‹ Le Jeune Henri, suivi de La colombe [microforme]Chapitre 26 sur 27 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Un bienfait n'est jamais perdu.

A Hohenbourg, Rosalinde et Emma attendaient toujours des nouvelles avec la plus vive inquiétude. Dix fois par heure, Emma montait l'escalier qui sonduisait à la plate-forme de la tour, pour voir si le messager ne venait pas ; mais quand après midi passé on ne vit rien arriver, l'espérance s’évanouit peu à peu, et fit place aux plus terribles craintes.

PR SE io

LA COLOMBE ‘es

Enfin, vers le.soir, Emma étant encore une fois remontée sur la plate-forme aperçut de loin, sur la route, une voiture escortée par plusieurs cavaliers armés. Elle descendit rapidement l'escalier, se précipita dans les bras de sa mère, cria avec des trans- . ports de joie : ‘ Maman, maman, lés voilà ! ils arriventeux-mêmes, je suis sûre que ce sont eux ! Allons à leur rencontre.” È

En effet, Théobald, Ottilia et Agnès s'étaient mis en route dès l’aube du jour, voulant apporter euxmêmes l’heureuse nouvelle, et présenter en personne leurs remerciements à la dame Rosalinde. Dès que le chevalier Théobald aperçut cette dame,

. il descendit de cheval ; Ottilia et Agnès sortirent de leur voiture : tous trois vinrent saluer leurs fibératrices, et leur témoigner une vive et profonde reconnaissance. Tous lec cinq goûtaient alors une égale satisfaction ; ils prirent ensemble la route du châleau, où ils arrivèrent en s'adressant réciproquement mille questions sur. ce terrible et heureux événement.

Cette belle soirée fut célébrée par un festin de famille. Léonardo, qui servait à table, fut invité à raconter dans le plus grand détail tous les discours que les bandits avaient tenus entre eux. Il le fit très volontiers: il s’attacha surtout à dépeindre le danger imminent qu’il avait couru sur les bords du torrent, et-les efforts du plus jeune pour empêcher son camarade de le jeter dans le précipice. “ Il a intercédé pour moi, ajouta Léonardo, et j'intercé-

. derai volontiers aujourd'hui pour ce malheureux.

Puisqu'il a montré des sentiments plus humains que

son compagnon, il devrait aussi être puni moins

ss LA COLOMBE sévèrement.” Touies les dames appuyèrent le vœu : de £e jeune homme.

dla Ga du repas , Théobald oaisit sa eoupe. d'er-

gent, se: leva et dit : ‘‘ Portons la santé de l'aimable

Rene; c'est à elle que nous. derons da vie ; sans V'henreuse idée qu'elle à eu de nous envoyer la let- “tre :par aa colombe, ma femme, ma fille et: moi aurions été assassinés et ensevelis sous les ruines -.embrasées de Halkenbourg.

7 Lukas migier hetalonnigeeit .santrla modeste, Emma, ce n'est pas moi cu ai - -sausés;icethonneur appartient à la bonne Agnès, rquisd'aberd a recueilli la douce colombe poursuivie :pae-le vautour, et qui ensuite a bien voulu me céder ree.nher oiseau.

#r @rhce à Dieu, interrempit : :Rosalinde, aaus --Mfayons que der élogesà vous donver:à toutes deux ; bénissons encore la divine :Proxidence, qui a fait

.semsin au bouheur de nos deux familles Jes actions da fhaoune de vous ; sais gardes: vous, mes chèges filles, de vous attribuer réciproquement l’une. à H'abtre tout-le. mérite. de: cet:heureur événement. Caf,s voyez-vous, Léouarda, le pauvre otphelin:qui 8 failli être la: victime de.son sèle;.et qui, pour naus :pEpuyer-son ahachement ei se reconnaissance, a fait -si-rapidement une si longue course, au risque d'en tomber malade et:mêâme.d'en périr, le pauvre Léomardo.n’y.a pas moins contribué que vous.

4 — Cala est vrai,” dit Théohald, et à. ces mots il remplit de nouveau sa. eoupe d'argent, la présenta ‘à Léonardo en lui disant: ‘ Tiens, mon brave:ami. bois à ma santé ; dès à présent je me charge de ton rar 4 de tan avancement dans la- carrière des ar-

À} .LA COLOMBE ser mms ; eur ton. co"rage, Jon dévouement,et les qua- . Mités.de ton cœur te rendent digne d'entrer,un jeu dans l'ordre de la gheralerie.”

