‹ Le jeu de lʹépéeChapitre 15 sur 27 · QUESTIONS DE DUEL · texte numérisé non relu

QUESTIONS DE DUEL

L'essai de code de duel fait par le comte de Châteauvillars, outre l'autorité du nom de sod auteur, a l'appui des nombreuses signatures de gens du monde qui l'ont approuvé.

Nul auteur ne peut songer à obtenir isolément une pareille autorité.

Il n'en est pas moins vrai que beaucoup d'amateurs compétents jugent le

livre de Châteauvillars en partie démodé et sujet à certaines critiques.

Nous avons entendu à ce propos dans les salles d'armes de nombreuses et intéressantes discussions. Il nous a semblé utile d'exposer les principales idées qui ont été émises sur la marche d'une affaire, sur le rôle des témoins et des adversaires, et sur divers incidents donnant lieu à ce qu' on appelle des « questions de duel » .

Le duel naît d'une offense ou d'un échange d'offenses.

Par une règle d'équité toute naturelle, l'offensé ou le principal offensé a le choix des armes et, suivant le degré d'offense, a des droits différents, ainsi définis par Châteauvillars.

CONSEILS AUX TÉMOINS. i9o

« L'offensé sans insulte grave choisit les armes qui deviennent celles deTagresseur.

« L'offensé avec insulte grave ou soufflet choisit son duel et ses armes.

« L'offensé avec coups ou blessures choisit son duel*, ses armes, ses distances, et peut exiger que son adversaire ne se serve pas d'armes à lui appartenant, mais il doit, dans ce cas, ne pas se servir des siennes. »

La qualité d'offensé donnant ainsi des droits différents, il devient d'autant plus nécessaire d'apprécier à leur juste valeur

1. Que veut dire « choisir son duel » ? Gela signifie, par exemple, que, pour le pistolet^ on prendra le duel au visé au lieu du commandement, ou bien qu'à Tépée, on réclamera le droit de prendre le gant de salle au lieu du gant de ville.

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la nature des offenses, et, en cas d'échange d'offenses, de savoir quel est le principal offensé. Questions souvent très délicates et d'appréciation très relative.

Comme le dit Châteauvillars, tel homme à qui on dira une grossièreté ne s'en formalisera pas; celui-ci prendra pour une injure grave ce qui n'est qu'une impolitesse.

On s'accorde en général à dire que, au lieu de chercher des règles précises à ce sujet, il faut laisser une très grande liberté d'appréciation aux témoins. C'est à eux de discuter, déjuger, d'après les circonstances de l'affaire. Il y a là, en somme, des questions de bon sens, plutôt que de connaissances spéciales.

Même dans le cas où à une injure il a

CONSEILS ACX TÉMOINS. ^197

éjLé riposté par un coup, on juge souvent trop absolu de dire, comme Cbâteauvillars , que c'est toujours celui qui reçoit le coup qui est l'offensé. Si l'injure a été très grave, et si l'on y a répondu, non par un coup susceptible de blesser, mais par une offense plutôt morale que physique, comme le fait de lancer un gant à la figure, beaucoup estiment que les témoins peuvent encore discuter.

Devant certaines insultes très graves, « un homme de cœur perd patience, et il

serait fâcheux que, provoqué grossièrement par un adversaire peu recommandable, plus exercé que lui aux armes, il perdît forcément le choix des armes pour le fait de lancer un gant à la figure ou parfois même pour un soufflet.

On est d'avis de laisser encore une grande liberté d'appréciation aux témoins sur les questions d'âge, de Validité ou d'infirmité corporelle des deux adversaires, comme sur la question de savoir si, dans certains cas, un adversaire peut être remplacé par un autre, si, par exemple, un fils peut se substituer à son père trop faible ou trojJ âgé pour répondre à une offense et se mettre en son lieu et place, en profitant de ses droits d'offensé.

L'envoi de témoins est souvent précédé, lorsque les adversaires se connaissaient peu ou point, d'un échange de cartes.

Dans ce cas, l'offensé, ou celui qui se croit tel, donne sa carte et demande la

sienne à l'offenseur. Puis chacun se met en quête de deux témoins.

