CB
— J« me sens tvè»>hta«fé^ mœ !%•, ée cette cottfiiiice. Croyez bion qw jfy répoiMUnL
Le Père Général continua r
<— La première che«e qne je dois vou» dire est celle-ci: Nou» avons pev d» confiance dans DOS Pères français.
Et coHMie le Père vit enrer sur mes lèvres an sourire d'étonnement^ il ajoota:
-^ Ne vous blessez pas de eetle pM^irfe: Nous avona peu de confiance dans nos Planes français. Le caractère de votre nation est tr^ impétueax, trop spontané. La franchisé brusque et involontaire qui foit le fond de la nature- du Français, les boutades incroyables auxqoellen i) s'abaiidonne, les caprices presque féminins qui lui prennent tout à coup, le rendent peu propre a»x grandes affaires, à celles qui demandent un calme absolu, un sang-froid que rien n'émeut, une retenue à jamais impénétrable.
Vous, Père de Sainte-Maure, vous n'avez gardé du Français que votre imagination; vous avez sa la dominer et vous en serez facâement le maître, en avançant à cette heure dans votre âge mér. Ce serait la seule chose que nous pourrions craindre en vous» Vous n'êtes ni capricieux ni emporté, et vous avez suivi cette leçon du sage, trop peu connue au delà des monts: Imposer un frein à sa langue. On vous a mis à l'épreuve, plus que vous ne le pensez; vous avez été initié, bien jeune, à une affaire grave oà l'un des mem-
PAR i/aM 4'^ Ift
tiTM 4e notte Société m IviMiinifl compromis :{ loe iadiMHrélîoii ne- yms eBt jamais édiappéo. La natare ipou» a foil Français, réëaoalîon inaua I eût Jésttite Italien, e'est-à-dire maHre ée voua» -eteiau, ptrséfétant, impiétiélrabia.
Vous ^s lo seul que, depuia longvea années^ Euma asycDS p» mettre dans le secret de l'Ordre^ Certes nous rendons toute justice au mérite, à la lainlalé même de nos Pères français; Eh bient aoBS n'a¥oas jamais été assez sûrs du Père 0..., du Père D..., du Père G..., du Père D..., méiiia de riliustre Père de Rav..., pour les appeler à rinîtiatiosi dernière. Nous ne doutions pas de* leur vertu, de leur attachement à l'Ordre, mais nous tremblions devant* l'inconsistance du caractère aalionaL Cette inconsistance est telle, qu'au moindre blâme, qu'à la moindre remarque des supérieurs, qui parait blessante on injuste, les dignes Pères nous mettent le mardié à la main. Nous De garderons certainement pas le Père D., préditMiteur si distingué, et homme d'une incon^ testable valeur. Il nous glissera un de ces jours (Uns lee mms. Nous ne sommes pas très-sûrs du Père H., et quant au Père de Rav..., dont nul de nous ne ccmteste le beau caractère, il BOUS faut des précautions infinies, des concessions de tous les jours, pour ne pas mettre liors d'elle-même cette nature impressionnable qui étouffe son propre volcan sous les efforts de la sainteté. Nous le ménageons comme un enfant
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H nous fait bien acteter sa gloire et PéclaÉ qa'il rejette sur TOrdre. il faut le dire, il est difficile à un Français :^e bien comprendre Fesprit de la Compagnie de Jésus. Il s'attache trop aux détails et ne voit pas assez l'ensemble. Notre Père de Montgazin, que vous avez beaucoup aimé et beaucoup servi, — et le Père Général, en prononçant ces derniers mots, me regarda avec un fin sourire, — est un de ceux qui nous ont donné le plus de peine à maintenir dans l'Ordre. Un moment d'erreur Ta replacé sous notre dépendance:, nous avons été trop indulgents à son égard pour qu'il songe désormais à nous abandonner.
