‹ Le jardin fruiter du muséumChapitre 41 sur 48 · P. DE MONTIGNY · texte numérisé non relu

P. DE MONTIGNY

Fruit d'automne , moyen, obtus, à queue droite, enfoncée dans le fruit; peau verte, lisse, parsemée de nombreux points arrondis de couleur fauve; chair fine, fondante, très-Juteuse, musquée.

ARBRE très-vigoureux , à scions de grosseur moyenne, droits, de couleur olivätre ou brunâtre, parsemés de lenticelles arrondies , à coussinets peu saillants; yeux coniques, bruns, légèrement écartés du SCIOn.

FeuiLes florales ovales, entières, acuminées, légèrement pubescentes en dessous, ciliées; les adultes à peu près de même forme : celles des rosettes ovales presque entières, acuminées, portées sur de très-longs pétioles grêles et blanchâtres ; celles des scions à bords plus ou moins ondulés, redressés et munis de petites dents aiguës.

FLeurs blanches, portées sur des pédoncules tomenteux; calyce à divisions réfléchies, aiguës, couvertes de poils blonds en dessus; pétales un peu petits, ovales, sensiblement onguiculés, étalés, laissant entre eux des intervalles. ;

Fruir mürissant de la fin d'octobre à la fin de décembre, en forme de Doyenné, moyen, obtus aux deux extrémités; pédoncule moyen, droit, légèrement renflé aux deux bouts, un peu enfoncé dans le fruit, de couleur fauve; peau lisse, verte ou vert-jaunàtre, trèsrarement teintée de roux du côté du soleil, jaunissant à l'extrême

* Ce fruit a été découvert à Montigny par Daniel-Charles Trudaine, conseiller d'État, intendant général des finances, et membre de l’Académie des Sciences, vers le milieu du XVIII siecle (Dubois, Du Pommier et du Poirier, p. 134, 1804).

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FLE

A. Riocreux. del .

FRÉDÉRIC DE WURTEMBERG

P. FRÉDÉRIC DE WURTEMBERG

Fruit d'automne, à peau Jaune, très-lisse, lavée de rose du côté du soleil ; à queue assez longue, courbée, jaunâtre et se confondant avec le fruit; chair très-blanche, fondante, très-juteuse, sucrée, parfumée.

ARBRE vigoureux et fertile ; scions de grosseur moyenne, fauves ou roussâtres, parsemés de lenticelles arrondies, à coussinets assez saillants; yeux petits, arrondis, appliqués contre le scion.

FeuiLces florales ovales ou ovales-elliptiques, acuminées, arrondies à la base, pubescentes en dessous, ciliées; les adultes à peu près de même forme, longuement pétiolées , ovales ou ovales-elliptiques; celles des rosettes presque entières; celles des scions étalées ou à bords dentés et un peu relevés.

FLeurs très-blanches, moyennes ou grandes, portées sur des pédoncules assez gros, tomenteux; calÿyce à divisions lancéolées, aiguës, étalées, blanches ; pétales presque orbiculaires, étalés, légèrement ondulés.

Frurr commençant à mürir à la fin de septembre, moyen, pyriforme-ventru , régulier ou un peu courbé, offrant quelquefois de légers sillons autour de l’œil; à pédoncule droit ou arqué, jaunâtre, épaissi à son insertion sur le fruit, avec lequel il se confond; peau Jjaune-citron, très-lisse ou à peine parsemée de points et de marbrures fauves, se colorant ordinairement de rouge carminé du côté du soleil: œil à fleur de fruit ou placé au centre d’une légère dépression, à divisions étalées ou rapprochées, pubescentes ou glabres, persistantes

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ou caduques ; cœur large, à peine distinct de la chair ; lacune centrale très-large, atténuée vers l’œil; loges grandes; pepins brun-noirâtre ou fuligineux.

Car très-fine, blanche, peu granuleuse, très-fondante; eau abondante, sucrée, parfumée, non musquée. Fruit de première qualité.

« Frédéric de Wurtemberg, Van Mons. Cat, p. 26, n° 124 [1823], et Ann. gen. des Sciences phys., tome VIT, p. 315.