Oitilie dit à son tour : ‘‘Trinquonsaussi à: la mémoire du , généreux et .bienfaisant. Adajrie.: au milieu de eetie fête, noire. seconqaissanse doit une Jarme-à.son.. souvenir; sison bon cœur .m'efl, pas veuilireseroneinhe, que. serions-poys de- \Yepusé

+-Ahil-certes, reprit le mèce d'Emma, le bien que feu mon mari a fait à yn malheureux orphelin sous est.senduau centuple.dans le bonbeur de;rous

axoie.squxé le, rie. Mais vous, chexalier Théebald, Avettous-614, moine généreux envers moi el mon Emma, qui:était-auui une pauvre orpheline ?, La générosité avec lognelle vous nous axes aceueillies

sauuées,-Rieu-vops

aussi d'éternel.et infaillible rémunérateur de toutes

bonnes actions n’a pas manqué. de, récompenser

Ouilis..et Aguès,de deur banne et sincère amitié

euvers.nous, Que le,nom. de Dieu soit béni !

Oui, s'écria le chevalier, c'està Dieu qu'appes- -

tiennent ici. comme en fquies occasions, nOs pre-

shaisser sur-uous ses regards, et s'est servi d'

faible eolombe.pour manifester sa justice et sa puis- sance.et.nons arracher à.une mort presque infailli le..Que.notre reconsaissance envers lui soit, éter- -melle ! Cependant nous ne devons pas,moins.de, ce- __.conmaissanes aux, Ames généreuses qui:ont. été les

‘lo É D" COLOMBE

"pééiniecdis dé sa bonté céleste. Admires les voies ‘de lé Providence ; cerfainementil m'était impossible de préserver man château de la ruine dont le metagäient la ruse ét la irabison : eh bien, ce que je ne pouvais faire avec mon épée, la jeune Emma vient de l’éxécuter avec le secours d’unc colombe. C'est afnst que les femmées et les enfants même peuvent dans l'occasion opérer beaucoup de bietti il leur suffit pour cela d'en avoir.la volonté et de © mettre en Dieu toute leur confiance, comme Rosa-

‘ ‘hde et Emms l’oùt- fait.” ?

. Puis, ‘après un’ instant de silence, le detilier Théobald'coutinua : ** Mon château étant un des boulévartis de l’énipire, et M'° Emma ayant dans ‘ on fige ausif Tendre, et sans le secours du glaive, pré- . éervé cetté iatportante forteresse de la destruction, je ‘mettrai ée ‘beau trait sous les yeux de l'Empereur, !j'én'obtiendrai pour M Emma, future châtelaine Vde Hohenbourg, l'autorisation d'introduire dans ses ‘ééuisons tine colombe blanche portant une branche l'olivier déns‘son bec”

Otilfx ‘reprit: “Tu as fà une excellente idée, miôa cher, époux, et je t'engage à la mettre PR. tément à exécution. Mais je voudrais aussi, moi,

‘fütre quelque plaisir à la chère Emc.a.” Sur àn sigtre de sa mère, Agnès sortit, et un instant après *ôn' vit’ atriver la colombe, qu’elle avait apportée dits ‘unie éorbeille à l'insu de s4 jeune amie. Le gentil oiseau vint aussitôt se placer’ sur la main que ui-tendit Er ., et alors elle vit à sa:grande surprise-qu'Hl'portait dans son bée un remeaur d'olivier tn or. “Ma chère enfant, dit Ottilia, acceptez'ce ‘ramieau d'olivier comme un témoignage de notre

gratitude et un souvenir dé notre heureuse dét}: \. grance. Je l'ai reçu autrefois de ma bonne mèrt pour le porter en diadème. Ma bonne et pieus mère, en me donnant ce prix de mon obéissance et de mon application, y-joignit une sentence que je n'ai jamais oubliée, et qui se trouve aujourd'hui si: bien confirmée par notre propre histoire ; la voici.

Mettes en Dieu toute votre espérance : qu'elle soit ferme comme le rocher que les vagues battent sans pouvoir l’ébranler, comme la foi de Noé au milieu” du déluge; ct, quand il en sera temps, Dieu viendra à votre secours.” :

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