Tous ces hommes, et je ne vous ai' cité que les plus distingués par le talent, certes sont dévoués à la prospérité de l'Ordre: ils l'aiment, ils le servent Aucun d'eux n'en connaît l'organisation.secrète. Nous les avons laissés, comme l'Ordre tout entier, excepté environ quatre-vingts des Pères, parmi lesquels vous comptez dès ce jour, dans cette complète illusion qu'il n'y a chez nous aucune pensée cachée, aucun plan transmis par nos devanciers, et dont nous avons à léguer la réalisation à nos successeurs.
Vous savez l'article de nos règles (^) qui défend de révéler les secrets de l'Ordre. Il nous a été facile de convaincre tous les autres Pères que ces
(') Jtegulae communes, Regtd. XXXYIH.
PAR l'abbé ♦^ 21
seerets sont les mêmes que ceux de tous les ordres religieux, et qu'il n'y en a pas plus chez nous que chez les Bénédietins, chez les Franciscains^ chez les Camalduies, qui déclarent coupa^ hles d'une grande faute les religieux qui révéleront les secrets de l'Ordre (^).
Cette bonne foi complète de nos Pères, au sujet du mobile par lequel marche notre Société, du but dernier qu'elle veut atteindre, fait notre grande force. Ils vont partout répétant que notre secret n'en est pas un, et ils rient des croyances vulgaires à ce sujet.
Il est bien certain que nous n'en sommes pas à avoir un mot d'ordre, comme toutes les associations antiques, comme les maçonneries et les cbarbonneries modernes, un mot comme celui que Pytbagore donnait à ses disciples: Ne itmchez pas h la f^ve. Des signes de reconnaissance, des mots de passe sont indignes de nous.
Le grand secret de l'Ordre est d'une tout autre importance, et il vous sera révélé. Préparezvous quelques jours encore, en vous fortifiant dans les grandes et généreuses pensées de dévouement, qui font que vous nous êtes si cher. L'œuvre immense que nous poursuivons dans le monde a besoin d'apôtres privilégiés qui en com-
(') ^^Grravisstmae poenae suhjacere eum qui rêvelaverit sécréta Congregationis,^^ (Camalduî. Gonst lib. I, cap. zxvni.)
82 iB MÊ^bstK
prennent b jgpandenr. Vow èk» l'un 4tt «es «{xôtres.
L'entretien se continua, quelques fenaments -e»eore, sur des points d'un intérêt moin* râAevé. Le très-'Révérend me ût oaiiser>, fiit avec moi d'une amabilité parfaite, et me eongédîa -eii me disant:
— Â demain soir. Vous le voyez, «près la prière, quand tous nos Pères sont dans leurs chambres, nous avons une libemé, une sécurité absolues.
Rentré chez moi,^ tout entier à Tétonnenieot de cette entrevue mystérieuse, j'eus de la peine à calmer l'impression vive qu'elle avait fait sur moi. Je pus cependant me dominer et prendre un sommeil nécessaire.
'Tonte ta jom*née dû lendemain se ^assa, pour tnoi,Aans ce mouvement secret de l'àme qui attend, avec impatience, la révélation d'un mystère. Mais le Général m'avait demandé quelques jours; et il était peu probable que, dès le * second 'entreUcB,
PAA lUbbé ^^ 25
idn 4e rûrdne, appelé {hut Juî <ini ^gtand mhcnC fui mis à nu dei^iit mol
ie n'esk étais pas «oins sous le coup de ce ^ne je savais par la •coDYereation de la Teîlle.< fl était donc bien positif, maimteBantf qu'un petit nombre d'initiés, et le très-Révérend avait prononcé le mot, savaient la pensée -dernière de rCMoa. Je comprenais déjà la Compagnie: une vaste Société secrète, dirigée par une aristocratie inbeUigeaiie, poursuivant un but à travero les siècles, et ' ne faisant connaître ce but à aucun de «es menAires, quel que fût ie talent, la vertu, du moment qu'on n'aurait pas de fortes garanties de sa discrétion impénétrable.