« Grosse Poire ventrue, atténuée en cône vers la queue, de 3 pouces de hauteur, à queue droite, longue de 1 pouce, à œil presque à fleur; sa peau est lisse, à peine pointillée de rouge, devient d’un beau rouge du côté du soleil, et prend une teinte jaune du côté de l'ombre. Sa chair est très-blanche, fine, beurrée, fondante, remplie d’une eau abondante, sucrée, délicieuse. Cette excellente Poire mürit en octobre. » Ann. Soc. Hort. Paris, vol. II, p. 330, [1832], et Poit. Théor. Van Mons, L. c., vol. XV, p. 369 [1834].—Poit. in Mois. Jard. fruit., 2e édit., tab. 61.

« Le fruit de la Wurtemberg est très-gros; il est formé en toupie, et, sinon étranglé, du moins rétréci à la naissance du col; il est arrondi à son sommet, notablement renflé vers le centre et décroissant insensiblement vers la queue, où il se termine en pointe aiguë. L’ombilic est à ras du fruit; il est bordé de quelques plis. La queue est implantée à fleur; elle est charnue, vermiculée, et plus grosse vers le point de son attache que vers le fruit; elle se génicule. La peau, rugeuse, dure, teinte en vert pâle et semée de tiquetures fines, roussätres, est souvent tavelée de rouille, flagellée ou lavée de rouge rose ; son fond vert se nuance de jaune au moment où le fruit mürit. A cette époque sa peau devient onctueuse. Cette Poire précieuse müûrit vers l’équinoxe d'automne. » Van Mons, Revue des Revues, janvier [1830]. — Bivort, A/b. pomol., I, p. 73 [SAT].

Van Mons ni Bivort ne mentionnent les précieuses qualités de ce fruit.

« Ge Poirier a été introduit vers 1833 en Normandie sous le nom de Vermillon d’Espagne. Son fruit est ordinairement gros, turbiné-pyriforme, obtus, très - lisse, luisant, jaune pâle du côté de l’ombre, rouge clair et très- vif du côté opposé. Il est parsemé tout autour de très-petits points gris, et souvent marbré de petites taches grises sur l'œil. Le pédoncule, droit ou courbé, sans

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être positivement charnu, est implanté dans une petite cavité dont les bords présentent ordinairement de petites bosses. La chair est blanche, demi-fine, fondante ou demi-fondante et très-tendre ; eau abondante, très-sucrée, légèrement acidulée, parfumée, agréable. Ce très-beau et bon fruit mûrit en septembre. Il est nécessaire de le cueillir quelques jours avant sa parfaite maturité, pour le consommer lorsqu'il est devenu jaune. » Prév., Pomol. Seine- Inférieure, p. 97 [1839.]

« La Poire Médaille d’or est pyriforme, allongée, et se termine en pointe vers la queue, qui est arrondie au sommet. L’ombilic est à fleur du fruit; la peau est lisse, devenant d’une belle nuance dorée à la maturité, et lavée de rouge vif du côté du soleil. La chair est fondante; l’eau abondante, sucrée, relevée et un peu musquée. » À. Royer, Ann. de Pomol. belge, 1, p. 91 [1853].

Il est parfaitement reconnu aujourd’hui que les P. Frédéric de Wurtemberg et Médarlle d'or sont identiques, bien que Van Mons ait prétendu avoir obtenu de semis la première, et que M. Royer affirme de son côté que la seconde a été découverte en 1795 à l’abbaye de Sainte-Marie d'Oignies, dans le Hainaut. Je crois pouvoir ajouter que la Poire Zris Grégoire est, sinon identique, du moins fort semblable à la Frédéric de Wurtemberg.

no LP. MARQUISE

HE Jailant se.

P. MARQUISE

Fruit de fin d'automne, pyriforme, ventru , quelquefois un peu bosselé, obtus aux deux extrémités, à queue longue, légèrement arquée, assez grêle, à peine enfoncée dans le fruit ; peau Jaune-verdatre, unicolore, parsemée de nombreux points fauves; chair fondante, parfumée, un peu musquée.

ARBRE très-visoureux et productif; scions brun-rougeàtre, parse-

més de lenticelles oblongues, jaunâtres, à coussinets peu saillants ; yeux petits, coniques ou arrondis.

FEUILLES florales ovales-lancéolées, aiguës, arrondies à la base, slabres sur les deux faces, ciliées ; les adultes à peu près de même forme : celles des rosettes portées sur de longs pétioles, presque entières ; celles des scions ovales, assez grandes, mollement cndulées, entières ou bordées de petites dents.

