CORPS A CORPS
Le corps à corps amène trop souvent, presque forcément, des incorrections. Il dégénère facilement en lutte à main armée, où Ton s'escrime comme on peut, n'importe comment, et où il est bien difficile, surtout à des combattants inexpérimentés, de ne pas faire instinctivement des incorrections graves, résultant par exemple de Temploi de la main gauche.
Des tireurs exercés eux-mêmes ne pourraient pas répondre que, dans les corps à corps, ils ne sortiront jamais des règles de Fescrime.
En tous cas, combattants exercés ou non, tous sont entraînés à continuer
CONSEJLS AUX TÉMOINS. 229
le combat, dans les corps à corps, même après avoir touché leur adversaire.
Il arrive souvent d'ailleurs qu'on ne se doute pas que l'adversaire est blessé.
Malgré ces raisons, il ne faut pas, a priori, proscrire le corps à corps. C'est un incident grave du duel; or, les combattants, en allant sur lé terrain, doivent accepter l'éventualité d'incidents de ce genre.
11 est d'ailleurs très difficile de bien séparer les deux adversaires en cas de corps à corps; les témoins feront donc bien de ne pas consentir à une interdiction de parti pris du corps à corps, interdiction qu'ils ne sont pas sûrs de pouvoir matériellement faire respecter.
Cependant, tout n'étant que convention
dans un duel, les témoins, d'accord avec les adversaires, sont évidemment libres de convenir que Ton arrêtera les corpsàcorps.
Bien entendu, quelles qu'aient été les clauses du procès-verbal, les témoins doivent, si le corps à corps amène une incorrection, essayer alors, coûte que coûte, de l'arrêter. Il y a là force majeure. Nous indiquerons par la suite quels moyens ils devront employer.