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FrRuir très-gros, ovale effilé, coloré d’un rouge très-vif; chair ferme, blanc rosé, remplie d’un jus acide et peu savoureux ; mèche ligneuse au centre ; maturité tresprécoce.
FLeurs petites; pétales blanc sale, en coquille: étamines fables ; stigmates jaune pâle.
CaLyce à dix sépales irréguliers, vert päle.
Hawpes d’abord grêles, puis prenant beaucoup d’acroissement, s’élevant obliquement et portant une tête de fleurs ramassées , dont les pédoncules ne s’allongent que lorsque les fruits sont noués.
CouLanrs assez nombreux, teintés de rouge, dressés d’abord, puis s'inchinant et s’enracinant très-promptement.
FEUILLES moyennes, allongées, élégantes, portées par des pétioles fins et élancés. Les premières sont d’un vert blond, celles qui leur succèdent d’un vert de plus en plus foncé.
Plante d’un aspect délicat, mais possédant cependant une rusticité qu'on ne rencontre, au même degré, dans aucune autre variété.
Cette Fraise fut obtenue en 1846, à Meudon, par M. Pelvilain, qui la dédia à Madame la duchesse d'Orléans. Elle naquit, ainsi que la Fraise Comte de Paris, dans un même semis de Keen’s Seedling, Fraisier obtenu, vers 1820, des graines de Keen’s Impérial, qui l'avait été, d’après le judicieux M. Barnet, des graines de Large white Caro-
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lina (notre Fraise de Bath), plante avec laquelle la Princesse royale a conservé plusieurs traits de ressemblance.
La Fraise Princesse royale est plus qu’une Fraise maraîchère; je la nommerai une Fraise agricole. Son apparition a opéré une sorte de révolution dans la culture des environs de Paris, où actuellement on ne peut évaluer à moins de 450 à 500 hectares l’étendue du terrain employé à sa culture en plein champ. Elle y prospère dans des terres de nature et d'exposition très-diverses, etles cultivateurs ont remarqué que la culture des Fraisiers est une excellente préparation pour celle du Blé, ce que les fumures et les sarclages qu’on leur donne expliquent très-bien. Les feuilles vertes, que nos paysans coupent après la récolte des Fraises et qu’ils donnent à leurs vaches, sont une ressource assez précieuse à cette époque de l’année, où la sécheresse prive souvent de fourrage les petits cultivateurs. Les feuilles sèches et les coulants sont encore employés par eux pour enfouir et alléger les terres trop fortes.
Si la Princesse royale était plus savoureuse, plus sucrée, qu’elle n'eût pas sa mèche ligneuse qui en fait un fruit grossier, aucune Fraise ne l’égalerait, car elle joint à une grande beauté toutes les qualités qui peuvent être requises d’un fruit destiné à être cultivé sur une grande échelle. La plante est très-rustique, dure longtemps et se multiplie facilement. Elle donne dès la première année de sa plantauon, et est très-fertile; son fruit est précoce, lourd, il supporte bien le transport. Tous les fruits mürissent à peu près en même temps, ce qui permet de les cueillir en trois fois. Ils ont la faculté de pouvoir rester mürs dans le champ cinq ou six jours avant d’être cueillis sans sécher ni devenir amers. Ils ont aussi celle de rougir en une nuit, s’ils sont cueillis peu avant leur maturité, et confinés, comme disent nos cultivateurs, dans des paniers exactement recouverts de feuilles fraiches de Chätaignier; ce qui, du reste, donne aux Parisiens ces détestables Fraises «rouges pour la Halle, » qu’ils ont en primeur.
La culture de la Princesse royale donne lieu à une assez jolie
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petite industrie, celle de la parure. Quelques cultivateurs, ayant des terres à mi-côte, bien saines et bien exposées, cultivent, très-espacés, de jeunes pieds de ce Fraisier, auxquels ils ne laissent que deux hampes et à chacune d'elles deux ou trois fruits, qui deviennent énormes, et qu'ils vendent à leurs voisins pour parer le dessus de leurs paniers, ou à de grands fruitiers de Paris pour orner leurs étalages. A l’époque où les Fraises ne se vendent plus que 20 francs les 50 kilogr. la parure vaut encore 50 ou 60 francs. Mais, comme cette culture est plus hasardeuse et demande plus de soins que celle qu’on fait ordinairement en plein champ, il n’y a que les très-habiles cultivateurs qui l’entreprennent.
Le bas prix des Fraises Princesse royale à fait pénétrer leur usage jusque dans les classes les moins aisées de la population de Paris, ce qui, à l’époque des grandes chaleurs, est un véritable bienfait pour elles, la Fraise étant, selon l'expression du docteur Bretonneau, le meilleur antidote de la charcuterie, qui entre pour une si grande proportion dans l'alimentation des ouvriers des villes.
Si l’on réfléchit que tous les pieds de Fraisier Princesse royale (qui existent dans les 600 hectares environ qui en France sont employés à sa culture) proviennent de la plante unique obtenue en 1846 par M. Pelvilain, on ne s’étonnera pas du léger affaiblissement que nos paysans remarquent dans une plante qui en douze ans a dû se perpétuer au moins 160 millions de fois par séparation. Jusqu'ici les semis de là Princesse royale n’ont rien produit qui l’égalàt; la Fraise Reine Marie-Amélie seule a quelque mérite.
Presque toutes les Fraises qui viennent pendant l'hiver approvisionner les glaciers et les marchands de comestibles de Paris sont produites par ce Fraisier, forcé en serre chaude d’abord, puis en serre tempérée pendant les mois de janvier et de février, enfin sous châssis, en quantités immenses, pendant les mois de mars et d'avril; et, pour cet usage surtout, la Fraise Princesse royale l’emporte sur toutes les Fraises connues jusqu ICI.
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