‹ Le jardin fruiter du muséumChapitre 37 sur 48 · P. ADÈLE · texte numérisé non relu

P. ADÈLE

divisions courtes, creusées en cuiller, laissant l’orifice du calyce ouvert, pubescentes et blanchâtres ; cœur dessinant un ovale arrondi sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de granulations; lacune centrale allongée, subéreuse ; loges moyennes; pepins de couleur fauve ou brun-fuligineux.

CHair blanchâtre ou très-légèrement teintée en vert à la circonférence, assez fondante, se confondant presque avec le cœur; eau abondante, sucrée, parfumée, très-faiblement musquée ou fenouillée.

Cette variété, sans être de première qualité, est néanmoins fort bonne. La figure et la description qu’en a données M. Bivort s’accordent parfaitement avec le fruit que je viens de décrire. Voici cette description :

« J'ai reçu de France, sous le nom d’Adèle de Saint-Denis, il y a peu d’années et sans désignation d’auteur, un jeune arbre greffé sur Coignassier. Quoique planté dans un sol convenable, il a fait peu de progrès depuis sa plantation; ceux que jai greffés sur franc ont poussé avec beaucoup de vigueur et montré quelques épines, malgré leur passage sur Coignassier. Le fruit est moyen, ovale allongé, fortement rétréci vers le pédoncule, qui est grêle, ligneux, brun, long de 10 millim., placé à fleur du fruit. Épiderme vert-clair, jaunissant peu à sa maturité, mais cependant assez pour l'indiquer. Calyce petit, régulier, placé dans une légère cavité; divisions caduques. Chair blanche, jaunâtre, fine, fondante, beurrée; eau abondante, sucrée, d’un parfum des plus agréables. Pepins larges, ovales, bruns, placés dans des loges étroites. C’est un excellent fruit, dont la maturité a lieu vers la fin de septembre et en-octobre, et qui mürit bien sans blettir.» Bivort, 4/b. pomoloqg., 2, p. 153 [1849].

A.fiocreux del.

MA. Taillant 101

ÊÈ WILLIAMS.

P. WILLIAMS

Fruit de fin d'été, gros, oblong ; à peau jaune-verdatre ou jaune-doré, lavée de rouge, parsemée de points et tachetée près du pédoncule; ordinairement déprimé du côté de l’œil ; à queue insérée obliquement, charnue, de longueur variable ; à chair blanche, fondante, sucrée, musquée.

ARBRE à scions assez grêles, légèrement flexueux, de couleur fauve; yeux moyens, coniques, un peu écartés du scion, qui présente de nombreuses lenticelles arrondies.

FeurLees florales obovales ou ovales-acuminées, à bords redressés, glabres en dessus, pubescentes en dessous, denticulées ; les adultes à peu près de même forme, longuement pétiolées, ovales, acuminées, denticulées, parfois légèrement lobées.

FLeurs à pédicellés courts et tomenteux, blanches, moyennes; calyce à divisions étalées, lancéolées, aiguës, couvertes de poils jaunes; pétales obovales-orbiculaires, un peu concaves et quelquefois échancrés au sommet, laissant peu d'intervalle entre eux.

Fruir commençant à mürir à la fin d'août, gros, oblong, quelquefois légèrement bosselé; à queue charnue, cylindrique, droite ou un peu courbée, ordinairement renflée et insérée obliquement au-dessous du sommet du fruit, qui offre alors une sorte de petite bosse du côté opposé, quelquefois enfoncée dans le fruit, portant la trace de

* Richard Williams de Turnham Green, près Londres.

P. WILLIAMS

bractéoles; peau jaune-verdâtre ou jaune-doré et lavée de rouge du côté du soleil, parsemée de points et marquée de taches autour du pédoncule, plus rarement de marbrures dans la partie renflée du fruit ou dans le voisinage de l'œil; œil placé à fleur de fruit ou au milieu d’une dépression régulière , peu profonde ou entourée de légères protubérances, à divisions charnues, creusées en cuiller, plus ou moins étalées, pubescentes; cœur dessinant sur la coupe du fruit une sorte de losange allongé, entouré de très-petites granulations; lacune centrale étroite; loges larges; pepins ordinairement grands, bruns.

Car blanche, très-fine et fondante; eau abondante, sucrée, musquée.

Ce beau fruit a l'avantage de pouvoir se cueillir avant maturité, de se colorer et d'acquérir toutes ses qualités au fruitier. Il ne faut pas le confondre avec le William Prince, qui est notre P. des Urbaristes. La P. Bon-Chrétien Williams, inscrite au catalogue des fruits cultivés en 1826 dans le jardin de la Société horticulturale à Chiswick, porte en synonyme, mais par erreur, le nom de Bon-Chrétien d'hiver.