Si les adversaires étaient en relations assez suivies, on conseille souvent à Toffensé ou au principal oflfensé, avanttout envoi de témoins, de faire faire une démarche officieuse par un ami commun, à moins que Toffense n'ait été trop grave.

L'ami commun sera chargé de demander à l'amiable des explications, une rétractation. Venant là à titre conciliant et pouvant discuter les faits avec l'offenseur, — ce que les témoins ne doivent pas faire, — il obtient plus facilement un arrangement sauvegardant la dignité des deux parties. Si cette démarche officieuse ne réussit pas, l'offensé cherche alors deux témoins, mais on lui saura gré

d'avoir fait une tentative de conciliation imposée par d'anciennes relations.

Dès que l'offensé cherche deux témoins, l'adversaire fait bien, de son côté, de prier sans retard deux de ses amis de se tenir à sa disposition.

Les témoins doivent être évidemment des hommes d'une honorabilité parfaite.

On doit les choisir d'un esprit ferme, mais non cassant. L'un d'eux, au moins, doit s'entendre bien aux armes, afin de pouvoir remplir sur le terrain, en cas de duel à l'épée, sa mission souvent si difficile.

Comme l'a indiqué Châteauvillars, pour des raisons aisées à comprendre, un père, un frère, un fils, enfin un parent au premier degré, ne peut être témoin de son parent ni contre son parent.

De même on ne peut choisir ses témoins parmi les personnes atteintes par une insulte collective et ayant demandé réparation, ou qui ont pris part à l'offense collective motivant le duel.

De même toute personne connue pour avoir violé les règles et conditions de duel ou pour avoir autorisé cette violation ne sera pas choisie comme témoin.

Quant à la façon de comprendre le rôle des témoins, qui est si important, deux systèmes assez différents se sont formés au sujet de l'étendue de leurs pouvoirs.

D'après un système soutenu par des amateurs très connus, les témoins, une fois choisis et mis au courant de l'affaire, deviennent maîtres delà situation, arrangent l'affaire ou décident le duel s'ils

veulent et dans les conditions qu'ils veulent. Leur client n'a plus à discuter avec eux, il s'en remet à eux entièrement. De même, pour la direction du combat, on leur attribue un pouvoir discrétionnaire.

Ce système serait excellent, a-t-on répondu, si l'on avait toujours des témoins autorisés, compétents. Mais ceux-là sont bien rares.

Le plus souvent, les témoins ignorent ce que comporte leur mission, ou, s'ils s'en doutent, en tout cas, ils ne sont guère capables de l'exécuter. On sait, d'ailleurs, toutes les épigrammes lancées contre les témoins, à commencer par celle d'Alphonse Karr : « Ce ne sont pas les épées, ni les pistolets qui tuent : ce sont les témoins. »

Non seulement sur le terrain, ils font preuve trop souvent d'inexpérience; même au début de leur mission, très peu savent s'en acquitter d'une façon régulière et sauvegarder les droits de leurs clients. Ils se laissent quelquefois dominer par des témoins plus experts, plus retors, et surtout si ceux-ci ont un nom connu en escrime, les premiers, influencés, craignant de se tromper, hésitent à faire des objections, finissent par se laisser persuader que leur client a tous les torts, qu'il doit accepter telle ou telle condition défavorable, môme lorsque le bon droit est de son côté.

Pour ces diverses raisons, beaucoup d'amateurs préfèrent s'en tenir à la mé-

thode de Châteauvillars, qui ne donne pas un pouvoir discrétionnaire aux témoins et laisse un peu plus de liberté d'action aux adversaires. C'est aussi notre avis.

Chaque adversaire doit pouvoir contrôler, discuter avec ses deux témoins le plan à suivre.

Il doit s'entendre avec eux franchement et complètement sur le fond véritable de raffaire, sur ses motifs réels et apparents, sur les termes où l'on acceptera un arrangement, ou bien, en cas de combat, sur les conditions qu'on croit avoir le droit d'accepter ou de refuser.

