‹ Le jargon et JobelinChapitre 14 sur 40 · BALLADE III · texte numérisé non relu

BALLADE III

[Espelicans] 65 Qui en tous temps

Avancez dedans le pogoiz Gourde piarde, Et sur la tarde Desboursez les pouvres nyois; 70 Et pour soustenir voz pois,

Les duppes sont privez de caire, Sans faire haire,

Passages corrigés. — 64. SpeUcans,

Essai de traduction littérale. — Ecomifleurs, — qui en tous temps — buvez dedans les cabarets — bonne boisson — et la nuit venue, — dépouillez les pauvres niais ; — et pour soutenir vos exactions, — les dupes sont privées d'argent — sans se plaindre —

I. Cette pièce n'a rien delà ballade; c'est vitibleoient une chanson, une sorte de rondeau, avec reprise et coda ; le premier vers de chaque couplet est alternativement masculin et féminin ; quant aux cinq derniers vers qui tiennent la place de l'envoi, ils forment un demi-couplet d'une coupe particulière. Les deux premiers vers réunis doivent conipléter un vers de huit pieds. Cette chanson est obscure quant à l'enchatnement des idées; elle ne se comprend mime qu'à la condition de considérer le troisième couplet et l'envoi comme une sorte de réplique aux deux premiers, ceux-ci s'adressa nt à la maréchaussée, et le reste aux voleurs.

IIP BALLADE DE VILLON. ii}

Ne hault braire, Mais plantez ilz sont comme joncz 75 Par les sires qui sont si longs.

Souvent aux arques A leurs marques Se laissent tousjours desbouser Pour ruer 80 Et enterver

Pour leur contre, que lors faisons La fée aux arques [respons;] Et [ruez] deux coups ou trois Aux gallois ; 85 Deux ou trois

[Les mineront] trestout au frontz Pour les sires qui sont si longs.

Et pour ce, benardz, Coquillars,

82. La fée Us arques vous restons; et, dans l'édit. Trcpperel, la fée aux arques, ^ 83. Et rue ; et, dans l'édit. Trepperel, que ruex.

— 86. Ninercnt. — 88. Bernardz, édit. Trepperel.

et sans crier — mais elles sont plantées droit comme joncs

— pour les bourreaux (ou les piliers de la potence).

II. Souvent aux coffres — à leurs enseignes (ou à leurs femmes), — ils (les voleurs ou dupes) se laissent tous dépouiller— pour combattre — et intervenir — pour leur compagnon, alors que nous faisons — l'embuscade aux coffres cachés. — Et vous, ruez deux ou trois coups — aux gentils compagnons. — Deux ou trois — les atteindront tous au front — pour la main si longue du bourreau.

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