FLeurs grandes, très-blanches, portées sur des pédoncules assez longs; calyce à divisions lancéolées-linéaires, aiguës, étalées; pétales onguiculés, suborbiculaires, laissant peu d'intervalle entre eux.

Fruir mürissant en novembre ou décembre, pyriforme ou oblong, oblus, de grosseur moyenne, quelquefois légèrement bosselé; pédoncule assez long, brunâtre, lisse, légèrement arqué, inséré dans l’axe du fruit, portant la trace de quelques bractéoles ; peau verdâtre. puis jaune-citron, parsemée de nombreux points fauves, entremélés de petites marbrures de même couleur; œil à fleur de fruit, ou placé

au milieu d’une dépression, assez petit, ouvert, à divisions étalées,

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deltoïdes, creusées en cuiller, glabres, persistantes ou caduques; cœur dessinant un losange sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de petites granulations qui s'étendent jusqu'au pédoncule; lacune centrale large, subéreuse ; loges moyennes; pepins bruns, ordinairement géminés.

CHair blanche, juteuse, peu granuleuse, fondante; eau très-abondante, sucrée, parfumée, légèrement musquée. Excellent fruit.

Je ne conserve aucune incertitude relativement à l'identité de cette Poire avec la Délice d'Hardenpont, dont les pomologistes belges s’attribuent la découverte en 1759. On en jugera par la comparaison des textes qui suivent. Le rétablissement du nom plus ancien de Marquise aura l’avantage de dissiper la confusion qu'a fait naître le nom d’Hardenpont appliqué à des fruits très-différents. En effet, cette synonymie, déjà embrouillée, l’a été encore davantage par la création des noms de Délices d'Hardenpont belge et Délices d'Hardenpont d'Angers, dont les diagnoses ont été malheureusement interverties par M. Willermoz*.

« La Marquise est une Poire grosse et verte, qui jaunit en meurissant, et qui ressemble assez au Bon-Chrétien d’Hyver, qui est plat et court, et non en Calebasse ; sa queuë est longue et menuë ; elle est très-beurrée et fondante; son eau est douce et musquée, qui approche fort de l’eau sucrée du Messire- Jean : l’arbre en est beau, qui charge peu en fruit, et veut être chargé de bois, sa sève estant des plus vigoureuses. Je tiens ce fruit admirable et des meilleurs. » Merlet, Abr. des bons Fr., p. 401 [1667], et p. 86 [1690].

« La Marquise prend deux figures fort différentes, suivant la différence des Terres et des Arbres où elle est élevée; si le fond est sec, elle ressemble assez par sa grosseur et sa figure à un très-beau Blanquet, ou à un médiocre Bon- Chrétien, et elle fait la même chose en Arbre à tige; mais dans les terres grasses et humides, et en Buisson, il en vient d’extraordinairement grosses ; la

* Willermoz, Observ. sur le genre Poirier. Bull. Soc. Hort. Rhône, 1848, p. 199 et 200.

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Poire est bien faite; elle a la tête plate, l’œil petit et enfoncé, le ventre assez gros et proprement allongé vers la queuë, qui est longuette, passablement grosse, courbée, et un peu enfoncée; la peau en est assez rude ; le coloris est d’un fond vert avec quelques placards de rousseur, comme on en voit au Beurré; que si elle ne change point en meurissant, elle est très-mauvaise, ayant en cela la même destinée que la Louise-Bonne, les Espine, les Petit-Oin, les Lansac : ce malheur vient des fonds de terre humide, et de la figure des Buissons trop touffus dans ces sortes de fonds; mais si ce vert devient jaunâtre à la maturité, la chair en est tendre et fine, le goût agréable, l’eau assez abondante, et autant sucrée qu’il est à souhaiter pour une merveilleuse Poire ; elle a véritablement un tant soit peu de pierres au cœur, ce qui seurement ne doit point empêcher de la regarder avec estime pour le mois d'octobre et de novembre. » La Quint., Traité, p. 154 [1699].

« La Marquise est grosse, ressemble au Bon-Chrétien d’Hyver par sa figure; elle est un peu plus pointue vers là queue ; sa peau est verte, elle vient jaune en mürissant, elle est beurrée et fondante, son eau est sucrée et un peu musquée ; c’est une Poire excellente ; elle fait un bel arbre : Novembre. » Cat. Pép.Chartr., p. 33 [1752].

