AU-DESSUS DU SEUIL
Toi dont j'entends le pas contourner le coteau, Que le soir soit humide ou le jour vif et beau, Qui trempes d'onde et d'air le seuil et la terrasse T. u'uii désir passager erre aux lieux où tu passes Ou qu'un dard enflammé te déchire d'ennuis, Songe à l'amour passant, souviens-toi qui je suis.
Tu ne verras de moi ni ma main parfumée, Ni mon visage ardent, ma bouche tant aimée,
Ni mon sein que soulève un trop nombreux soupir ; Mais tu devineras ma grâce encor divine Dans la douce grandeur d'un destin qui décline, Et, détourné des jours, n'en veut plus rien saisir.
Tu sauras qu'une vie est là qui songe et saigne, Que les deux bras tendus la reine d'un long règne Dont l'amour ravissant et barbare fut roi, Des cimes de son deuil plane en tremblant sur toi. Hors sa maison, passant, tu ne verras rien d'elle, Ni son oiseau danseur, ni la pâle dentelle Qu'elle trace et bleuit de l'ombre de son doigt.
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