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LE FRAISIER DES BOIS

aussi indigène, il fournit les marchés de plusieurs grandes villes, telles que Quito, Santa-Fé de Bogota, etc. Dans l'Amérique du Nord on le trouve aux environs de Saint-Louis du Missouri, à Boston, dans tout le Canada. Il existe dans plusieurs contrées de l'Asie, et nos missionnaires l'ont trouvé particulièrement abondant dans les hautes montagnes du Thibet.

Le Fraisier des Bois a produit quelques variétés que nous nommerons naturelles, par opposition à celles obtenues de semis faits par l’homme dans des vues d'amélioration ; la plus remarquable de ces variétés est celle qui est dépourvue de coulants; cette modification, qui a dû se présenter plusieurs fois et en des lieux bien divers, a été trouvée et recueillie en 1748 par M. de Lamey de Frémeu dans un taillis des environs de Laval. Ce Fraisier, recherché pendant un demi-siècle pour faire des bordures, a perdu tout intérêt depuis la propagation du Fraisier des Alpes sans coulants.

Une variété sortie immédiatement du Fraisier des Bois est encore cultivée dans quelques cantons des environs de Paris sous le nom de Fr. petite hâtive de Fontenay-aux-Roses; elle donne son produit cinq à six jours avant les variétés les plus hâtives, et cette petite avance suffit pour compenser la faiblesse et la courte durée de son produit.

L’étendue de l’inimitable description du Fraisier des Bois par Duchèsne ne nous permet pas de la placer ici; les botanistes la trouveront dans son Histoire naturelle des Fraisiers , page 61 et suivantes. L’excellente figure du Fraisier des Bois, par M. Riocreux, placée en face de cet article, figure aussi remarquable par son exactitude que par le soin de son exécution, nous semble plus utile pour rappeler ce Fraisier aux amateurs que ne le serait la plus rigoureuse description que nous pourrions leur en donner.

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FR. KEENS’ SEEDLINCG.

Fruit moyen, rond, un peu aplati, coloré d’un rouge sombre et vernissé du côté du soleil, un peu plus pâle de l’autre côté ; graines jaunes ou rouges, peu nombreuses, enfoncées dans des fossettes assez profondes; chair rose, pleine, légère, juteuse, sans fibres ni mêche, dure; saveur fraîche et relevée ; très-sucrée. !

FLeurs très-grandes, presque toujours à six pétales, en forme de coquille, blanc pur un peu transparent; étamines jaune vif, peu nombreuses, mais grosses et bien constituées.

Cazyce grand; sépales larges, souvent teintés de rouge, presque toujours rabattus sur le fruit.

Hawpes et pédoncules légèrement velus, minces et grêles, soutenant parfois mal le fruit.

CouLanTs vigoureux, vert päle en dessous, souvent teintés de rouge du côté du soleil; préfeuille souvent rosée.

Feuizces larges et arrondies, grandes, fermes, profondément découpées, d'un vert foncé et luisant en dessus, quelquefois un peu glauque en dessous; nervures légèrement velues; oreillettes des feuilles aiguës, très-grandes, surtout celle qui est extérieure, teintées d’un rouge très-vif pendant l'hiver et au printemps.

Plante très-vigoureuse, d’une culture très-facile, supportant bien

FR. KEENS SEEDLING.

les hivers. Les touffes sont rarement très-grosses et durent plusieurs années.

Ce Fraisier a été obtenu par M. Michael Keen, à Isleworth, dans un semis de graines de Fr. Keens’ Imperial. Cette plante, qui devait avoir un si grand et si durable succès, parut pour la première fois à l’exposion de Chiswick, le 3 juillet 1821 ; elle fut figurée et décrite dans le cinquième volume des Transactions de la Société d’Horticulture de Londres, page 261.

Accueille avec une grande faveur, elle fut rapidement propagée; toutefois 1] ne parait pas qu’elle ait été connue en France avant l’année 1824. Elle s’y répandit lentement d’abord; puis des potagers des amateurs s'étendit aux jardins des maraïchers, et, vers 1834, pénétra dans les cultures faites en plein champ pour l’approvisionnement des grandes villes. Elle a été conservée aux environs de Paris, où les cultivateurs lui donnent le nom d’anglaise; mais la culture de deux variétés nées d'elle : la Princesse royale et le Comte de Paris (variétés beaucoup plus productives, mais d’une qualité bien inférieure à la sienne), tendent chaque jour à restreindre sa culture commerciale.

Les amateurs, au contraire, et les personnes qui tiennent plus à la distinction d’un produit qu'à son abondance, la recherchent davantage depuis quelques années, soit pour la chauffer, soit pour la cultiver en pleine terre; on trouve avec raison que les précieuses qualités de la Fr. Keens’ Seedling compensent largement le seul défaut que nous lui connaissions, l'inégalité de grosseur de ses fruits, qui vont toujours en décroissant, sous ce rapport, depuis le premier jusqu'au septième, nombre que porte ordinairement chaque hampe.

C'est de toutes les Fraises connues jusqu’à ce jour celle dont la culture forcée se fait le plus facilement et réussit le plus constamment.

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