CHANSON
Les perdrix sautillent par couples Dans le blé haut, dans le blé droit, Et je pousse toujours vers toi La proue en feu des rêves souples.
Les rameaux sont sur l'air qui plie Des veines tendres et des fils.
L'héliotrope a la folie De sentir les deuils en exil.
^ÊCJÊ^
Le jardin regarde la plaine...
Et la plaine regarde au loin...
L'air regarde sous son haleine Le raisin jaunir et les coings.
Moi, je pousse, je pousse, pousse La barque bleue où je m'en vais, Et je touche à la terre douce Sur qui reluit ton œil mauvais.
Tout un sabbat de cloches tinte Tandis que j'entre dans le port ; La douce terre enfin atteinte, La terre où luit ton œil de mort.
Quel bruit de fête et de saccage, O mon pirate à l'œil méchant!
Je voyage, voyage, voyage, Et tout ceci n'était qu'un chant.
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