SCÈNE IX
CARNOT Qu’a-t-il pris 2
IÉROME
Mon acte d'accusation.
| CARNOT Ton acte d'accusateur, ou celui
d'accusé ?
Les deux. J'accuse en ces papiers les abus de la Constitution, et les
despotes qui l’exploitent.
CARNOT
Tu lapides le ciel. La pierre retombe sur loi. te JÉROME
Je le sais. La vérité tue.
CARNOT
Courvoisier, le temps presse. Je le savais, en venant. Mais les choses vont plus vite encore que je n'avais compté. Je ne pensais pas trouver ici les mouchards.
JÉROME
Ce n'est donc pas le Comité de
Salut Public qui les envoie
CARNOT
Le Comité de Salut Public n'a
pas besoin de mouchards. Il lui suffit de tes amis. ;
JÉROME Denis Bayot a parlé?
CARNOT Oui.
‘ JÉROME
Je n'ai donc rien à l’apprendre.
CARNOT
Tu caches ici un ehien de la
Gironde.
BTRRTERRRRRRRRrRRR2eeeR2rre%erreee 209 LE JEU RE L'AMOUR RRRRRRRRRRReRR ETC eTeeereARrrerreerere
JÉROME
Tu n'attends pas que je le livre? M
CARNOT ‘1
Non. Mets-le dehors! Qu'il aille + se faire pendre ailleurs! Je ne viens … point pour te parler de lui. Où qu'il 1 soit, où qu'il aille, la peau de ce misérable ne vaut pas cher, à cette heure. Je viens pour te parler de
loi.
JÉROME
Que veux-tu 3
CARNOT
Courvoisier, tu le sais, tu l'es rendu suspect. Ce n'est pas d'aujour-
PRRRRRRRRrRrRreRRrRrRrr2R8r02888ere20erRee
ET DE LA MORT 2 SPP PPEPR/eR/2 Re R/ 8/2 8/28/8228 2/22 d'hui. Ton attitude incertaine depuis quelques mois, ta désapprobation muette des actes du Comité, ton abstention même, t'ont désigné comme ennemi. On n'a pas eu de peine à déméler tes sentiments cachés. Seuls tes services rendus et l'intervention de Prieur, de Jean-Bon, et de moi, désireux de sauver pour la défense nationale une tête comme la tienne, ont pu le protéger. Maïs aujourd'hui, la coupe est pleine. Le scandale de tes paroles égarées, à la séance de l’Assemblée, ta fuite précipitée, ont fait éclater l'irritation du Comité.
Une scène violente vient de s'y passer. ÎNous sommes débordés. La majorité veut en finir avec la résis-
tance qui se tait, plus pernicieuse que celle qui parle. Elle te donne à choisir : ou bien, tu prendras parti nettement pour les nouveaux décrets, c'est-à-dire contre les proscrits ; —ou tu les rejoindras. Et je suis venu te dire:
tu iras, ce soir, aux Jacobins: tu monteras à la tribune, et tu te prononceras en faveur des décrets. C'est la condition posée à ton salut.
JÉ ROME , avec calme.
Je la refuse. J'en conviens: depuis un an, ma conduite s'est montrée trop douteuse. Et aujourd'hui encore, j'ai manifesté un trouble, qui :’était pas digne de moi. Maïs depuis, des circonstances, qu'il est inutile de