On pourra d'ailleurs consulter à ce sujet un homme d'une compétence reconnue. Si les explications franches et

complètes données aux témoins choisis, à qui Ton peut taire, par exception, certains détails privés, le nom d'une femme par exemple, si ces explications ne leur conviennent pas entièrement, si, pour une raison ou pour une autre, ils ne croient pas devoir se mêler de FafTaire, ou ne s'entendent pas avec leur ami sur les conditions dans lesquelles le différend doit se terminer, ils se récusent comme témoins et se retirent sans trahir le secret de l'affaire que leur ami désirait leur confier.

Réciproquement, celui-ci doit pouvoir les remercier, les récuser même, tout en évitant tout froissement d'amour-propre, et même mieux vaut que cette séparation ait lieu tout de suite que plus tard, mieux

vaut que, dès l'origine, il n'y ait pas de malentendu.

Cette liberté d'action n'exclut nullement la confiance que leur client a en leur amitié. Mais ils peuvent se laisser tromper par des témoins plus experts.

A défaut de plus d'expérience qu'eux, il pourra avoir plus d'énergie pour repousser des conditions défavorables, puisque c'est lui qui est en cause, lui qui se bat.

Mais, a-t-on objecté, il manquera du sang-froid, du calme nécessaires, précisément parce qu'il est en cause.

Répondons qu'en général, il faut supposer des gens que la perspective d'un duel n'a pas troublés à un pareil degré.

Dans le cas contraire, il ira de soi que les témoins interviendront davantage,. in-

fluenceront plus que d'ordinaire parleurs conseils la marche de l'affaire.

Dans tous les cas, au surplus, le rôle des témoins reste très important et implique de fort grandes responsabilités dès le début de l'affaire^et surtout sur le terrain.

Une fois les deux témoins constitués, acceptant, ils vont chez l'adversaire et lui font passer leurs cartes avec la mention :

de la part de M. X.

Si l'adversaire ne se trouve pas chez lui, les témoins laissent leurs cartes en disant l'heure exacte où ils reviendront ou en indiquant un rendez-vous.

Lors de leur seconde visite, l'adversaire est-il encore absent : ils le pré-

viennent par écrit que s'ils ne reçoivent pas de lui, dansles vingt-quatre heures, une lettre fixant un rendez-vous, ils considéreront cela comme un refus de témoins.

Le délai pour envoyer des témoins est d'ordinaire de vingt-quatre heures. De même celui pour y répondre. Mais, d'après les circonstances, par suite d'empêchements matériels, les témoins apprécieront s'il ne convient pas de prolonger les délais habituels.

Lorsque les témoins de l'ofiFensé rencontrent l'adversaire, ils lui expliquent de la façon la plus courtoise le but de leur visite qui est d'obtenir une réparation sous forme de rétractation, d'excuses ou de rencontre : quant à discuter

avec Tadversaire les faits qui ont motivé la querelle, ils ne doivent point le faire.

C'est plus tard, avec les témoins de l'adversaire, qu'ils discuteront.

Encore moins doivent-ils tolérer que l'adversaire se livre à des récriminations contre la conduite de leur client.

L'adversaire doit, d'ailleurs, comprendre que c'est affaire de tact à lui de recevoir avec une parfaite courtoisie les témoins de son adversaire et que, par contre-coup, il ne doit rien leur dire contre celui-ci.

Les témoins devraient se retirer si l'adversaire persistait, malgré leurs observations, à discuter les faits, et ils en dresseraient procès- verbal.

L'adversaire n'a qu'à leur dire, sans

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détours, la détermination qu'il prend.

Cette détermination doit être, en général, qu'il constitue des témoins.

On estime qu'il vaut toujours mieux constituer des témoins en réponse à un envoi de témoins, même lorsqu'on trouve la querelle assez peu grave, et qu'on ne juge pas qu'il y ait lieu de se battre. En effet, au cas de refus de témoins, les témoins adverses dressent un procès-verbal constatant ce refus, et c'est d'ordinaire d'un mauvais effet, surtout si le procèsverbal est rendu public.

De plus, l'arrangement amiable se fait avec plus de dignité entre quatre témoins.

L'adversaire qui s'arrange seul avec les témoins adverses paraît quelquefois céder à leur pression.

