‹ Le jardin passionnéChapitre 85 sur 95 · TOUT EST SENSIBLE · texte numérisé non relu

TOUT EST SENSIBLE

Tout est pensif autour de nous, tout est sensible A ce vaste tourment qui vient de la beauté ; L'air aspire et répand le triste et l'indicible, Et le jardin pâlit d'avoir tenu l'été.

Ferme, ô ferme un moment la fontaine qui tombe; Mets tes doigts au travers de l'eau, ferme-la bien. Comme un mort qui viendrait te parler de sa tombe, Mes jours vont te parler de l'amour qui les tient.

'tim • ! j\?~>

Tout est sensible

Ils viennent un à un , portant leurs fleurs de fièvre Dans la brûlure avide et sans bruit du jardin. O faiblesse des bras, ô force en feu des lèvres, Blessez- vous au silence arrosé de jasmin.

Tâchez donc de mourir dans le parfum qui souffre, Sauvage âpre et barbare ardeur, cris du sang vif, Vous qui faites de moi le désert et le gouffre, La rose ensoleillée ou l'ouragan dans l'if.

Page 1