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ET DE LA MORT 77 @/2/2/2/2/2/2/8/2/0/2/2/2/8/2/2/2/2/2/2/2/2/R TPE PE /È/E Et vous, vous restez là, spectatrice bienveillante et un peu étrangère, immobile, accoudée comme à votre balcon, regardant nos émotions, de loin, avec vos beaux yeux gris et votre sourire muet. Comme vous êtes calme, calme!
SOPHIE (sans bouger, sans élever la voix.) Oui, le calme, le calme de la douleur sans fond...
LODOISKA, saisie.
Sophie !.… (Silence.)
Qu'est-ce que vous dites 2...
(Silence.)
Qu'est-ce que vous avez dit 2.
(Sophie ne répond pas, ne fait aucun mouvement: mais Lodoïska, qui se penche peur l’examiner, a un brusque élan vers elle.)
LODOISKA
Mon amie, vous pleurez!
(Sophie met sa main sur sa bouche, pour que Lodoïska se taise.)
(Un silence.)
(Sophie cherche son mouchoir, pour essuyer ses larmes. Lodoïska prend le sien et, tendrement, essuie les yeux de Sophie.)
LODOISKA Vous avez de la peine ? Vous qui semblez à tous l'image de la félicité! Vous avez tout. Tous les biens :
l'amour, la renommée, le pouvoir, et
la foi dans cette Révolution, que
votre mari el vous avez contribué à
+ fonder...
D vas ge
SOPHIE, concentrée.
Je n'ai rien.
LODOISKA
Non, non! je ne vous crois pas!
(Sophie lui fait signe de se taire. Denis Bayot s approche.)
DENIS Jérôme ne doit-il pas bientôt rentrer
de l’Assemblée 3
SOPHIE
(rcprend le ton de la conversation.) On ne peut jamais prévoir combien dure la séance. Je l'ai attendu pate
toute la nuit, jusqu’à l'aube”
DENIS R Îl ne semble pourtant pas aujourd'hui que de graves événements...
Mn 0 en D Duo SNA.
CRRRRERRRRRRRRRRERRRRR ER RAR RRR RARE 89 LE JEU DE L'AMOUR eerrrerrerererreererRrerRrRrer ere ere/rRrrrrere
En nos jours, qui peut dire ce qui sera, une heure à l'avance 2
(Dans la rue derrière le mur du jardin, on entend Passer un cortège, musique, fifres et tambours, marche en 6/8, roulement de charrettes, chevaux qui galopent,
cris de foule.) |
CHLORIS
Qu'est-ce encore 2
HORACE
C'est la nouvelle fournée qu’on
mène à la guillotine.
(Il fait le geste tranchant sur son cou.)
CHLORIS (se bouchant les oreilles.)
Je ne veux pas écouter.
(Elle enlève ses mains de ses oreilles, et court vers le jardin.)
CRRRRERRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrRRRrRrree
Horace, allons les voir!
(Elle sort avec Horace.)
DENIS
La charrette passe donc par ici, à présent à
SOPHIE
Oui, la rue Florentin est, ces jours, dépavée.
{Denis sort, par curiosité, à la suite des deux autres.) LODOISKA
(restée, seule, près de Sophie.)
Sophie, je ne vous crois pas !..
Vous avez dit, tout à l'heure.
SOPHIE
Laissons!
LODOISKA Non, non, je vous en prie! Traitez-
moi en amie!
(Sophie lui montre la porte du jardin)
LODOISKA Oui, ce bruit odieux.
(Elle court fermer la porte et revient. On entena encore, mais assourdis, la marche sautillante et les
cris. ) LODOISK A
Dites! Dites-moi!.…. (elle lui prend les mains et les baise) Sophie, vous êtes injuste. ÎN’avez-vous pas eu votre belle part de bonheur 2 Rien n’est venu troubler votre union, votre amour.
SOPHIE, amèrement
Mon amour? Personne ne m'a aimée. J'ai apporté ma jeunesse, ma
force d'espérance, mon besoin de me donner, à un homme que je respeclais, que je respecte, que j admire...
Qu'en a-t-il fait Il m'a sacrifiée à sa foi.
LODOISKA
N'y croyez-vous pas aussi à
SOPHIE Eh ! que m'importe leur foi à Si je l'aimais, si je croyais l'aimer, c'était parce qu'ils l'aimaient, eux, c'étaient eux que j'aimais en elle... Qu'a-t-elle fait d'eux et de moi ?
LODOISK À
(qui cherche à comprendre.)
Eux, dites-vous à
"1 “lé LR POI EU AE BEN 4 AE PÉTER 44
84 LE JEU DE L'AMOUR QRARRRERARARRRRRRRRRRRRRRReRRrerree
SOPHIE, avec emportement.
Je dis que cette foi, je la hais.
Écoutez 1...