Nous la trouvons citée en 1831 comme ayant été rapportée de Louvain par M. Bonnet, qui en tenait les greffes de Van Mons (Ann. Soc. hort. Paris, vol. IX, p. 98 et suiv.) 1831.

Le Muséum l'a reçue à cette même époque de M. Léon Leclerc, ainsi que le constate notre catalogue manuscrit, n° 650 et 785; mais il avait été décrit et figuré en 1816 par sir William Hooker.

« Specimens of which were communicated to te society in August by M. Richard Williams of Turnham Green. Called by M. Aïton in his Epitome of the Hortus Kewensis*. Williams Bon-Chrétien appears to have sprung from

* Arrox Will. Townsend. An Epitome of Hort. Kew. for use of practical gardeners; to which is added a selection of esculent vegetables and fruits cultivated in the royal gardens at Kew. London, 1814.

P. WILLIAMS

seed, in the garden of M. Wheeler, a Schoolmaster at Aldermaston in Berkshire, about twenty years ago. It immediately succeeds the Jargonelle (Epargne) and resembles in flavour the summer musked Bon-Chrétien.» W. Hooker, Hort. transact., vol. II [1816].

« Fruit turbiné-pyriforme, obtus, généralement court, jaune, marbré rouge clair d’un côté, finement et irrégulièrement pointillé de gris, presque toujours couvert d’une tache gris-fauve ou roux, qui s'étend irrégulièrement autour du pédoncule, qui est gros, long de 16 à 26 millimètres, gris-roux, un peu charnu vers le fruit, parfois implanté dans une cavité irrégulière accompagnée par une ou deux bosses. OEil placé dans une cavité peu profonde, entourée de quatre à six bosses arrondies, qui rendent parfois, en se prolongeant, la tête du fruit légèrement anguleuse. Chair fine, fondante; eau assez abondante , musquée et très-sucrée; pepins petits, bien nourris, brun-noir. Mürit fin août et commencement de septembre, en même temps que la P. d’Amanlis. Ce beau fruit doit être surveillé à l’époque de sa maturité, étant sujet à blettir. La forme de cette Poire est assez variable. Il y en à qui se développent davantage en longueur, sont plus bosselées ou côtelées, et prennent la forme du Bon-Chrétien d'hiver. » Prévost, Pomol. Seine-Infér., p. 51 (1839).

« Fruit gros ou très-gros, pyramidal, fortement renflé vers le milieu et rétréci à ses extrémités; affectant, à l’état normal, la forme d’un Beurré d'Hardenpont belge ou d’un Bon-Chrétien d'hiver; parfois il est oviforme allongé, bosselé vers le calyce et le pédoncule. La peau est fine, vert très-clair, passant au jaune doré à la maturité du fruit, finement pointillée de gris, et tachée de roux sur quelques parties du fruit, mais principalement autour du ealyce et du pédoncule; une légère teinte de carmin la colore parfois au soleil. Chair blanche, fine, fondante, demi-beurrée; eau assez abondante, sucrée, agréablement parfumée et un peu musquée. Cet excellent et beau fruit mürit en Belgique du 40 au 15 septembre; il annonce sa maturité par le changement de coloris et par l’odeur qu’il exhale. Nous conseillons beaucoup, afin d’augmenter la finesse de sa chair et de prolonger la durée de sa conservation, de ne pas le laisser mürir sur l’arbre, mais bien de le cueillir huit jours avant sa maturité.» Bivort, A/b. pomol., p. 165, vol. I[1847]; ibid., Ann. pom. belges, vol. IE, p. 57 [1855].

« Fruit gros ou très-gros, turbiné-pyriforme, obtus, bosselé, parfois légèrement allongé du côté de l’œil. Peau jaune-pâle, relevée de quelques taches fauves. Pédoncule gros, court, charnu, brun-foncé, implanté obliquement dans une cavité peu profonde, environnée de bosses couvertes d’une grande

P. WILLIAMS

tache fauve frangée. Chair blanche-jaunâtre, fondante, très-succulente, renfermant un suc abondant, sucrée, d’une saveur musquée des plus agréables. Calyce moyen, brun, irrégulier, placé dans une cavité très-irrégulière et peu profonde, entouré de mamelons très-saillants. Ce fruit précieux, qui a le défaut de passer assez vite, mürit dans les premiers jours de septembre. L'arbre, vigoureux, très-fertile, se prête à toutes les formes, mais il s’'épuise promptement lorsqu'il est greffé sur Coignassier ; il faut donc le tailler court, ou le greffer sur franc.» Willerm., Poir., p. 191 [1848].

