‹ Le jardin passionnéChapitre 64 sur 95 · SUR L'AIR TRISTE · texte numérisé non relu

SUR L'AIR TRISTE

Le tilleul traîne sur l'air triste Son parfum qui songe à la mort; Un seul sanglot de cor persiste, Un seul sanglot, un vrai, sans bord.

Tout le temps, l'air triste promène Le son et le parfum mêlés ; O soupir lourd de la carène Qui porte au loin des exilés ;

O soupir des amantes fines, Soupir heureux d'être si fort.

Vous chargez l'odeur qui décline Et se marie au long accord,

Chauds baisers que l'on donne aux marbres, Puisque des lèvres sont trop loin, Appel sous les baisers des arbres Aux bras dont nos bras ont besoin,

Vous êtes sur le grand feuillage L'âme et la fièvre du tilleul, Et vous passez dans le sillage De ce parfum splendide et seul.

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