L'appelé donne l'adresse de ses témoins aux témoins adverses. Ceux-ci écrivent aux témoins indiqués pour demander un rendez-vous.

On convient d'un rendez-vous aussi commode que possible pour tous.

Jamais les deux adversaires ne doivent se mêler aux entretiens des quatre témoins. Et surtout ilg ne doivent pas avoir d'entrevue entre eux.

Les quatre témoins une fois réunis examinent d'abord les motifs réels ou apparents de l'affaire. Us en discutent le fond, examinent s'il n'y a pas eu de malentendu, s'il n'est pas possible d'arranger l'affaire, ce qu'ils doivent faire le plus souvent possible. Dans le cas contraire, ils jugent la gravité de la querelle, les

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torts que peut avoir tel ou tel des adversaires, ou tous les deux réciproquement.

Après ces discussions, les témoins, sauf ceux particulièrement experts à qui leur client s'en est remis entièrement, en réfèrent à lui pour lui communiquer les explications des témoins adverses et pour savoir quelle détermination il faut décidément prendre et dans quelles conditions. On sait que, s'ils ne s'entendent pas avec leur client, ils se désistent de leurs fonctions et que leur client constitue alors de nouveaux témoins.

Voyons quelles différentes déterminations les témoins, d'accord avec leur client, peuvent prendre avec les témoins adverses.

Est-il reconnu qu'il n'y a pas de querelle

suffisante pour motiver une rencontre?

Les quatre témoins le constatent sur un procès-verbal dont une expédition datée et signée est remise à chacune des parties qui, au préalable, en aura approuvé le tout.

Si, au contraire,* il y a eu offense suffisante, il doit en résulter une rétractation ou une rencontre.

Quant aux excuses, cette forme pénible d'arrangement dépend de la gravité de Foffense ; si celle-ci a été très grave et publique, Toffensé peut et doit réclamer alors des excuses, et môme des excuses publiques. La réparation doit être en rapport avec l'offense.

Si un duel a été convenu, on ne doit pas,

une fois sur le terrain, accepter d'excuses.

Le rôle des adversaires et des témoins

serait ridicule de venir jusque-là sans qu'il y ait combat.

Si celui qui veut faire des excuses sur le terrain s'obstine à ne pas vouloir se battre, on le constate sur un procès-verbal.

A plus forte raison ne faudrait-il pas se contenter d'une simple rétractation sur le terrain.

En revanche on admet qu'une rétractation faite à temps est une forme d'arrangement souvent acceptable et que, suivant les circonstances, elle n'entachera pas la dignité de celui qui y consent, surtout si l'adversaire fait, de son côté, certaines concessions.

Les témoins doivent écrire, sur un procès-verbal, la rétractation ou les excuses

faites et déclarer si elles leur ont paru valables, si elles seront rendues publiques ou non.

Une fois que Tofifenseur a fait une réparation de ce genre et qu'elle a été jugée suffisante, il n'y a plus de raison de duel.

Pour qu'il y eût duel, il faudrait alors une nouvelle querelle, une nouvelle affaire ; c'est celui qui voudrait continuer qui , deviendrait alors l'agresseur, et, d'après t l'opinion commune, il n'y aurait pas besoin alors de tirer les armes au sort, malgré l'avis contraire de Châteauvillars.

Arrivons maintenant au cas où une querelle est reconnue suffisante pour motiver une rencontre sans qu'aucun des deux adversaires veuille s'excuser ou se rétracter.

Parfois une question préalable est posée; celle d'un jury d'honneur. Un des adversaires déclare qu'il est prêt à se battre; mais que, ayant des doutes sur l'honorabilité de son antagoniste, il réclame un jury d'honneur, qui devra décider si celui-ci n'est pas indigne de se battre.

Une telle allégation est évidemment très grave, et à coup sûr ne doit pas être formulée sans preuves sérieuses, réelles, contre ceux qui en sont l'objet.

D'ailleurs on a reproché assez souvent à ceux qui réclamaient un jury d'honneur de chercher un faux-fuyant pour ne pas se battre, ou tout au moins un moyen dilatoire.

