SCÈNE XIII
Les Mêmes, ANDRÉ.
ANDRÉ, un peu gris, sortant du boudoir.
hn bien, quelle plaisanterie!... pourquoi souffles-tu les lumières?. .
COLLÉ
Qu’est-ce que c’est que ça?...
* ANDRÉ
Tu veux donc que nous soupionsà tâtons... Clairette?... MADAME TIPHAINE, à demi- voix.
Clairette !...
COLLÉ, do mime .
Clairette !...
MADAME TIPIIAINE.
C’est ma chambrière...
COLLÉ, riant.
Qui a donné rendez-vous à son amoureux...
ANDRÉ, marchant à tâtons.
Ciairette! . .. mais où es tu donc? réponds-moi!... parle-moi!... F,st-ce que tu as peur de ta bourgeoise ?... de madame la greffière... On dit qu’elle est bien jolie !...
MADAME TIPHAINE, à Collé.
Il doit être gentil, ce garçon-là!...
ANDRÉ, riant.
Ah!ab! ali!... mais on dit aussi quelle aurait tort de faire la sévère...
MADAME TIPHAINE, à Collé.
L’insolent!...
COLLÉ, riant.
Il parle sans voir clair !...
ANDRÉ, qui s’est approché de madame Tiphaine.
Ah !... te voilà, enfin... ( Madame Tiphaine étend le bras pour le repousser. — il lui prend la main.) Je tiens ta petite main... il y a si ongtemps que je ne l’ai pressée dans la mienne... tiens, voilà, pour t'être fait attendre... méchante!... (il baise avec ardeur la main de madame Tiphaine.)
COLLÉ
Mais ce gaillard— là se passe très-bien de lumière !...
ANDRÉ
Encore .. encore...
MADAME TIPHAINE, retirant sa main. — A Collé.-
Que faire?... comment le renvoyer!... *
Attends !... attends!... (il s’est levé et passe entre André et madame
ANDRÉ
Mais pourquoi, ne me dis-tu rien?... est-ce que tu es fâchée, Clairette ?... (il prend la main de Collé.) Mais laisse-moi donc ta petite menotte... (il baise avec ardeur la main de Collé, puis 's’arrête tout à coup :) Qui t’a donné cette grosse bague-là, mademoiselle?...
COLLÉ, avec sa voix naturelle.
C’est mon petit cousin...
ANDRÉ, reculant avec effroi.
Ce n’est pas la voix de ^Clairette !... (On entend le roulement d’une voiture.)
MADAME TIPHAINE
Une voiture qui s’arrête à notre porte!... Serait-ce mon mari?...
COLLÉ
Le greffier !... ça s’aggrave !...