« Son fruit est gros, allongé en pyramide. Son diamètre est de deux pouces et demi, et sa hauteur de deux pouces neuf lignes. Il a peu de ressemblance avec le Bon-Chrétien d’hiver, auquel Merlet le compare pour la figure, étant plus pointu vers la queue, sans bosses sur sa surface, et n’étant point en Calebasse. Sa tête est ordinairement bien arrondie suivant son diamètre quelquefois un peu anguleuse. L'œil est tantôt placé presqu’à fleur, tantôt enfoncé dans une cavité assez profonde. Sa queue , longue de 12 à 15 lignes, est aussi tantôt plantée à fleur, tantôt dans une cavité; elle est grosse et unie. Il n’est pas rare de trouver des Poires de Marquise de trois pouces de diamètre sur trois pouces quatre lignes de hauteur. Ces gros fruits sont en général très-renflés par le milieu, diminuent de grosseur vers la queue, et s’y terminent en pointe peu allongée, tronquée où irès-obtuse; et leur forme n’est pas pyramidale. La peau est verte, très-tiquetée de points d’un vert plus foncé; elle devient jaune lorsque le fruit mürit. La chair est beurrée et fondante. L’eau est sucrée, douce, quelquefois un peu musquée ; mürit en novembre et décembre. » Duham., Arbr. fruit., p. 221, fig. 49 [1768].

« Les fleurs de ce Poirier très-vigoureux sont fort grandes; son fruit est gros, allongé en pyramide, de forme régulière, jaune et quelquefois très-légèrement lavé de rouge, beurré et fondant, doux, sucré, quelquefois un peu musqué. Il mürit en novembre et décembre. » Le Berr., Trailé. des Jard., p. 336 [1789].

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« Le fruit varie beaucoup de forme et de grosseur; en général il est turbiné, haut de deux pouces et demi à trois pouces, ayant autant de diamètre ; mais il s’allonge quelquefois davantage et devient plus ventru, prend la forme et à peu près le volume d’un Colmar, et même d’un Bon-Chrétien d'hiver. Tous ont l’œil petit, placé à fleur au milieu d’un petit aplatissement. La queue est longue de douze à quinze lignes, assez bien nourrie, marquée de cicatrices, sarclée de roux, plantée dans une cavité un peu irrégulière, unie en son bord, ou relevée de très-petites côtes. La peau est verte, tiquetée de points roux qui font taches dans quelques endroits; elle jaunit inégalement en mürissant, de manière à être comme marbrée de jaune et de vert. La chair est blanche, fondante, beurrée, ayant cependant quelquefois un peu de petites pierres. Son eau est sucrée, un peu musquée, excellente. Cette très-bonne Poire mürit en . novembre et décembre; elle accompagne la Crassane, la remplace ensuite, et lui ressemble beaucoup par ses bonnes qualités. » Poit., Pomol. franc. [1846].

« Le fruit de la Délices est assez gros, bosselé; il a la forme d’une pyramide tronquée et figure assez bien un Colmar; s’il est produit d’un espalier, il est plus gros, moins bosselé, pyriforme, turbiné, très-régulier ; sa peau estépaisse, lisse, vert clair passant au jaune à la maturité, ponctuée de tiquetures nombreuses, brunes, qui sont uniformément répandues sur toute la surface. Le pédoncule, long de 30 à 35 millim., est grêle pour le volume du fruit; il est logé dans une cavité peu profonde, entouré de petites gibbosités. Le calyce large, bordé de plis, est placé à fleur du fruit; ses divisions sont ordinairement caduques. La chair, d’un blanc parfait, est d’une délicatesse sans égale, se fond, à la maturité, en une eau abondante et douce, qui, pour n'avoir ni parfum ni aigrelet, n’en est pas moins sapide. Le fruit mürit ordinairement vers la fin d'octobre et en novembre. »

M. Poiteau a décrit séparément, dans sa Pomologie française , la véritable P. Délice et la Marquise. Van Mons en a publié dans la Revue des Revues de 1830, une description détaillée que Bivort a reproduite dans son Ab. pomol., vol. IL, p. 29 [1850], ainsi que M. A. Royer, dans les Ann. Pom. belge, p. 7 [1855].

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