Ce fruit est décrit en quelques mots dans les Ann. de Flore et Pom. pour 1835-1836, ainsi que dans les Ann. Soc. hort. Paris, p. 29 de la pomologie [1854].

A. fiocreux del. ï Ë Me jy. Jaillant se .

P. GROS ROUSSELET

P. GROS ROUSSELET

Fruit d'été, moyen, rouge-brun, parsemé de points jaunâtres ou recouvert d’un léger réseau de même couleur; à queue droite ou oblique, longue, grêle, insérée dans l'axe du fruit ou un peu oblique; à chair blanche; cassante, d'une saveur particulière.

Argre de plein vent, très-fertile, à scions de couleur fauve du côté de l'ombre, brun-violacé du côté opposé, à coussinets peu saillants, parsemés de lenticelles blanchâtres ; yeux coniques, petits ou moyens.

Feuizues florales ovales ou arrondies, mucronées, presque entières, pubescentes en dessous; les adultes à peu près de même forme, ovales ou ovales-arrondies, subcordiformes : celles des rosettes portées sur de très-longs pétioles blanchètres, grêles ; celles du scion légerement denticulées, étalées ou à bords un peu redressés.

FLeurs grandes , très-blanches, portées sur des pédoncules longs, un peu grêles et tomenteux ; calyce à divisions aiguës, réfléchies, roussâtres en dessus; pétales obovales-orbiculaires, moyennement onguiculés, laissant des intervalles entre eux.

FRuIT commençant à mürir en août, de couleur jaunâtre et rougebrun à la maturité, moyen ;-à pédoncule long, droit, oblique ou arqué, cylindracé, de couleur fauve-olivâtre, portant la trace de quelques bractéoles; peau d'abord d’un vert terne ou olivâtre du côté de l'ombre, d’un rouge brun et violacé sur la face exposée au soleil, prenant à sa maturité une teinte jaune-verdâtre et rouge de laque ou

brun-rouge, parsemée de points jaunâtres, saillants, isolés ou'reliés les

P. GROS ROUSSELET

uns aux autres par une sorte de léger réseau de même couleur, parfois complétement brune et semblable à celle du Messire Jean; œil placé au milieu d’une très-faible dépression, à divisions plus ou moins rapprochées, un peu charnues, pubescentes et blanchätres, entouré de très-fines zones concentriques; cœur dessinant un ovale assez régulier sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de grosses granulations ; lacune centrale allongée, étroite; loges moyennes, un peu étroites, complétement occupées par les pepins, qui sont de couleur fuligineuse

CHur cassante, sucrée-acidulée, légèrement astringente, parfumée, moins agréable cependant que celle du Petit Rousselet. Ce fruit blettit promptement.

La plupart des pomologistes du dix-septième siècle distinguaient plusieurs variétés de Rousselets; dom Claude Saint-Étienne en énumère cinq, savoir : le Petit Rousselet hàtif, le Petit Rousselet musqué, le Gros Rousselet hâtif, le Gros Rousselet de Reims , le Rousselet d'hiver. Le Roi d’été, donné par Duhamel comme synonyme de notre Gros Rousselet, est, d’après dom Claude Saint-Étienne, « une Poire longue comme Fusée, mais plus menuë vers la queuë, qui est longue, toute rouge et un peu aspre et de peu de garde.»

La Quintinye simplifie la question en les-réunissant toutes sous un même nom, ce qu'il est impossible d'admettre.

« À l’égard des Rousselets je ne fais nulle difference du gros au petit; ce n’est asseurément qu’une même chose, et pour le prouver sans retour, il n’y a qu’à voir comme quoy un même arbre en fait d’ordinaire des unes et des autres ; il est vray cependant que celles, qui n’ont qu’une médiocre grosseur, sont communément meilleures que les belles. (Gela se trouve encore en d’autres Espèces, mais non pas en toutes.) Je dirai qu’il n’y a guère de Poire au monde plus connuë, et plus estimée que celle-là : c’est une Poire médiocre en grosseur, bien faite dans sa figure , le coloris gris, roussâtre d’un côté , et