(On entend, malgré la porte fermée qui amortit le bruit, une explosion de clameurs et des rires violents. Puis, le bruit diminue, le silence retombe, et Sophie reprend, avec une haine concentrée, à mi-voix :)
SOPHIE
Je les hais, toutes ces fois, chimères hallucinées, auxquelles se donnent les hommes, comme on se donne à un vice, qui dévaste la vie. La vie, elle est là, près de nous, toute simple, et si douce! Il n'y a qu'à se baisser pour.
la cueillir. Et ils sont devenus incapables de la goûter. Leur foi est une manie, un poison qui les plonge dans une hébétude furieuse et mortelle. Ils
RRRRÉ ITR 2000 0e000808080200E rer 28 ET DE LA MORT 85 QRRRRRRRRRRRRRRRRRR EE Re RERRRRRERAPRAR À
mont sacrifiée à elle. Ah! ce ne
serait rien encore !...
LODOISKA
(ses regards attachés aux lèvres de Sophie.) Quoi donc à SOPHIE
Ils se sont sacrifiés eux-mêmes.
Comment ! Votre mari d
SOPHIE Non, ce n'est pas lui.
LODOISKA
Mais alors, qui à
86 LE JEU DE L'AMOUR CRRRRRORRReRR ER eRrRerrerRrerRrerRrerereereeere
SOPHIE (comme à regret, emportée par la passion.) Vous avez entendu. tout à l'heure. Ces malheureux. Ces pros-
crils.…
. LODOÏSKA, étouffant un cri.
C’est l/alléel
(Sophie se lève pour échapper à la réponse. À ce moment, la porte du jardin se rouvre, et Chloris, faisant irruplion, crie -)
CHLORIS Ah! devinez, devinez, qui j'ai vu
sur le char!
(Sophie se détourne; et Lodoïska, du geste, écarte
CHLORIS, très excitee.
Non! Devinez, devinez, à qui maintenant ils coupent le coul. À la
Raison, leur Raison, leur Raison de Saint Eustache, cette grasse petite blonde, à qui ils disaient la messe...
Je l'ai bien reconnue... La Raison, la Raison !.…
DENIS, philosophiquement.
Îl y a beau temps, mon enfant, que la raison a foutu le camp !.….
CHLORIS
Oh1 Voulez-vous vous taire, avec ‘vos vilains mots!
(Ils continuent à s’entretenir, dans le fond du salon, à gauche, près de la porte du jardin, comme s'ils avaient eu le sentiment qu’ils troublaient l'entretien de Sophie et de Lodoïsba. Celles-ci se sont retirées dans le coin opposé du salon, à droite, près de la rampe, à l'abri du grand clavecin, qui leur cache la vue de la porte à droite sur l'escalier. Mais elles sont assises en face de la glace, au mur de gauche, où cette porte se reflète.)
C/2/S/ESe/S/S/È/S/2/2/S/S/D/8S/PSS/ÈSE CSST 2 SES TSSSSCSES/ÈSÈ LODOISK A
(a repris les mains de Sophie et ne les lâche point malgré les efforts de Sophie pour se dégager.) (A voix basse et pressante.)
C’est Vallée 2... Sophie, dites-moi, c'est Vallée à
SOPHIE
(assise, les mains prises, détourne la tête avec douleur.)
Ah! ne me poignardez pas encore, avec son nom |
LODOISKA (lâchant les mains de Sophie, et pénétrée de pitié.)
+ Oh! ma pauvre chérie! Pouvais-je imaginer )... Que je vous plains!
C’est affreux !.… Et nous qui, tout à l'heure, vous retournions, sans savoir, le couteau dans le cœur! Pardon,
RRPRRARERAE AAA ITAATITOTIIOL ET DE LA MORT 89 PRRRRPRRRRRRPERR®
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pardonnez-moi ! Mais qui pouvait se douter? Oui, j'avais bien remarqué naguère votre amitié...
SOPHIE
(à voix basse et passionnée.)
* Je l'aimais. Il m'aimait. Il était foule ma vie. Et j'étais toute la sienne. Je le croyais, du moins. Mais ce n'était pas vrai, puisqu'il est allé mourir pour cette funeste foi. Ah!
s'il s'est sacrifié à cette foi, ne l’ai-je pas sacrifié, ne me suis-je pas sacrifiée aussi à une foi à
LODOISK A
Quelle autre foi, Sophie à
90 LE JEU DE L'AMOUR RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRReRR re rerre re
SOPHIE, avec rancune.
Cet honneur conjugal, que j'ai toujours gardé.
LODOISK A
Sophie, dites-moi tout! Vous n'éliez pas amants à
(avec une exaltation croissante).
Non. Et c'est là aujourd'hui ce qui me désespère! En vain, il me suppliait, et mon cœur me pressait en vain de lui céder. La pensée de Jérôme et de la foi donnée, cette superstition de la fidélité, qui est moins une raison du cœur qu’une habitude, ce qu'on nomme vertu, cette idole sans
yeux, je lui ai tout sacrifié, tout ce que j'aimais au monde. Et maintenant, il est mort. Et maintenant, je l'ai perdu. Et à quoi cela a-t-il servi? À quoi?
(Maintenant, c’est Lodoïska qui tâche de calmer Sophie, dont la voix est peu à peu montée à des accents de douleur passionnée. Elle lui fait signe de prendre garde. Mais le reste de la société, qui est prise dans un entretien animé, ne semble rien remarquer.
Sophie s’est tue. Lodoïska lui parle, à voix basse. On n'entend plus que les voix et les rires du petit groupe des trois amis, debout à l'angle gauche du salon, vers la fenêtre du jardin...)