‹ Le jeu de lʹépéeChapitre 27 sur 27 · APRES LE DUEL · texte numérisé non relu

APRES LE DUEL

Une fois le duel terminé, les témoins doivent en faire un procès-verbal séance tenante ou presque aussitôt

Ce procès-verbal doit être très bref, mentionner rapidement le jour, l'heure, l'endroit du combat, le nombre des reprises, le résultat et les incidents principaux qui ont pu s'y produire.

Il ne doit pas contenir d'appréciation sur la conduite des combattants, mais simplement constater les faits. La mention que l'honneur est satisfait est jugée inutile.

Le procès-verbal doit être signé par les quatre témoins.

Mqjs il arrive parfois qu'ils ne peuvent s'entendre et que les deux témoins de chaque adversaire font séparément un procès-verbal. C'est tout à fait leur droit, seulement dans le cas où deux témoins écrivent contre l'adversaire de leur client un procès-verbal pouvant entacher son honneur, les témoins adversaires apprécient s'ils ne doivent pas protester contre certaines allégations, et dans quelle mesure et de quelle façon. Leur protestation

n'empêchera pas celle de leur client ;^mais Ils doivent prendre les devants, et le couvrir absolument.

Une fois le procès-verbal signé d'un commun accord par les quatre témoins, comme c'est le cas le plus fréquent, aucun d'eux ne doit désormais donner isolément des renseignements qui puissent modifier en quoi que ce soit le procèsverbal, et sous aucun prétexte.

Ce qui a été dit sur le rôle des témoins pour le duel à l'épée est naturellement applicable pour le duel au pistolet.

La nature des conventions à établir diffère seule dans les deux cas.

Il y a plusieurs formes de duel au pistolet ; la plus usitée est celle du duel au commandement.

Rappelons que dans ce duel le témoin J

directeur du combat, une fois les adversaires placés et les armes à la main, leur demande : « Êtes-vous prêts ? » et sur leur réponse affirmative, commande « Feu!

Un, deux, trois », en frappant dans ses mains. Sous peine de commettre une sorte d'assassinat, ou de tentative d'assassinat, les adversaires ne doivent pas tirer avant le commandement de Feu ! ni après celui de : Trois.

Les commandemeuts sont d'ordinaire prononcés assez vite ; Fintervalle doit en être réglé d'avance entre les témoins.

La distance habituelle, pour le duel au commandement, est de vingt pas. Le minimum est de quinze pas. Encore les témoins doivent-ils hésiter à y consentir.

On convient d'ordinaire que les adver-

saires échangeront deux ou quatre balles.

Le duel au visé, employé plus rarement, se règle de différentes façons. Bien entendu, les adversaires ne doivent pas viser trop longtemps. Il y aurait une sorte de barbarie à laisser un combattant qui vient d'essuyer le feu de son adversaire et qui désormais n'a plus à le craindre, retarder son tir d'une façon indéfinie. Si cependant le premier avant de tirer a visé longtemps, il ne faut pas trop presser l'autre .

Au surplus, Châteauvillars propose de fixer à une minute l'intervalle de temps pendant lequel les deux adversaires doivent viser et tirer à partir du signal.

Tous deux doivent pouvoir le faire en même temps ; du moins, cela semble pré-

férable. Châteauvillars admet le duel à tir successif. Les combattants tirent d^ns ce cas l'un après l'autre, soit que le sort ait fixé la primauté de tir, soit que l'offenseur l'ait cédée à l'offensé. Mais on estime qu'une convention de ce genre n'est pas à conseiller et peut être en tous cas refusée même par l'offenseur. En effet, il n'y a vraiment combat que si en même temps les deux adversaires peuvent tirer l'un sur l'autre.

Ajoutons qu'en cas de duel à tir successif, d'après Châteauvillars, le combattant qui tire le second a une minute pour riposter à partir du moment où son adversaire a fait feu, et même deux minutes s'il a été blessé.