On estime que mieux vaut en général

ne pas poser cette question préalable. Si vous avez des doutes sur l'honorabilité de votre adversaire, priez vos témoins de faire rapidement une enquête sur son compte, sans qu'il soit question de jury d'honneur. Si cette enquête est défavorable et d'autre part que les témoins de votre adversaire soient eux-mêmes sujets à caution, vous pourrez refuser le duel.

Mais s'il a des témoins réputés honorables , il est couvert par ses témoins, et le refus (le duel de votre part serait mal interprété.

Cette question spéciale ainsi réglée, voyons maintenant ce qui doit se passer lorsqu'une rencontre est acceptée en principe, de part et d'autre. 11 s'agit de la régler.

Les témoins de chaque adversaire es-*

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saieront naturellement de faire prévaloir ses conditions. Il peut arriver qu'ils ne s'entendent pas sur la question du principal offensé ou sur l'étendue des droits que confère cette qualité pour le choix des armes et du duel.

En pareil cas, toujours après en avoir référé à leurs clients, les témoins tireront les armes au sort ou s'en remettront à des arbitres, ou à un jury d'honneur.

Une fois réglées les conditions du combat, les témoins devront les relater sur un procès-verbal.

Ce procès-verbal d'avant le duel est très important et doit être plus détaillé qu'il ne. Test d'ordinaire. On se contente trop souvent d'indiquer quelle est l'arme choisie, si le gant de salle est permis, si

le combat sera arrêté après la première blessm*e. Ce n'est pas suffisant. Il ne faut pas qu'il y ait de malentendu. Il faut qu'adversaires et témoins sachent bien dans quelles conditions l'on se battra.

Non certes que l'on doive établir des conventions compliquées qui achèveraient d'embarrasser des combattants inexpérimentés et particulièrement dignes d'intérêt. Mais il faut pourtant bien qu'adversaires et témoins sachent à quoi s'en tenir sur des questions importantes comme celles de savoir si l'on séparera ou non en cas de corps à corps, si l'jisage de la main gauche sera interdit, s'il y aura des repos et si Ton pourra reprendre du champ.

Indiquer nettement à l'avance, sur le

procès-verbal, les conditions du combat, que les adversaires reliront avant de se battre, c'est une précaution essentielle, pour que le combat se passe correctement et sans surprise injuste.

Quant à la façon dont doivent être réglées les questions ci-dessus, disons d'abord, en général, que tout dans le duel n'est que convention.

On peut stipuler un duel avec masques et brassards ; un duel au premier sang ou allant jusqu'à l'impossibilité matérielle de continuer ; on peut stipuler que les adversaires ne seront pas séparés en cas de corps à corps, sauf incorrections.

Au pistolet, on peut convenir de telle ou telle distance, de tel ou tel nombre de balles. On peut faire en somme toutes

sortes de conventions. C'est affaire aux adversaires de savoir comment ils veulent se battre et de s'entendre à ce sujet avec leurs témoins.

Seulement, les conditions de combat dites (( exceptionnelles » en dehors dès duels dits « légaux » peuvent être refusées même par l'offenseur, comme l'a expliqué Châteauvillars.

D'autre part, les témoins doivent en général ne pas se prêter à des conditions de combat exceptionnelles.

Voici d'ailleurs, sur les principales questions à régler dans le procès-verbal d'avant le duel, les usages généralement admis.

NATURE DBS ÂRMBS

Il y a trois sortes d'armes dîtes légales.

L'épée, lei)istolet, le sabre.

Toute autre arme est de convention réciproque. On pourra convenir, par exemple, que Ton prendra le fleuret, mais Tofifenseur pourra le refuser.

Quant au sabre, tout en le citant comme arme légale, Châteauvillars ajoute : « Le sabre peut même être refusé par l'agresseur, s'il est officier en retraite et qu'il ne soit pas propre à s'en servir. 11 peut toujours être refusé par un individu étant dans le civil. »

Nous avons entendu souvent critiquer

cette faculté donnée àroffenseur de refuser le sabre. Pourquoi cette différence entre le sabre et l'épée? Parce* qu'on en a moins l'habitude dans les salles d'armes ?

Raison de plus à notre avis. Car ce manque d'habitude pourra souvent contribuer à égaliser les chances.

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