CHAMUEL, ÉDITEUR
29, RUK DE TaÉVISE, 29
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J. de sm.
Ce petit travail, résultat de vieille intimité avec la langue maternelle en ses transformations, entrevu en 1882, entrepris deux ans plus tard seulement et plusieurs fois interrompu, n'a été terminé qu'en mars 1891.
Dès le jour où il fut parachevé, mon premier soin fut de l'envoyer à mon très cher et regretté ami Auguste Vitu, esprit délicat parmi les plus attiquement délicats, savant artiste pieusement épris des maîtres de notre littérature et dont la magistrale Etude philologique sur le Jargon du xv"* siècle, couronnée par l'Académie Française, était venue m'ap-
Ju lumineuse au cours
ivèrenl mes onze ieuilimions tous était déjà ident aux suites duquel Taché à la vie en pleine
amis conservaient l'es-
cette élégante main qui justes et de si bonnes illet qu'il voulut bien 'e seule est de lui.
Paris, 26 avril 1S9I.
ballades avec admiraavec étonnement. C'est ree que d'avoir conservé ccent de l'original en le
» faisant passer de la langue du quinzième » siècle dans la nôtre.
» Maintenant, s?ous demanderez peut-être » pourquoi je ne vous ai pas écrit cela beaucoup » plus tôt. C'est ce que Je cous expliquerai » lorsque f aurai le plaisir très prochain, je » V espère, de vous serrer la main.
» A vous bien affectueusement.
» Auguste Vitu. »
La lettre m arriva le dimanche matin ; à trois heures, j'étais avenue de Wagram chez le très courageux blessé que je trouvai ce jour-là tout vibrant et réellement gai. Au reste, jusqu'à la dernière heure, le doux philosophe parisien conserva son sourire et sa force d'âme.
Toujours indulgent à qui essaye, il voulut bien se montrer satisfait de mon Interprétation et nous causâmes longtemps ou, pour dire le vrai, je laissai le féerique conteur me charmer de ses vues si neuves, si audacieuses quelquefois, si justes toujours. Auguste Vitu
ii'ua critiqne savant, c'était un ipicace, un grand devineur, de la ?e sachant faire jaillir la lumière, passé, insufflant la vie, reconstin texte à l'aide de quelques lam- [ués, un peu à la manière de er.
nous nous séparâmes :
>moi cela, me dit-il. et revenez; (tôt, quand vous voudrez; tenez
li-souriant, demi-douloureux, il
ne trouverez toujours, je ne sors
suivant, malgré son état, il avait u et, avec une bonne (trace où je aisir de me causer une des plus jue j'aie éprouvées :
, il faut une Préface, une préface ]ui en fasse toucher du doigt les te préface, voulez-vous que je vous
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« Voulez-vous » était charmant.
— Alors, entendu, je vous la fais... aussitôt que possible.
Le mal empirait. A la dernière visite que je fis au cher malade, en juillet, pour lui apprendre un petit voyage en Normandie :
— Vous partez, cher ami? Et moi aussi !
Ah ! ce n'est pas, comme je Taurais voulu, Vitu qui fera la préface nécessaire à ces Ballades, non. Non, c'est Marthold.
Vingt jours plus tard, le 7 août 1891, nous le conduisions à Téternel repos.
Et voilà comment et pourquoi, au lieu de la sagace et lumineuse page qu'eût pensée le Maître, vous n'allez lire qu'un froid document dont chaque phrase a été ponctuée du douloureux regret d'une amitié profonde et dévouée.
Et qu'on me veuille excuser si, comme dit Marot à propos du même Villon, «plus y ay travaillé qu'entendu. »
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