On peut convenir que le duel au visé

se fera de pied ferme ou en marchant. Par exemple, les adversaires seront placés à trente-cinq pas, avec la faculté d'avancer chacun de cinq pas. ,

Cette double marche en avant achève de donner au duel l'apparence d'un véritable combat.

On convient d'habitude, comme pour le commandement, que les adversaires échangeront deux ou quatre balles. Quant à la distance dans le duel au visé, elle est d'ordinaire de vingt-cinq pas.

Nous ne parlerons pas des autres conventions admises parfois, mais exceptionnelles et compliquant inutilement le duel au pistolet. Il faut évidemment s'abstenir de conventions comme celle d'après

laquelle un seul pistolet serait chargé et les armes tirées au sort. Il n'y a plus alors de combat.

Une fois les conditions du duel réglées et le procès-verbal terminé , les témoins s'entendent pour la direction du combat. Cette direction sera confiée, comme pour le duel à Tépée, au plus expérimenté des témoins, au plus marquant ou au plus âgé ; il devra être d'une impartialité absolue entre les deux adversaires , impartialité que doivent d'ailleurs contrôler les autres témoins.

Dès la veille également, les témoins doivent s'occuper de choisir des armes et un terrain.

En général les armes doivent être inconnues aux combattants.

Elles doivent appartenir à la même paire. Le guidon doit être fixe. Par exception, d'après Châteauvillars , il pourra être admis que chaque combattant se servira d'une arme lui appartenant mais à condition que les pistolets ne diffèrent pas en longueur de plus de trois centimètres et qu'ils soient du même calibre.

Une fois les pistolets choisis, les témoins les mettent dans une boîte scellée qu'on n'ouvrira que sur le terrain.

Pour plus de sûreté, et à cause de l'importance capitale du chargement d'où dépend la précision du tir, on ne doit charger les armes qu'au dernier moment, sur le terrain, et c'est un témoin, désigné par le sort ou par une convention préa-

lable, qui doit charger les armes, en présence des autres témoins. Il aura eu soin de flamber les armes, en faisant partir une capsule, puis une charge de poudre à blanc, afin de dégager le canon.

La veille du combat, un ou deux témoins ont dû se mettre en quête du terrain. Il faut le choisir de telle sorte que nul objet matériel, nul arbre, nul buisson, aucun mur ne puisse servir à régulariser le tir d'un adversaire plutôt que de l'autre.

Une fois sur le terrain, on tire les places au sort, d'avantage égal, autant que possible, et choisies de façon qu'aucun adversaire ne soit en face du soleil ou du vent. Les combattants enlèvent ou gardent leur pardessus, à leur volonté. Ils gardent d'ordinaire leur coiffure. On leur permet

toujours de relever le col de la redingote pour dissimuler le point de repère que formerait le col blanc delà chemise — cible plus commode que des étoffes sombres.

Les. témoins visitent rapidement les adversaires, qui ont dû enlever tout objet pouvant arrêter une balle, leur portefeuille, leur montre, leur porte-monnaie ou même des pièces de monnaie.

Après quoi le "directeur du combat fait placer les deux adversaires et leur remet les pistolets tout armés (1).

Il se retire ensuite par côté avec les autres témoins, puis commande simplement : « Tirez ! » s'il s'agit d'un duel au

(4) Parfois on les remet au cran de repos, il faut alors commander : « Armez I » avant de commander le feu.

visé. Pour le duel au commandement, comme nous l'avons déjà indiqué, il dit :

« Êtes-vous prêts? » Et, sur la réponse affirmative des adversaires, commande :

« Feu ! Un, deux, trois ! »

Mieux vaudrait d'ailleurs, à notre avis, supprimer la question « Êtes-vous prêts ? »

et dire : « Attention.., Feu! Un, deux, trois! », afin d'éviter aux adversaires d'avoir à répondre, à dire un seul mot les armes à la main.

