FLORENCE, IL M'EST DOUX
Florence, il m'est doux de frémir Sous l'œil chaud de vos nuits si douces Que les morts voudraient remourir De leurs taciturnes secousses.
Tous ceux que vous avez tués Dans vos guerres ou dans vos fêtes, Ceux qui pleuraient, exténues, Sur des chevelures défaites ;
Florence , il m'est doux... 177
Ceux qui, d'amour et de courroux, Se sont brisés contre vos lèvres, Voudraient encor mourir de vous, Tant vos nuits d'or sentent leurs fièvres ;
Tant vos cyprès et vos bois mûrs, Vos grands lis fous couleur de rage Forment avec leur ombre aux murs Comme un tremblement de visage.
Tous ceux que vous teniez crispés Sur votre sein de violence, Votre sagesse et vos beautés, O ma frémissante Florence,
Tout près de vous voudraient encor Aux jardins réguliers et tristes Teindre de leur terrible mort Vos crépuscules améthystes.
Ils vous reprochent de marcher Sans eux au clair des balustrades, Ils voudraient toujours vous charger De râles et de sérénades,
Tandis que vos bras dans l'Arno, Harmonieusement étranges, Touchent église et palazzo Où vos dieux parlent à vos anges.
IMMMMMM,