LES PRUNIERS
Sur la pente où sont les pruniers
Et les cerises, Nos tristesses deux soirs entiers
Se sont comprises.
Ah ! tressons un troisième soir Nos deux tristesses
Sur qui les cerisiers font choir Leurs fruits sans cesse.
Sur la pente où sont les pruniers... 23
Le grand berger qui va trouant
L'air de sa flûte Dormira sur son manteau blanc
De poil hirsute.
On entendra je ne sais quel
Cri d'être en peine, Et nous verrons tomber le ciel
Contre la plaine.
Nos deux tristesses resteront
Toutes tressées, Comme les jours partis qui sont
Dans nos pensées
Nos deux tristesses s'aimeront
D'être diverses ; Je fleurirai sur l'abandon
Que tu traverses.
Et nos doigts flotteront, mouillés
Par les cerises Dont les feuilles des fins pruniers
Se sont éprises.
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