O SILENCE, O DOUX FRERE
Au lac dont la douceur toujours est de se taire, La lune, aigrette d'or du ciel, s'effile et luit, Sois doux à ma faiblesse, ô silence, ô doux frère, Oui me donnes la main, et marche sur tout bruit...
Un rien me briserait ce soir, hors ton étreinte. Le tremble a trop souffert, vois-tu, d'avoir tremblé ; La force de son souffle a flétri la jacinthe, La plaine au loin gémit sous le poids d'or du blé.
;tit%v- , ii»ia i—i mu i ifk
18 Z* Jardin passionné
Les beaux bras de l'azur qui portaient la lumière Tombent divinement lassés aux étangs froids ; Avec tout ce qui fut flamme et chaleur plénière Le soir fait de l'amour et du bleu sur les bois.
O silence! le soir fait du triste et du tendre Avec les plis soyeux de ta robe à ses pieds, Il fait son ardeur toute avec des voix en cendre, Et ton haleine avec le sommeil des rosiers.
Sois lent à me parler, toi qui sais tant me dire! Et serre bien tes bras autour de mon destin. Je te suis... tu prendras le sentier qui soupire De se tuer là-bas dans le noir du ravin.