J'allais être, après mes longues années d'é* preuves, Van de ces Jésuites du premier grada. £t déjà il était établi, par mon exemple même, ^He ces (privilégiés n'étaienit pas exolusivement des vieillards, mais qu'ils appartenaient à tous les âges, à toutes les .positions dans la Compagnie.
Le Généval régnant était-tl le seul juge de ceux qs'il voMlaii appeler à l'initiation? ¥ avaitil des réimions «dystérieiises de (tous les meœtoes apfttltenaiit aux iplus bauls gnades, ipour admettre jÙsib leur seidB tin nouvel inilié? Bien ne pouvais me ie dire «encore.
£nfiB, affres de vives impatiences que je cberehai en vain à refréner, comme peu dignes d'u'» des graves patriciens de l'Ordre, neuf heures c sair soonèreBt. Le «œur me Jiattait, — héla
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on est bonraie toujours, — tant ma curiosité naturelle était excitée I J'entrai comme la veHle, après avoir frappé^ doucement à la porte du ré- • vérend Père. Je le trouvai à la même place, et je pris le siège disposé en face de lui, que j'avais occupé déjà.
Il m'accueillit avec un sourire:
— M'avez-vous pardonné mes grosses malices contre les Français?
— Votre Révérence ne fait que leur rendre justice.
-=- Eh bienl maintenant continuons. Vous comprenez déjà notre organisation. Ce qui est connu de tout le monde, écrit dans nos Constitutions, développé dans les règles approuvées des •Souverains Pontifes, nos maisons professes, nos noviciats, nos collèges, nos missions, tout cela constitue le côté extérieur de notre Ordre. C'est oomme l'organisation d'une armée, ce qui en représenta la force visible, le côté matériel.
Par la grâce de Dieu, il n'y a pas, dans l'Église, de milice religieuse, même au point de vue extérieur, aussi fortement organisée que la nôtre. C'est le chef-d'œuvre de notre grand saint Ignace et des premiers généraux qui lui succédèrent. Mais lui-même, le grand saint, n'avait pas compris autre chose, en créant son Ordre, qu'une association religieuse pour la gloire de Dieu. U lui revient assez d'honneur de cette 'merveilleuse fondation pour rendre* aussi, à ceux qui Foot
PAR l'abbé ♦♦* 26
remplacé^ Phommage da trait de génie qui les a inspirés. lis comprirent bien vite qu'il ne suffissait pas de faire, comme tous les autres ordres i*eljgieux, vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissanc<9. Beaucoup d'ordres languissent, parce que la séTB primitive a disparu. Tous ont eu la perspectîye étroite de former de bons religieux dans leur sein. Ils ont cfu que cela devait suffire. Dans la Compagnie, il y a une idée plus haute: le religieux n'est pas religieux pour lui-même. Il ne prend pas pour lui le mot du moyen âge: De ceUâ bene custoditâ. Les autres sont les invalides du monde, abrités dans la cellule; nous sommes des soldats préparés pour aller au combat, dans le monde même. Vous voyez la différence.
— Elle est frappante, révérend Père, et je ne l'avais jamais mieux saisie.
— Les autres ordres religieux doivent tomber rapidement en décadence. Il faut les soutenir comme les édifices tremblants, et les appuyer de l'éternel échafaudage des réformes. Tous les cinquante ans, le relâchement vient. C'est à recommencer sur de nouveaux frais. Nous eûmes aussi, très-peu de temps après notre saint fondateur, notre crise de relâchement. Des royaumes entiers, tels que l'Espagne, le Portugal, demandaient notre réforme; nous étions perdus.
Ce fut alors que nos premiers Pères, par un coop hardi, relevèrent l'Ordre et lui imprimèrent
JB 1.K liéfiDRI
4oute 60B wdeiir «ulîtaale. D m AL «d sgdri ' -daas l'Ordre : le h«ul grade, ^MBpUteroeal îgnoit ^ la masse des Pères, fut censtiloé. Dès ce jaiir 4a fléve se remit à circuler plus wmce que Ion de la fondation même.
