‹ Le jargon et JobelinChapitre 9 sur 40 · Sauve, pour sive · texte numérisé non relu

Sauve, pour sive

Sur quatre-vingt-quinze mots d'exemple unique, en voilà donc quarante-huit, c'est-à-dire un peu plus de la moitié, qui ne peuvent plus faire de difficulté sérieuse. Restent quarante-sept mots, qui exigent une discussion plus ou moins approfondie. C'est encore beaucoup pour le chercheur, mais c'est trop peu pour donner Ain caractère spécial au Jargon. Il faut donc reconnaître que la principale difficulté qu'il présente gît dans l'explication d'environ trois cents autres mots qui appartenaient au fonds commun de la langue française au xv^ siècle ou dans les siècles antérieurs. Ainsi le Jargon, vu d'ensemble, est plutôt une langue énigmatique qu'une langue à part, contrairement à l'argot qui lui a succédé et qui forge chaque jour des mots à son usage, moins pour répondre à un besoin nouveau que pour créer des équivalents aux mots de la langue courante , ou pour satisfaire à cet amour du changement qui tourmente les classes dangereuses de la société plus ardemment encore que la masse populaire.

Tout compte fait, voici la liste des mots employés par Villon, soit qu'ils lui appartiennent en propre, soit qu'ils se retrouvent dans les autres textes du même langage, auxquels j'attribue, provisoirement, un caractère jargonnesque :

Page 1