P:.THOUIN
et sur lesquelles l’épiderme se détache sous forme de très-petites pellicules micacées ; œil à fleur du fruit ou faiblement enfoncé, entouré de très-petites gerçures concentriques, à divisions canaliculées, glabres, et rapprochées de manière à fermer l’orifice calycimal ; cœur dessinant sur la coupe du fruit une sorte de losange, bordé de granulations ; lacune centrale très-étroite ; loges moyennes ; pepins de couleur acajou ou noirâtres à la maturité.
CHair ferme, assez fine, mais non beurrée, blanche; eau trèsabondante, sucrée, acidulée , d’un parfum qui rappelle l’odeur du fenouil ou de la citronnelle.
Cet excellent fruit ne diffère, selon moi, de la P. Fortunée que par l’époque de sa maturité. MM. Jamin et Durand la réunissent avec raison au Nélis d'hiver, à la Bonne-Malinoise , etc., etc. Jam. et Dur. Catal. raisonné, p. 25 [1855).
Le congrès pomologique tenu à Lyon en 1856 classe notre fruit au nombre des meilleures variétés qui mürissent en novembre ou décembre, et regarde l’arbre comme très-propre à former des hautes
tiges.
Beurré Thoüin, de Wulf, Traité abrégé cult. arbr. fruit., p. 162 [1819].
Beurré Thoüin, van Mons, Cat., p. 23 [1823].
Nélis d'hiver, van Mons, Cat., p. 41 [1893].
« Cette nouvelle variété a été envoyée par Knight à M. John Lowell”, en 1823, et donnée comme une excellente Poire d’hiver, d’une grosseur plutôt audessus qu’au-dessous de la moyenne, obovale, obtuse du côté du pédoncule, qui a environ un pouce de long; la peau est jaunâtre, ordinairement recouverte de taches d’un brun-roux; la chair est jaunâtre, fondante, juteuse, très-parfumée.» W. Kenrick, New. amer. Orchard., p.159 [1835].
« La Bergamote Thoüin est un fruit petit ou moyen, oviforme, irrégulier, à peau verte d’un côté, rousse de l’autre, rugueuse , parsemée de petites taches brunes et grises. Cette Poire paraît être d’une grande conservation.» Willerm., Poir., p. 168 [1848].
* Président de la Société d'Horticulture du Massachusetts.
Shea
À, Pricorer Te c HUE, Thillané s0.
2 APIOUIIUEIR.
P. PIOULIER.
Fruit d'été, moyen, quelquefois en forme de coing, à peau jaune-blanchâtre lavée de rouge, parsemée de rares et très-petits points brunâtres; à queue dressée, charnue, ordinairement accompagnée de petites proéminences à son point d'insertion sur le fruit; à chair cassante et très-
musquée.
ARBRE très-productif, à scions moyens, peu flexueux, brun-fauve ou brun-marron; à coussinets peu saillants mais décurrents, de manière à rendre le scion légèrement anguleux ; yeux petits, coniques, appliqués contre le scion.
Feuizees florales ovales-elliptiques, arrondies à la base ou atténuées aux deux extrémités, mucronées, glabres en dessus, légèrement pubescentes en dessous, ciliées sur les bords; les adultes de deux formes : celles des rosettes ovales ou ovales-elliptiques, acuminées, presque entières, planes; celles des scions ovales, plus où moins arquées ou recourbées, dentées, glabres.
FLeurs assez grandes, blanches ; à pédoncules de longueur moyenne, glabres à la base; à pétales orbiculaires, brièvement onguiculés, étalés, ne laissant pas d'intervalle entre eux.
FRuir commençant à mürir vers le milieu de l'été, moyen, pyriforme ou souvent en forme de Coing; à queue droite, assez courte,
P. PIOULIER.
charnue, accompagnée de quelques petites protubérances à son point d'insertion sur le fruit; peau jaune-blanchâtre, lavée de rouge du côté du soleil, parsemée de très-petits points bruns, très-lisse, d’apparence cireuse et presque constamment dépourvue de taches ou de marbrures; œil à divisions courtes, étalées ou rapprochées les unes des autres par la base, glabres ou pubescentes, entourées de petites protubérances; cœur dessinant sur la coupe du fruit une sorte de losange atténué vers l’œil, blanc, entouré de ganulations; lacune centrale subéreuse ou lamelleuse; loges petites; pepins brun-fuligineux ou de couleur acajou.
Cxair cassante, d'apparence moirée, blanche, granuleuse vers le cœur, juteuse, très-musquée, et, à mon avis, fort médiocre.
