‹ Le jeu de lʹépéeChapitre 1 sur 27 · H PRÉFACE · texte numérisé non relu

H PRÉFACE

que a pratiqué sans parti-pris et sérieusement les deux jeux.

J'ai été témoin des commencements de la méthode dans cette petite salle du faubourg Montmartre où ont passé presque tous les journalistes de la fin de l'Empire.

J'ai vu Jacob en concevoir l'idée, en déterminer, en préciser les règles; je l'ai vu y travailler et la perfectionner pendant deux années. C'est ce qui m'autorise peut-être à écrire celte courte préface.

J'ai assisté aussi aux premiers assauts où le nouveau jeu fut mis à l'épreuve. Il ne manquait pas dès cette époque, même dans la salle de Jacob, de tireurs qui ne pouvaient admettre qu'il y eût pour le terrain une escrime spéciale. Ceux-là, il fallait les convaincre par le fait, par l'expérience du coup de bouton.

Un jour, un des élèves de Jacob, un de ceux qui avaient travaillé la méthode d'épée, fit assaut avec un de ses amis qui ré-

DE M. A. RANC. fii

pétait toujours ce qu'on entend encore dire quelquefois : « Je ferais sur le terrain avec une épée ce que je fais en salle avec mon fleuret. »

Les deux tireurs étaient loin d'être au fleuret de même force. Le premier connaissait bien les armes, mais, en raison de mauvais moyens physiques, il était resté malgré une longue pratique un exécutant assez médiocre. L'autre était un tireiihr très vite et qui, au fleuret, faisait facilement à son adversaire six à trois.

On se mit en garde. Dès le premier engagement, le tireur de fleuret fut tout désorienté par les attaques au bras, à la jambe, à la tête. U n'avait pas l'habitude de protéger ces parties du corps ; il n'y pensait pas^ et fut touché cinq à six fois de suite, avant d'avoir réussi à placer un coup de bouton. Il comprit, et du jour même devint un des partisans les plus décidés de la nouvelle méthode. Depuis, l'épreuve fut

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