P. GROS ROUSSELET

rouge obscur de l’autre, avec quelques endroits verdâtres, qui jaunissent à propos; pour marquer le temps de sa maturité : la chair en est tendre, et fine et sans marc, et l’eau agréablement parfumée, mais d’un parfum, qui ne se trouve qu’en elle : c’est d'ordinaire à la fin d’août, et dans les premiers jours de septembre qu’elle meurit, et pour lors à cause des bonnes qualitez, dont elle est revêtue, je croy que sans hésiter tout le monde convient, qu’on peut dire du Rousselet, comme des Bergamottes, et des Leschasseries, qu'aucunes Poires ne peuvent être mises en rang des excellentes, qu’à proportion qu’elles approchent plus, ou moins de la bonté du Rousselet, aussi bien que de la bonté de ces deux autres; constamment le mérite de ce Rousselet est si grand, qu'il ne surpasse en rien sa grande réputation : tous les siècles l’ont connuë pour être bonne en quelque manière qu’on la puisse mettre ; et en effet qu’elle soit cruë, qu'elle soit en compotte liquide, qu’elle soit en confiture sèche, elle se soutient également bien partout.» Laquint., Zastr., p. 151 [1692].

« Son fruit est de grosseur moyenne, sa longueur étant de deux pouces neuf lignes, et son diamètre de deux pouces trois lignes, de la même forme que le Rousselet de Reims; mais beaucoup plus gros, et un peu plus pointu vers la queue qui est brune, longue de dix neuf lignes : à l’endroit de son implantation, il y a souvent quelques petites bosses. Le côté de la tête est applati et l'œil est placé au centre d’une cavité large et profonde. Sa peau est rude, tiquetée de petits points gris; d’un vert foncé du côté de l'ombre ; le côté du soleil est rouge-brun, comme le Rousselet; elle est lavée de gris en plusieurs endroits. Sa chair est demi-cassante et peu fine. Son eau est bonne, parfumée et un peu aigrelette. Le temps de sa maturité est la fin d'août, ou le commencement de septembre.» Duham., Arbr. fruit., vol. II, p. 149 [1768].

«Gette Poire, de la même forme que le Rousselet de Reims et mûre dans le même temps, est de moyenne grosseur, un peu plus pointue vers la queue ; sa peau est rude, d’un vert-foncé ou d’un rouge-brun; sa chair, demi-cassante, peu fine, est pleine d’eau parfumée.» Le Berr., Traité des Jard., I, p- 316 [1789].

« Get arbre réussit mieux sur franc, surtout en plein-vent. Ses scions grêles et un peu allongés sont d’un brun-violet, recouverts d’un duvet blanchâtre. Ses feuilles sont rondes, profondément dentelées, et pointues à leur extrémité. Le fruit, dans sa petitesse, est d’une belle forme; sa peau est lisse et fine, d’un rouge éclatant et foncé au soleil, qui la colore de petites taches grisâtres. La chair est jaunâtre, mi-fondante, d’une eau sucrée et d’un goût relevé, comme celui des Rousselets; les pepins sont entourés de granulations qui de-

P. GROS ROUSSELET

viennent trop grosses dans des terrains forts et gras. Cette Poire mürit à la fin de juillet.»: Calvel, Traité compl. sur les Pépin., I, p. 280 [1805].

« Le gros Rousselet a deux pouces neuf lignes de hauteur sur deux pouces trois lignes de diamètre. La queue, longue de seize à dix-huit lignes, s’implante souvent dans un petit enfoncement entouré de bosses. La peau est verte du côté de l’ombre, d’un rouge-brun du côté du soleil, et parsemée partout de petits points gris. La chair est demi-cassante, parfumée, aigrelette et d'un goût agréable. Les pepins sont allongés. Cette Poire mürit à la fin d’août ou au commencement de septembre.» Loisel., Nouv. Duham., vol. VI, p. 198 [1815].

« Les feuilles des Gros Rousselets sont de moyenne grandeur, ovales-arrondies à la base, rétrécies en pointe courte au sommet, portées sur de longs pétioles munis de points noirs dans la partie supérieure. Le fruit varie un peu en grosseur, mais sa forme est constante ; il est figuré en toupie, bien arrondi et ventru du côté de la tête, où l’æil est placé dans un petit enfoncement régulier. Sa peau est rude au toucher, verte dans l’ombre, lavée du côté du soleil d’un gros rouge de brique, sur lequel se détachent de nombreux petits points roux et cendrés, plus rapprochés et plus étoilés du côté du soleil, où ils forment une sorte de poussière cendrée qui ternit la couleur rouge, surtout lorsqu'on regarde le fruit de profil. La chair est grenue, cassante, pierreuse vers la tête et vers le centre ; elle a encore l’inconvénient d’être âpre et de prendre à la gorge comme une Poire à cidre. Son eau est bonne, très-agréablement parfumée. Cette Poire mürit du milieu à la fin d’août.» Poit., Pomol, franc. [1846].

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