‹ Le Jeune Henri, suivi de La colombe [microforme]Chapitre 2 sur 27 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Le soin des enfants est une occupation digne des anges.

Au commencement du siècle dernier, il y avait, . non loin de la grande forêt de B“*, un antique et superbe château, habité par le comte Frédérie de la Rochéne et la comtesse Adélaïde, son épouse. Hs n’avaieàt qu'un seul enfant, nommé Henri, petit garçon plein de gentillesse et beau comme un ange ; aussi le chérissaient-ils au delà de toute expression. .

Mais avant que cet enfant sût prononcer le aux nom de père, la guerre éclata, et le noble comte fut cbligé de quitter sa famille pour se rendre à l’armée: La bonne comlesse resta seule avec ses. domestiques dans le château ; le petit Henri devint alors le seul objet de sa tendresse et son unique consolation au milieu de la solitude où la laissait l'absence de son époux. Elle résolut de se vouer tout entièrè à l'éducation de cet enfant chéri, ot ses vœux appelaient sans cesse l'heureux moment où, “volant à ia renconire de son époux, elle jui présenterait leur fils grandi et embelli,

LE JEUNE HENRI - !! ‘Un soir, la comiesse était dans sà chambre, assise : ‘tenant son enfant sur ses gencux; la bonne, : nommée Marguerite, amusait le petit Henri et lui présentait, en folâtrant, quelques fleurs nouvellemént cueillies. L'enfant étendait- ses petites mains __ Pour saisir ces fleurs, et souriait, La mère souriait : aussi, et jouissait de la joie naïve de son cher petit : Henri. Tout à coup un des domestiques qui avaient : “accompagné le comte Frédéric à l’armée entra dans … l'appartement, et apporta la triste nouvelle que soi maire, dangereusement blessé, demandait à voir : son épouse avant son dernier moment, qui ne paraissait pas éloigné, À ces mots, la pauvre comtesse devint pâle comme Ja mort et fut tellement saisie, qu'il lui resta à peine la, force de soutenir son enfant. Le messager tâchà de la rassurer en lui donnant l'espoir que le comte . pourrait se rétablir; mais il ne put lui cacher que le danger était imminent, et gu’elle serait obligée de partir sur-le-champ, et de voyager ,nuit et jour, si elle voulait être sûre de trouver :son époux encore en vie. La comtesse résolut de ne pas perdre une minute. Elle embrassa son fils en versant des larmes . mères. ‘ Mon bon petit Henri, s'écria-t-elle tour éplorée, hélas !' tu ne peùx comprendre encore le désespoir de ta mère, Pauvre enfant ! tu perdras ton père avant de l'avoir connu. Ah ! mon cœurse brise à l'idée de me séparer de foi; mais il est impossible de l'emmener dans ce long et pénible voyage, su milieu des horreurs de la guerre.

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Uy-moment seul, pas même pendant son sommeil, Fais comine si j'étais toujours présente ; donne-lui les mêmes soins et la même attention. Tous les matins surtout, lorsqu'il fera beau, tu lui feras respirer l'air pur en le Promenant dans le jardin. Chante-lui souvent une peüte chansonnette, parle lui sans cesse, montre-lui souvent des fleurs ou d’autres objets agréables, mais ne lui’ laisse jamais entre les mains rien qui soit capable de le blesser.

Je pense bien que tu’ ne lui feras jamais le moindre‘ * mal, et j'espère que tu supporteras avec palience s les petits défauts de son âge. Le soin pes ENFANTS ‘À

BST UNE OCCUPATION DIGNE DES ANGES : sois l’ange lutélaire de mon fils. J'ai recommandé à Marthe, la femme de charge, en lui confiant le soin de toute la maison, de veiller aussi à ce que lu suives ponc-

tuellement toutes les instructions que je viens dete .

donner, et de m'en rendre compte, Promets-moi de ne jamais rien oublier de ce que je viens de te recommander, pour que, du moins à cet égard, je Puisse être tranquille. A mon relour, si (u me pré-

senles mon enfant gai et bien portant, tu peux être :

sûre que je te récompenserai de tes soins.”

Marguerite promit tout. La comtesse embrassa :

son enfant, le bénit ; puis, l'ayant rendu à sa bonne,

elle descendit dans la cour, où l‘entourèrent tous ie ses domestiques éplorés. Enfin elle monta en voiture, …

et partit à l'entrée de la nuit, malgré la pluie qui : tombait par torrents. ts

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