‹ Le jardin passionnéChapitre 8 sur 95 · LES PRUNIERS · texte numérisé non relu

LES PRUNIERS

Sur la pente où sont les pruniers

Et les cerises, Nos tristesses deux soirs entiers

Se sont comprises.

Ah ! tressons un troisième soir Nos deux tristesses

Sur qui les cerisiers font choir Leurs fruits sans cesse.

Sur la pente où sont les pruniers... 23

Le grand berger qui va trouant

L'air de sa flûte Dormira sur son manteau blanc

De poil hirsute.

On entendra je ne sais quel

Cri d'être en peine, Et nous verrons tomber le ciel

Contre la plaine.

Nos deux tristesses resteront

Toutes tressées, Comme les jours partis qui sont

Dans nos pensées

Nos deux tristesses s'aimeront

D'être diverses ; Je fleurirai sur l'abandon

Que tu traverses.

Et nos doigts flotteront, mouillés

Par les cerises Dont les feuilles des fins pruniers

Se sont éprises.

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