Sitôt écoulés les intervalles de temps fixés pour le duel au visé, ou sitôt prononcé le dernier commandement, le directeur du coml)at et les témoins s'efforcent par tous les moyens, au besoin, d'arrêter les adversaires, et de les empêcher de tirer. Puis ils voient s'il y a blessure.

Lorsque les adTcrsaires doireat échanger encore une balle, le directeur du combat les fait plac^" et fait recommencer le combat conmie précédemment.

EIn ce qui concerne les violations des règles ou des conventions du combat le directeur et les autres témoins ont, conune pour le duel à Fépée, le devoir d'apprécier s'ils arrêteront ou interrompront seulement le duel, après avoir fait les observations voulues.

Mêmes règles également que pour le duel à Fépée, quant à la façon de rédiger le procès-verbal après le combat.

Pajïes

PréfacedeM. Rang i

— DE M. Paul de ('assagnac. . . xiii

— DE M. Anatole de la Fouge . xxvii

Introduction 1

Première leçon %i

Mise en garde. — Tenue. — Notion de la distance. — Marches et contre marches. — Appels. — Sauts. — Attaques sur la partie la plus rapprochée en partant de l'engagement de quarte. — Parade de contre de quarte. — Riposte directe à la poitrine.

Deuxième leçon 68

Attaques sur la partie la plus rapprochée en partant de l'engagement de sixte. — Redoublements. — Parades de quarte et contre de quarte. — Ripostes après ces parades. — Parades de sixte et ripostes. — Reprises d'attaque sur la partie la plus rapprochée.

Troisième leçon 76

Ligne basse. — Parades de seconde, contre de seconde et de septime. — Ripostes après ces parades. — Parades de seconde et sixte, de seconde et quarte. — Ripostes après ces parades. — Ripostes par redoublement au bras. — Retirements du bras ou de la jambe. — Coups d*arrét à la tète.

Quatrième leçon 87

Attaques au corps. — Double battement tiré droit, en partant de rengagement de sixte ; menace-croisé de seconde, en partant de rengagement de quarte. — Emploi de ces coups en reprises d'attaque. — Parades de double contre de quarte, de contre de quarte et sixte, de contre de quarte et seconde ou septime. — Parades suivies de battements ou de croises.

— Ripostes après ces diverses parades.

Cinquième leçon 103

Contre-ripostes directes.

SlXIKMELEÇON 111

Ripostes et contre-ripostes composées.

Septième leton 114

Feintes combinées avec divers mouvements.

Pages.

Huitième leçon. . • 123

Manière de combattre certains jeux irrëguliera. — Différences de taille.

Observations sur le jeu des gauchers. 141

Cas particuliers 147

• Leçon de terrain pour ceux qui, à la veille d*un duel, n*ont jamais fait d'armes. — Ce qu'on peut apprendre en plusieurs leçons. — Conseils à donner, la veille d'un duel, aux tireurs exercés au fleuret et non au jeu d'ëpée.

Observations sur le jeu d*un tireur d'épbe fort 164

lo contre un adversaire faible ou médiocre; 20 contre un adversaire de force à peu près égale ..

Duel au sabre. 171

Duel au pistolet. • • . 183

Conseils aux témoins. — Marche d'une

• AFFAIRE. — Questions de duel 193

Nature des armes 222

Emploi du gant de ville ou du gant de salle . 223

Repos pendant le combat. — Reprises 224

Faculté de reprendre du champ en cas d'accu-

lement 226

Corpi à corps 2i>8, 253

Emploi de la main gauche pour parer (ou de

la main droite, s'il 8*agit d*UQ gaucher) 230

Sur lb terrain 239

Désarmement 248

Bris d'ëpée 250

Chute. . . , 250

Acculement 251

Repos et reprises du combat. 252

Violations des règles et conventions du duel. 254

Blessure 257

Après lb dubl 259

Conventions du duel au pistolet .... 263

Paris. - Typ, G. Chamorot, 19, run Ap% Saints-Pères. ■ 20963

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