Mais, moa cbar Père, le trati de génie Ac liit pas de créer chez nous un patriciat suprême,
— une oUgarcliie patente^ au lieu d'être un refloède., eût prédpilé TOrdre dans sa dissoliiiioai,
— mais d'établir oe patriciat de telle sorte que son action se fasse sentir partout sans paraître «uUe part.
Sachez donc, dès aujourd'hui, que nos Pères 4u haut grade ne se connaissent pas entre «ux, ne peuvent pas se connaître. Là est sur^tout l'habileté de cette combinaison. Le Général seul cannait chacun des Pères élevés avant lui ou élevés par lui au patriciat Une petite caisse sceiiée «oiitient leurs noms ; elle est joint aux papiers secrets de 4'Ordre; cette caisse et ces papiers fiont remis, après la mort du Général, à son successeur. De la sorte, rien ne transpire. €baqiue Père •du haut grade correspond a^ec le Général au moyen de lettres chiffrées, ie- vous dévoilerai ce pro^é «nique, complètement inconnu 4e la diplomatie, ^ qui défiera éternellement les regards des bMa- -mes les plus habiles à déchiffrer ces sortes de tel-très. Nous avons ainsi tous les avantages d'iun rgeuvernement aristocratique aai au poumr d'un laeul. Le Général est partout sur le globe, parisiit
^ il 41 un Père cTud iMmtgiiMb, stic àpoatoifiM, 4ÊÊk envoyé en «napcotioiL
ÉtioBoer celte coiflbfaiMSûn, <f est en Mre cotthprendre le jeu admirable. L'oligarchie délibérante peréhraît tout, f^ligarrchie agissante sous la monarchie absolue du généra), est le puissant levier dont la toTtt est constamment en action, comme ces macbiiies eèrayantes ^inventées dans ces derniers temps, 'et qm, aHmtfntées toujours, ne se reposenft jffuais.
Père de Sainte-Manre, voîlà notre grande organisation, le ne crois pas qu*eUe ait été combinée savamment comme toutes les œuvres du génie; elle a dû sortir, d'inspiration, du cerveau de l'un de nos premiers Pères.
Je me suis épuisé, en recherches pour parvenir à savoir quel était celui de mes prédécesseurs à qui était venue cette colossale pensée. Je n'ai rien pu trouver. Les trois ou quatre plus anciens de nos Pères du haut grade n'en savent pas plus que vous.
J'ai encore là quelques vieux papiers, conservés en Russie après notre dispersion, et qui ont été trouvés récemment en Pologne. Peut-être y aura-t-il là*dedans un indice, mais je l'espère peu.
Aime2-vous à fureter dans les vieilles écritures. Père?
— Assez, mon très-Révérend. Après hi mort de mon père, je passai an mois à lire les papier?
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de famille des Sainte-Maure* Il y avait des piètres assez curieuses du quinzième et du seizième siècle, j'avais fini par les lire sans trop de peine.
— Pour moi, ces griffonnages du seizième siècle me fatiguent horriblement.
— Ce sont les plus difficiles à lire, en effet.
— Voulez- vous emporter la liasse? Vous en ferez le dépouillement chez vous. Puis vous me rendrez compte de votre travail. Prenez huit jours pour cela, si c'est nécessaire.
— Volontiers, mon très-Révérend Père.
— Bonsoir, Père, à huitaine; toujours à la même heure, vous entendez I
Je sortis en emportant mon trésor.
Oh ! comme il m'en coûta de déposer sur ma table de travail ces précieux documents, sans y jeter, dès le soir même, un regard de curieuse investigation! Mais il fallait prendre le sommeil exigé par la règle. Je dus rêver, cette nuit, archives. J'étais aux anges.
PAR l'ams *** 29
ni
Esprit de l'Ordre.
