CHAPITRE Il Enlèvement d'Henri
Marguerite, jeune paysanne pauvre et orpheline, avait l'âme aimante et pieuse, l'humeur douce et — gaie, et la fraîcheur de‘ son teint‘annonçait la santé etl'innocence. La réunion de ces avañlages avait déterminé la comtesse à‘se l’attacher en qualité de bonne d'enfants. La jeune fille était bien résolue à suivre ponctuellement les instruétions desa mattresse, car dans la comtesse elle chérissait une bienfaitrice. La reconnaissance exaltait son zèle, et elle se : complaisait à prodiguer les plus tendres soins à cet aimable enfant, en qui-elle honorait son futur maftre.
Un jour, Marguerite tricotait auprès du joli berceau où dormait Henri, et sur lequel elle avait réuni des roses et d’autres belles fleurs, afin qu’à son réveil les premiers regards déce cher enfant rencontrassent des objets agréables. Une gaze blanche et légère le défendait de la piqûre des mouches, età travers ce tissu transparent ses joues rondes et vermeilles paraissaient plus fraîches encore que les roses dont
une si tendre sollicitude l'avait entouré.
Tout à coup une troupe de musiciens ambalants +e fit entendre devant la porte du château. Les do- ‘ mestiques accoururent, et, profitant de l'absence de leurs maîtres, conduisirent ces étrangers dans une salle basse, où l'idée leur était venue soudainement de se procurer, ce soir même, le double plai- “sir de la musique et de la danse, Marguerite aimait