OU DE LA MAIN DROITE
s*iL s'agit d'un gaucher
La question est bien entendu de savoir si l'on peut écarter Tépée adverse avec
cette main. Quant à la saisir^ il n'y a pas de discussion, c'est absolument inadmissible.
La parade qui consiste à écarter le fer de la main gauche, n'est certes point à conseiller : elle constitue un désavantage pour celui-là même qui l'emploie, parce qu'elle Tamène à se découvrir et en même temps gêne l'action de son bras droit. '
C'est ce qui en a fait bannir l'emploi dans nos salles d'armes, où elle a été si
longtemps enseignée. (Consulter Oomard.)
Dan^ un duel, l'opposition de la main gauche a d'autre part cet inconvénient que celui qui écarte le fer est tenté de le saisir en même temps. Il faut éviter d'en donner l'occasion, d'autant plus qu'il serait souvent difficile aux témoins de
s'apercevoir si le fer a été saisi ou simplement écarté.
Pour ces raisons, en somme, mieux vaut proscrire l'emploi de la main gauche, et nous ne conseillons à personne, qu'on soit tireur exercé ou non, de réclamer le droit de parer avec la main gauche sur le terrain.
Cependant, comme tout dans un duel n'est que convention, on pourra % la rigueur admettre cette parade dans une clause du procès-verbal. 11 faudra une clause expresse : en cas de silence du procès-verbal à ce sujet, il nous semble que la parade de la «lain gauche est implicitement proscrite.
Ajoutons que, dans le cas où on l'admettrait, il pourait être utile d'employer
des gants garnis de telle façon que la main gauche ne pût se refermer et saisir Fépée.
Quant à attacher le bras gauche, comme on Ta^ proposé, nous ne connaissons pas d'amateurs qui consentiraient à combattre dans ces conditions.
Telles sont les principales conventions à établir pour le duel à Fépée.
Toutes les conventions que nous venons d'indiquer sont applicables au duel au sabre. On ajoute parfois au sabre cette convention spéciale, que les* coups de pointe seront interdits. En pareil cas, on fait usage de sabres à bout arrondi.
Nous ne conseillons pas d'adopter cette convention exceptionnelle, qui •en tout
cas peut être refusée même par l'offenseur. Nous le conseillons d'autant moins que les coups de pointe sont, avons-nous dit, très pratiques dans le duel au sabre.
Quant aux conventions spéciales du duel au pistolet, nous les traiterons à part.
Une fois les conditions du combat bien réglées, les témoins les indiquent nettement dans le procès-verbal qui est communiqué aux adversaires.
Les témoins doivent ensuite se mettre en quête du terrain et des armes, dès la veille du duel.
Sans ces précautions, on s'expose à des retards très fâcheux pour tout le monde, quelques minutes avant le combat et
devant les adversaires. Mieux vaut de toutes façons que le terrain ayant été recojinu la veille, et les armes bien choisies, les adversaires puissent engager les épées cinq minutes au plus tard après • l'arrivée au rendez-vous.
On doit choisir un terrain plan, assez large et surtout assez long. Il est bon, avonsruous dit, que les adversaires aient chacun vingt-cinq ou trente mètres derrière eux. 11 faut qu'il y ait aussi peu que possible de cailloux, de sablé, d'herbe, d'obstacles quelconques gênant la marche et pouvant faire glisser. Enfin, en cas de soleil, il faut rechercher un terrain ombragé.
Dès la veille également, les épées doivent avoir été vues par les témoins.
Elles doivent être bien maniables, à
poids bien réparti, à coquilles de dimensions régulières, pas trop lourdes. On adopte comme longueur ceDe du fleuret n* 5 ou à peu près.
Elles ne doivent être ni tranchantes, ni ébréchées.
Peu importe qu'elles aient servi quelquefois, pourvu qu'elles n'aient que de légères éraflures.
Au bout d'une minute de pombat, une épée neuve peut d'ailleurs être éraflée.
On doit s'occuper encore dès la veille de choisir le directeur du combat.
Cette direction doit être confiée à celui des témoins qui est le plus expérimenté, le plus marquant, ou en cas de contestation à ce sujet, au plus âgé.
Si deux témoins adverses sont d'une
compétence connue, on peut d'ailleurs admettre que tous deux dirigeront ensemble le combat.
S'il n'y a qu'un seul directeur du combat, il devra naturellement être d'une impartialité parfaite entre son client et Fadversaire de celui-ci.
D'ailleurs, sans avoir le même titre, les autres témoins seront là pour contrôler la mission du directeur, pour l'appuyer ou le contrecarrer au besoin. Us ne devront point se borner à un rôle passif où ils sembleraient se désintéresser du combat.
Ajoutons que l'intervention du directeur du combat dans les duels civils, ne doit nullement être comparée à celle du maître d'armes dans les duels militaires.
apporter sont également tirées au sort.
Cela fait, on indique à chaque adversaire sa place. Tous deux doivent bien regarder devant et autour d'eux, se bien rendre compte de la nature du terrain et des obstacles^ où ils pourraient être acculés.
