DEUXIÈME PARTIE
Je m'en vais an couchant selon ma destinée. Je vais; mon âme est close au soir injurieux^ Et je regarde en paix mon âme illuminée.
Je regarde en silence au jardin glorieux
Que la floraison blanche à tout jamais constelle;
Je regarde et j'étends mes doigts impérieux.
J'étends vers le rosier ma main sacramentelle. Cueillez à pleines mains les roses du tombeau. Cueillez à pleines mains sur la plante immortelle!
Je vais au soir ainsi dans les pas du troupeau. La rose est frissonnante, et je vais dans ma ligne. La rose est à mon sein comme un secret drapeau.
Et mon âme est sacrée. Il m'a plu, quoiqu' indigne,
De me sentir élu par un auguste amour.
La rose est à mon sein; j'ai vaincu par ce signe.
Je suis seul en moi-même et muré dans ma tour. Il est silence en moi comme en un oratoire ; Il est silence en moi, voici pâlir le jom\
Et fai fait en moi-même un geste évocatoire. Le soleil que j'évoque a tout à coup monté; La terre âpre a fleuri, proclamant ma victoire;
Et je cueille à jamais selon ma volonté,
Je cueille à tout jamais dans un divin parterre,
Sous Véternel midi d'un éternel été,
La rose épanouie au jardin du mystère.