‹ Le jardin passionnéChapitre 38 sur 95 · LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE

La chambre où tu viendras un jour, Que je sois morte ou bien vivante, Garde en sa tiédeur émouvante Tout le secret de notre amour.

La forme des fleurs et des vases S'élance comme un cri jeté Vers l'impossible volupté Des révoltes et des extases.

La Chambre... 95

Le balcon toujours vide et grand Et les fenêtres toujours closes Regardent un jardin de roses Que nul ne respire et ne prend.

Les chatoyantes violences Du tapis mauve et des murs bleus Crient les désirs vertigineux Morts de leurs propres défaillances.

Un poids invisible a creusé

Aux plis mous des coussins de soie

Le geste triste d'une joie

Oui s'appuie à des jours brisés.

Les rideaux portent un sillage De lune et de soleil éteints, Et, sur leurs languissants satins, L'œil vague des portraits voyage !

Un jour, la chambre où tu viendras Te dira l'avide colère D'une âme chaude et téméraire Contre un amour qui n'en veut pas.

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