Puis on leur dit d'enlever ce qui peut parer un coup d'épée. On leur fait déboutonner le col, mais on laisse garder tout ce qui n'est pas un obstacle à la pointe de l'épée, comme les gilets de flanelle et les chemises.
Peu importe que la chemise soit empesée ou non; on recommande souvent aux combattants de la prendre très empesée parce qu'elle peut parfois faire ghsser la pointe de l'épée. Mais il vaut
mieux avoir une chemise empesée comme à l'ordinaire, ou même non empesée pour n'être pas gêné dans ses mouvements.
Tout ce qui peut parer un coup d'épée devant être enlevé, on ealàvera les ceintures et les bretelles. On doit déclarer si Ton a un bandage, et en pareil cas, c'est affaire d'appréciation aux témoins.
Ceux-ci visitent chaque adversaire, le tâtent rapidement pour s'assurer que sous sa chemise rien ne le protège d'une façon déloyale.
Tous ces préliminaires doivent être faits rapidement, mais sans négligence.
Une fois ces précautions prises et les deux adversaires en tenue de combat, le directeur du combat les fait met-
tre à sept ou huit pas ou méme^ un peu plus loin, en face l'un de Tautre.
Il se met un peu sur le côté, ayant près de lui un témoin de Tadversaire de son client. En face d'eux, de l'autre côté des adversaires, devront se tenir les deux autres témoins. C'est à cette condition que l'on pourra bien suivre le duel et le surveiller.
Le directeur du combat va à chaque* adversaire et lui remet une épée. Il leur rappelle qu'ils ne doivent pas commencer le combat avant qu'il ait dit : « Allez, messieurs ! » et d'autre part qu'une fois les opées engagées, ils devront s'arrêter s'ils entendent le commandement de « Halte ! »
Il leur rappelle également qu'ils ne doivent pas parler pendant le combat, sauf pour
demander un repos, si cela a été convenu.
Après quoi, d'ordinaire, il leur dit de tendre le bras, prend les extrémités des deux épées, les rapproche pointe à pointe, où à une petite distance Tune de l'autre, et après avoir regardé si les deux adversaires sont prêts à tomber en garde, il dit : « Allez, messieurs! » et lâche les épées*
Mais il vaut mieux, à notre avis, afin d'éviter une surprise, mettre les adversaires tout à fait hors de portée, avant de dire : « Allez, messieurs ! »
Le combat commence. Au signal de :
a Allez, messieurs 1 » chaque adversaire fera bien de tomber en garde en arrière, ou même de rompre d'un pas pour éviter une surprise si l'on n'a pas pris la pré caution indiquée.
Pendant le duel, le directeur et les témoins, placés comme il a été dit, restent à une distance de cinq à six pas des combattants. Us se rapprochent au besoin lorsqu'il leur semble que leur intervention va devenir nécessaire.
Dans quels cas et comment interviendront-ils?
Us interviennent non seulement en cas de blessure, mais en cas : 1** de désarmement, 2'' de bris d'épée, S"" de chute, 4° d'acculement accidentel, 5* de repos à donner, 6° de corps à corps, s'il a été convenu qu'on séparerait en pareil cas, 7° lorsqu'il se produit une incorrection quelconque.
Avant d'examiner ces divers cas, voyons de quelle façon l'intervention se fera
Les adversaires ont été sans doute prévenus qu'au commandement de « Halte ! »
ils devront s'arrêter.
Mais ce commandement n'est pas suffisant. Dans le feu de l'action, un combattant pourrait continuer tandis que l'adversaire se serait arrêté.
Mieux vaut en somme que le commandement de « halte » soit appuyé d'une intervention efifective du directeur du combat seul ou aidé d'un témoin.
C'est là surtout la partie difficile de leur rôle, et en particulier dans les corps à corps.
Sans compter les dangers qu'on peut courir à séparer les épées dans un corps à corps fougueux, il est à craindre, si l'on s'y prend un peu maladroitement, de
24rt CONSEILS AUX TÉMOINS.
n'arrêter qu'un des adversaires. Quelle responsabilité pour le témoin, si l'adversaire non arrêté donnait alors un coup à son adversaire, le blessait ou le tuait !
C'est évidemment pour cette partie de sa mission qu'un témoin doit particulièrement avoir une force, une compétence réelle en armes, et savoir d'autre part la mettre à profit avec décision et présence d'esprit.
Si du côté de chaque adversaire il se trouve un témoin expérimenté, ces deux témoins devront s'entendre et se charger d'arrêter chacun un des combattants, dans le cas surtout où il faut, coûte que coûte, essayer de les arrêter, c'est-à-dire lorsqu'une incorrection se produit.
Chacun d'eux saisira le bras d'un des
combattants, ou enlèvera son épée avec ' une canne ou simplement avec la main
S'il n'y a qu'un témoin vraiment expert, chargé seul de diriger le combat, il s'y prendra de diverses façons pour séparer les deux adversaires : tantôt il verra s'il peut enlever les épées en s'aidant d'une canne ; tantôt il saisira le bras de chaque adversaire, ou bien d'un côté opposera avec le bras gauche, et de l'autre, saisira avec la main droite le bras ou l'épée d'un des combattants.
Examinons maintenant chacun des incidents qui peuvent se produire pendant le combat et motiver une intervention.