J'ai préféré conserver à cette Poire le nom sous lequel on la désignait anciennement, afin d'éviter toute confusion. Dom CI. Saint- Etienne signale, en effet, plusieurs sous-variétés de Bon-Chrétien d'été : la première qu'il compare à la Poire de livre; la seconde qui a la peau de couleur rousse; la troisième qui jaunit, dit-il, trois semaines avant sa parfaite maturité; la quatrième enfin, à laquelle il réserve spécialement l’épithète de musquée, qu’il dit excellente et qu'il nomme Pioulier, à la page 133 de la table générale de l'édition de 1675. Je crois devoir ajouter enfin que tous les pomologistes s’accordent à la regarder comme très-distincte des Bons-Chrétiens proprement dits.
« Le Bon-Chrétien musqué est plus rond et plus petit que celuy d’Esté d’ordinaire ; sa peau est jaune et licée, sa chair est assez dure. C’est une des meilleures Poires, et des plus recherchées, d’un goust fort relevé, et d’une eau fort sucrée ; il veut estre greffé sur franc, et reüssit peu sur le Cognacier, et mesme il dure peu d'années, quoyque greffé sur le franc. Il aime mieux estre greffé en écusson qu’en fente, laquelle fait languir la greffe tant qu’elle soit entièrement recouverte. » Merlet, Abrégé bons Fr., p. 85 [1673].
« Le Bon-Chrétien d’Esté musqué ne vient guères bien que sur franc; la Poire est excellente, et fait un fort bel arbre ; elle est d’une figure agréable à voir,
P. PIOULIER.
étant bien faite en Poire, d’une grosseur raisonnable, et à peu près comme celle des belles Bergamottes ; son coloris est blanc d’un côté, et rouge de Pautre ; sa chair est entre cassante et tendre, ayant beaucoup d’eau, accompagnée d’un agréable parfum. Son malheur est que sa maturité vient et avec celle de la Robine, par qui constamment elle est effacée, et avec celle des bonnes Pêches de la fin d'août. » La Quint., /nstr. jard., p. 166 [1692].
« Le Bon-Chrétien d’Été musqué est une Poire d’une grosseur raisonnable. longue ; sa peau est jaune, lisse, fouettée de rouge quand on la découvre; sa chair est parfumée et cassante. Quoiqu’on la nomme Bon-Chrétien, ni son bois, ni ses feuilles n’en ont le caractère; la Poire en a seulement la figure. » Cat. Pépin. Chartr., p.28 [1752] et p. 33, édit. de 1767.
« L'arbre est délicat, même étant greffé sur franc; il ne se greffe point sur Coïignassier. Le scion de moyenne grosseur, assez droit, très-tiqueté, brun rougeâtre tirant sur le violet, ou brun-Minime, plus clair du côté de l’ombre. Les feuilles ont la grosse nervure pliée en arc en dessous. Le fruit est de moyenne grosseur, ayant vingt-sept lignes de diamètre sur trente-trois lignes de hauteur. Souvent les dimensions sont moindres. Il est long, plus ressemblant à une Poire de Coing qu’à une Poire de Bon-Chrétien d'hiver. Quelquefois il est assez court, figuré en Poire ; très-souvent sa forme tient un peu de la Calebasse; quelquefois il est un peu anguleux vers la tête. La peau est lisse, jaune, fouettée de rouge aux endroits où elle a été frappée du soleil. La chair est blanche, cassante; l’eau est un peu sucrée, très-musquée, relevée. Mürit fin d'août. » Duham., Arbr. fruit., p. 28, t. XLVIII [1778].
« Le fruit du Bon-Chrétien d’Été musqué est de moyenne grosseur, de la forme d’une Poire de Coing, lisse, jaune et légèrement lavé de rouge, cassant, très-sujet à se gercer et fendre, un peu sucré, très-musqué. Il mürit à la fin d’août. Ceux qui croiront ce Poirier digne d’une place dans leurs jardins lui laisseront à la taille toutes les petites branches entières, parce que ses boutons à fruit se forment mieux à l’extrémité des branches qu'ailleurs. » Le Berriays, Trailé des Jard.,T, p. 135 [1789].
« Duhamel remarque avec raison que ce fruit ressemble moins par sa forme au Bon-Chrétien qu’à un Coing; nous ajouterons qu'il a aussi la couleur de ce dernier fruit, mais quelquefois un peu fouetté de rouge sur les endroits frappés par le soleil. Il est parfois aussi un peu bosselé. Sa hauteur atteint rarement trois pouces, et son diamètre n’a guères plus de deux pouces. Le plus souvent sa peau reste jaune clair partout, et recouvre une chair cassante, blanche, sucrée, et la plus musquée de toutes; elle est müre au commencement de septembre, avec le Fin-Or. » Noisette, Jard. fruit., 2° édit. p. 124 [1839].
