticulturale par le D' Van Mons, vers l’année 1820. Elle portait simplement un numéro, et ce numéro a été conservé à Chiswick, faute de nom; malheureusement il s’est trouvé qu’une autre variété, toute différente, dela même collection Van Mons, portait le même numéro.
« À la fructification on reconnut qu’un bon nombre des variétés envoyées par Van Mons étaient de qualité très-inférieure ; mais celle dont il est question ici me parut grandement mériter les honneurs de la culture, et, comme elle n’avait pas de nom, j'en parlai au secrétaire de la Société, qui me proposa de la nommer Poire de Thompson (Thompson’s pear). — Faccédai à la proposition, en faisant cependant remarquer que, si, dans le grand nombre de variétés encore inconnues qui composaient la collection de la Société horticulturale, cette même variété était retrouvée avec un nom original et mieux approprié, le nom de Poire de Thompson devrait lui céder la place. Je n’ai pas encore retrouvé ma poire Thompson parmi les nouvelles variétés belges ; mais, si je venais à la découvrir, un de ces jours, sous un nom quelconque, je ne manquerais pas de vous le faire savoir.
« Dans la 3° édition du Catalogue descriptif des fruits de la Société horticulturale , que j’ai dressé en 1841, on lit, à propos de la Poire Thompson : « Elle a le goût de la Passe-Colmar, extrêmement relevé. » Dans une nouvelle édition je voudrais modifier ce passage de la manière suivante : « Elle a quelque chose du goût de la Passe-Colmar, mais elle tient bien davantage de celui du Doyenné. » |
« Quoique je n’aie aucun droit à prétendre sur la création de la Poire à laquelle on a donné mon nom, et quoiqu'il y ait bien peu d'intérêt dans mon histoire, cependant, puisque vous le désirez, je vais vous donner en quelques mots ma biographie.
« Je suis né, en décembre 1798, dans l’Aberdeenshire (Écosse).
P. THOMPSON
L’horticulture a été mon goût favori et je m’y suis adonné dans le nord et dans le sud de l'Écosse. Arrivé au jardin de la Société horticulturale, à Chiswick, en novembre 1824, j’aiété nommé surintendant du département des fruits au printemps de 1826. La collection des pommes consistait alors en 1,200 variétés, celle des poires en 622 variétés ; les autres espèces de fruits étaient en proportion ; mais, comme on le pense bien, il y avait là un grand nombre de synonymes. Quoique déjà nombreuse, la collection fut encore augmentée par de nouvelles introductions. Tout cela était en grande confusion, comme vous l’imaginez bien ; mais, à force de chercher dansles auteurs, tous les ans le chaos s’est un peu éclairci. Je trouvais d’abord cette besogne extrêmement difficile, mais j’ai cependant persévéré.. J'ai publié, il y a quelques années, un livre intitulé : The Gardener’s Assistant, qui est une sorte d’encyclopédie comprenant le jardinage d'utilité et d'agrément (1).
(1) The Gardener’s Assistant, practical and scientific; a guide to the formation and management of the kitchen, fruit and flower garden, etc. London, Blackie and son, Pater noster Row. Un volume de 766 pages grand in-8°, avec figures coloriées et vignettes intercalées dans
le texte.
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