Je ne trouvai pas, dans les papiers que m'a^ vait confiés le Révérend Père Général, les rensei^ gnements qu'il espérait: mais je pus me eonvain* cre que pas un événement important ne s'était passé en Europe, depuis le seizième siècle, sans que les Jésuites ne s'y fussent mêlés ; et Ton aurait pu croire que l'Ordre n'avait été créé que pour diriger les événements politiques et les faire converger vers le grand but qu'il s'était toujours proposé: la monarchie universelle, avec le Pape pour chef et les Jésuites pour ministres. Je souffris cruellement, en parcourant ces précieux documents, d'être obligé de constater la pauvreté, je dirai plus, l'indignité des moyens employés, de tout temps, par la Société pour arriver à un but qui DQe paraissait grand alors, et dont je ne croyais pas la réalisation impossible.
Je me promis de garder mes réflexions pour moi, et, huit jours après, je me rendis chez le Père Général.
Le Père Roothaan avait de la majesté et de la réserve. Il m'imposait beaucoup. Cependant jl me mettait à Taise si parfaitement, la faveur inouïe
M tE
par laquelle, au moment de ma profeBakm même, il m'élevait tout à coup au grade éminent de l'Ordre, me prouvait une affection ou du moins une confiance si com'plète, qu'il se fit entre ce vieillard et moi, comme un courant de sympathie douce, au charme de laquelle Je m'abandonnai. Et comme il n'y avait pas risque, en raison de mon: caractère autant que de mon 'éducation au Qeêhy que >e nanquaase aun «ow^iaBces visr^à* vis de hii, il ne tardji pas à s'étaklir, entre nous, tto lien d'intimité* qui me servit admirablement à l'interroger et à avoir de lui, outre les grandes choses qu'il avait à me révéler, miUe détaiia prêtcieiix sur FOrdre, sur les hommes de l'Ordre, sur la situation présente de nos afiiaiires^ sur les rap^ perle avec le Pape, avec les cardinaux , avec la diplomatie de l'Ëupope.
Une choee m'avait d'abord airété.
Comment me prenait^il, moi si Jeune, -^ car obei les Jésuites, à trente-cinq ans on est encore un jeune homme, — de préférence à tant d'au** très pour m/élever au plus h^ut grade?
J'avais un grand nom ; et chez les Jésuites la maxime qu'il me développa hientM : — Se servir des moyens humains, — expliquait qu'il voulût mettre à profit ce prestige.
J'avais apporté un immense héritage à l'Ordre. Cela m'assurait naturellement, parmi mes confrères, cette considération attachée à l'homme qui est un de» bienfaiteurs dévoués de l'Ordra
PAR L'MHMB ♦*♦ 31
ÉMdenBient d^ifiiponiBiiles iiégooîationt.ri&ii«il in<¥tre confiée»; le* trè9-néyéreiid me le faiwl pressentir à toute keure. Tcm^ ceh expliqwiît b» dH>iK de Bft p^rsenne, eiioix qm m'afak paru si bizarre, et auquel je ne compris rien (f abord, pas phi9 qa'à un rê?e que j'auraie eu.
Il reprit la suite du premier entretien^
— Se vous ai expttqué la simplicîté du rouage gouTememental de notre Compagnie. Au Généra, des aides invisibles, ---*- dans le monde en les ap* peilerait de haut» cKgnitaires, — pouvant être partout, correspondant avec lui av moyen de lettrea chi£Érée8, et devenus son œil, s» pensée. La po^ litique humaine a des ambassadeurs et des es** pions. Notre Société a mieux que eeia. Les am*bassadours sont un luxe et l'on se défie d'eux. Le» es|Hons sont utiles, mai» trop souvent ils ne peuvent qu'écouter aux portes. La Société, toute vivante dans son Général, voit par elle-même. Antant que l'homme peut être Dieu et voir toutes choses comme lui , je sais tout ce qui se passe, en ce moment, en Europe et dans toutes les contrées de la terre. C'est la plus grande concentration de pouvoir qui puisse être comprise ici-bas. Le Pape a ses nonces qui lui écrivent des dépê*ches. Pauvres nonces! comme nous les avons joués souvent! Singulières dépêches! Cest nous qui les dictons presque. toujours.
Quand saint Ignace fonda l'Ordre, il avait pour type saint François d'Assise, sainte Claire et tous