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P. LONGUE-VERTE
Fruit d'automne, moyen, allongé; à peau verte, parsemée de points et marquée de brun fauve près du pédoncule et dans le voisinage de l’œil; à queue oblique ou droite et se continuant avec l'axe du fruit; à chair d’un blanc verdâtre, granuleuse, demi-fondante, sucrée, acidulée, agréable.
Scions de grosseur moyenne, olivâtre-bronzé; à coussinets légèrement saillants; yeux courts, coniques, élargis à la base, souvent comprimés d'avant en arrière, parsemés de lenticelles arrondies ou ovales.
Feuices florales ovales, acuminées, pubescentes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous; les adultes à peu près de même forme ; celles des rosettes ovales, acuminées, entières ou à peine crénelées, longuement pétiolées, pubescentes en dessous; celles des scions ovales, entières ou légèrement dentées, planes, glabres.
FLeurs à pédoncules courts et très-cotonneux, toutes blanches, petites ou moyennes ; à pétales obovales, elliptiques, laissant de grands intervalles entre eux.
Fruir commençant à mürir à la fin de l’été, très-allongé; à queue oblique ou droite et continue avec le fruit, dont elle offre la couleur,
La
P. LONGUE-VERTE
de moyenne longueur, renflée à son origine ; peau toujours verte, parsemée de points et marquée de taches et de marbrures fauves autour du pédoncule et de l'œil; œil saillant à la surface du fruit, à divisions ovales-lancéolées, pubescentes, étalées et formant une étoile; cœur dessinant une sorte de losange sur la coupe longitudinale du fruit, blanc, entouré de granulations, principalement au voisinage de l'œil, où elles sont assez grosses ; lacune centrale étroite; loges larges: pepins bruns.
Can fine, d'un blanc verdâtre ; eau abondante, sucrée, légèrement acidulée, d’une saveur qui rappelle celle de quelques variétés de Melons à chair blanche, très-agréable.
Je trouve dans dom CI. Saint-Étienne la citation d’un fruit qui me parait se rapporter au nôtre, mais qui en diffère par son époque de maturité.
«La Pointuë, dit-il, est longue comme Fusée et deux fois aussi grosse, ronde au mitan, amenuisant un peu vers la teste et vers la queuë, est d’un vert gay et gris, toute marquetée, à queué longue et grossette, et le goust de Beurré ; excellente en décembre. » Dom CI. Saint-Étienne, /nstr. bons Fruuls, p.70 [1670].
Les Chartreux de Paris citent parmi leurs Poires nouvelles en 1752
une :
« Poire de Sapin, qui est très-Icngue, de grosseur moyenne, semblable à la Verte-longue pour la couleur et mürissant vers la fin de septembre. » Cat. Pépin. Chartr., p. 44 [1752] et p. 36 édit. de 1767.
« Le fruit de la Verte-longue d'automne est un peu variable de forme, mais généralement allongé et s’amincissant progressivement pour se terminer en! pointe vers le pédoncule, qui est presque toujours oblique par rapport à l’axe du fruit. Pédoncule court; peau verte, tiquetée et marbrée de gris; chair demifine, blanche, fondante ; eau abondante, très-sucrée. Mürit de septembre à octobre. L’arbre vient bien en pyramide dans tous les terrains où le Poirier peut prospérer. Cette bonne Poire est cultivée dans le Loiret sous le nom de Longue-verte. » Prévost, Pomol. Seine-Infer., p. 50 [1839].
P. LONGUE-VERTE
« La Verte-longue d’automne a le fruit moyen, allongé, s’amincissant et se terminant en pointe du côté du pédoncule, qui est oblique, court, gros, charnu, fauve, recouvert à sa base par la peau, avec laquelle il semble faire corps. Peau verte, tiquetée et maculée de gris brun. Chair blanche, demi-fine , fondante, remplie d’une eau abondante et sucrée. Pepins noirâtres, moyens, aigus. Calyce presque à fleur, moyen, régulier, à divisions longues, aiguës, brunes. Ce fruit mürit en septembre et octobre; il est sujet à blettir promptement. » Willerm., Poir., p. 27 [1848].
C’est par erreur que Bivort * attribue la découverte de. ce fruit à Van Mons et qu'il dit n'avoir pu en trouver la description dans l’ouvrage de Prévost que je viens de citer. La Longue-verte est inscrite au. catalogue manuscrit des arbres fruitiers du Muséum pour 1824 sous le nom de Longue-verte d'Angers, et c’est en effet un de ses nombreux synonymes.
* Album pomol., vol. IV, p. 123.
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