‹ Le jardin passionnéChapitre 83 sur 95 · MEURTRES · texte numérisé non relu

MEURTRES

Celui qui m'a donné ces fleurs d'or que j'effeuille, De même a déchiré un à un mes jours blancs. Et je demeure encor, qu'il me fuie ou me veuille, Celle qu'il sait le mieux briser en l'effleurant.

J'ai tué les parfums, j'ai fait saigner les tiges, Que de sève — voyez — verdit mes doigts mauvais. Celui qui m'a donné les plus divins vertiges Sème aussi de la mort aux chemins où je vais.

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Meurtres

Ah ! reconnaîtra-t-il ton geste âpre et tranquille Dans ma main qui détruit le délice aromal? Chers pétales rompus, pitié, meurtre inutile ! Si je fais mal aux rieurs, me fera-t-il moins mal?

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