‹ Le jardin fruiter du muséum (volume 3)Chapitre 22 sur 38 · PIE + 27. IR NS TE · texte numérisé non relu

PIE + 27. IR NS TE

P. SILVANGE .

Fruit d'automne, à queue droite ou oblique, moyen; à peau jaune verdâtre, lisse, parsemée de taches fauves; à chair fine, fondante, sucrée, acidulée, très-agréable.

ARBRE frès-vigoureux et fertile, propre à former des plem-vent ou des pyramides. Scions grêles, flexueux, parsemés de lenticelles arrondies; yeux petits, coniques, assez aigus.

Feuizces florales presque entières ou denticulées, ovales, légèrement pubescentes en dessous; les adultes à peu près de même forme ; celles des rosettes ovales, acuminées, munies de pétioles grêles ; celles des scions ovales, denticulées, étalées.

FLeurs grandes, blanches, moyennement étalées, à pédoncules assez courts; calyce à divisions lancéolées, aiguës, couvertes de poils roux en dessus; pétales obovales-suborbiculaires, légèrement acuminés ou obtus dans une même corolle, onguiculés, concaves, laissant peu d'intervalle entre eux.

FRuir commençant à mürir à la fin de septembre, ventru, moyen, à pédoncule plus ou moins épaissi à son insertion sur le fruit, assez grêle, droit ou oblique, de couleur fauve ou bronzée; peau vert

* Silvange est le nom d’un hameau entre Metz et Thionville où ce Poirier a été découvert. Piérard, Ann. Soc. Hort. Par., vol. 16, p. 196 [1835].

P. SILVANGE.

clair ou jaune verdätre, lisse, parsemée de gros points fauves gercés et peu saillants, marquée d’une tache gris fauve autour du pédoncule et de légères zones concentriques autour de l’œil; œil petit, à divisions plus ou moins tronquées à l’extrémité, creusées en cuiller, glabres, formant, en s’étalant sur le fruit, une sorte d'étoile assez régulière; cœur dessinant, sur la coupe longitudinale du fruit, une sorte de losange atténuée vers l’œil ; loges larges, renfermant un ou deux pepins bruns fuligineux; lacune centrale subéreuse.

CHair remarquablement verte avant la parfaite maturité, puis jaune au voisinage de la peau, fondante, granuleuse autour du cœur; l’eau en est abondante, acidulée, parfumée, d’une saveur très-agréable et qui rappelle celle des meilleures Crassanes.

« Cette Poire, fort estimée en Lorraine, n’est que de médiocre grosseur, son diamètre excédant rarement 23 lignes, et sa hauteur 25. Elle est pyriforme, un peu renflée vers la queue, qui est assez grosse , longue de demi-pouce. L’œil est très-peu enfoncé. La peau est lisse, verte, et jaunit très-peu. La chair est fondante, un peu grenue. L’eau est abondante et relevée. Ce fruit fort bon, mais inférieur à un grand nombre d’autres, mürit en novembre. L'arbre est délicat; son bois est menu et foible, même sur franc. Cette Poire, très-bonne dans certains terrains, médiocrement bonne en d’autres, est mauvaise dans quelques-uns. » Le Berryais, 7rait. du Jard., vol. I, p. 346 [1789].

« La Bergamotte Sylvange a une forme exactement turbinée; sa hauteur est de 32 lignes, son diamètre est de 30. L’æil est petit, placé dans un enfoncement très-peu profond, de même que celui où s’implante la queue. La peau est d’un vert clair, même lors de l’extrême maturité, parsemée de points grisâtres. La chair est fondante, d’une saveur sucrée, un peu relevée et très-agréable. Mürit en octobre. » Loiseleur, Nouv. Duham., p. 219[1815].

« La Silvange verte est de grosseur moyenne; sa peau est d’un vert clair à l’ombre, et d’un vert plus foncé du côté du soleil; sa chair est sensiblement verte à l’extérieur, blanche au centre, fine, fondante, moelleuse, sucrée, d’une odeur particulière et fort agréable. Elle commence à mûrir en octobre et se conserve jusqu’en décembre. Outre l’avantage qu’elle a de se conserver plus longtemps que l’Angleterre et l’Épargne, elle offre celui de n’être jamais pier-

P. SILVANGE.

reuse. » Ch. Fr. Piérard, Note on the Pears called Silvanges, Trans. hort. Lond., p. 429 [1824].

« Depuis plus de cinquante ans je possède la P. Silvange, que l’on peut placer parmi les Beurrés les plus fondants. On la mange en octobre et novembre. Elle est excellente en plein vent, quoique petite. Ce sont des jardiniers du pays messin qui m'ont apporté les greffes de cet arbre. » Morel-Vindé, Ann. Soc. Hort. Par., vol. XVI, p. 406 [1835].

« C’est une de nos meilleures Poires d’automne. L’arbre est d’un beau port. Le fruit est moyen, turbiné, assez constant dans sa forme ; la peau est d’un vert clair, marquée de beaucoup de points gris plus nombreux vers la tête que vers le pédoncule. La chair est très-fine, beurrée , fondante. Cette Poire l’emporte sur le Beurré gris par son parfum. » Poit. Pomol. [1841].

Le Congrès Pomologique tenu à Lyon en 18356 classe la Silvange parmi les arbres spécialement à haute tige et au nombre des bons fruits qui mürissent en novembre.

La Poire globuleuse et brune représentée dans le Jardin fruitier de Noisette * n’a aucun rapport avec le fruit décrit par Le Berryais. D'une autre part, la Pomologia Austriaca** présente une Silvange d'hiver en forme de longue calebasse qui n’a aucune ressemblance avec la Silvange longue décrite par Piérard comme sous-variété de notre fruit.

* Noisette, Jard. fruit., 2° édit., Tab. 67.

xx G. Kraft, Pom. Austr., Tab. 169.

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