‹ Le Jeune Henri, suivi de La colombe [microforme]Chapitre 25 sur 27 · À UM 0 YU · texte numérisé non relu

À UM 0 YU

‘4 moi suvile-chemp ua esprès: pour :w’kpprendie

\ “fé.que vous êtes sauvés:

‘tYoire retordaissanté, « Rosauinne be Hotiensounei"

4 Grand Dieu! quel miracle de voire:bonté !!

s’écria Ottilie profondément émue: cette-colarsbe est pour nous un, messager descendu du:cigl, : comme autrefois la colombe qui portait la:branche-

. d'olivier dans l’arche de Noé. Agnès, ma fille, viens:

remercious Dieu, qui daigne:nous délivrer d'un:si: imminent péril.”

Après. avoir mis sa femme et sa Allé en sûtété dausune chambre voisine, Théobald endosba sa forte: cuirasse, et donna ordre à plusieurs de ses: gardes : dese.tenir à proximité; puis:il-fit dice aux:deux pèlerins de monter.

Ils entrèrent avec l'air de le:plus grande. bumülité, faisant. force: révérences ; et. Lupo, qui: pôrta-la

” parole, commenga d'une voix hypactite s0® récit.

mélant , toujours: la. vérité. au: mensonge: et} à--la plus basse flatterie. ‘* Digne seigneur et noble the»: valier, dit-il, nous veuous de. Hohenbourg;doit-les nobles châtelaines nous ontehsgés. de: vons-appor-ter. mille et mille salutations affectueuses-de. leur part. Oh ! combien uous.nous estimens neureux-de.

faire connaissance avec un hérosillustre par sa

valeur et ses exploits, et dont la renommée nous était parvenue jusqu'en Palestine | le ;puissant-et généreux protecteur des veuves et des orphelins et de tous les malheureux, et que la pieuse dame Rosalinde ne se lasse pas de bénir et de rommer

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son protecteur. Oh! quelle dame où … .… ut si pieuse el si charitable ? elle nous à prodigué, à nous indignes, des attentions et des soins que nous ue méritions pas. Et sa fille Emma, quelle charmante demoiselle ! Imaginez-vous que ce pelit ange fondait en larmes pendant le récitque nous lui fimes de notre saint pèlerinage. Mais nous aurions bién pour une heure à vous parler des habitants de Hohenbourg. Nous-nous bornerons pour le moment à nous acquitter de la rmmission qu'on nous a donnée, et de vous annoncer que ia noble dame et son aimable demoiselle, ainsi que la charmante colombe, se portent à merveille.” ”

Mhéobald détestait da flatterie et les flatteurs ; pourtant il se contint, et demanda d'un air calme: 44 Qui êtes-vous, et comment vons nommez-vous ?

— Nous somnies de pauvres pèlerins, répondirent-ils; nous venons de terre sainte, et nous retournons dans la Thuringe, notre pays natal.

— Moi je me nomme Hermann, dit Lu, et mon cousin que voilà se nomme Burghard.

— Qu'êtes-vous venus faire dans mon château'?

Nous ne demandons qu'un gîte pour la- nait, répundirent-ils en s’inclinant; demain matin, au premier chant du coq, nous partirons. Oh ! que nos patents vont se réjouir en nout revoyant !

: "Tu en as menti par ta gorge {s’écria le chevalier d'une voix de tonnerre. Vous ne vous appelez pas Hermaon ni Burghard. Toi, vieux scélérat, tu te nommes Lupo, et toi, jeune bandit, ton nom ést Orso. Vous n'êtes point des pèlerins venant de la terre sainte, vous êtes des brigands, des assassins,

-des incendiaires. La Thuringe n'est pas vntre patrie, vous n'êtes pas des Allemands. Vous êtes venus dans mon cbäier-1 uniquement dans le dessein d'ass=ssiner, de pillur et d'incendier. Vous allez recevoir la récomnense que ros crimes ont méritée ; l'échafaud vous attend. Quoi ! vous prétendirz vous revêtir de mes habits de chevalier, vous décorer de ma chaîne et de ma croix ! Holà ! gardes ! approchez, arrachez-leur ce déguisement, et voyons leur véritable costume. Désarmez-les, mettez-leur des chatnes aux pieds etaux mains, et jetez-les dans le plus prof: nd cachot de la tour.”

Les gardes se jetèrent sur eux, les dépouillèrent de leur costume. de pèlerins, et les brigands parurent alors armés de cuiresses et de puignards. # Quelle abominable bypocrisie, dit le chevalier, de tromper ainsi des âmes pieuses sous l'apparence de la religion !” Aussitôt on les chargea de chaînes, el on les traîna au cachot,

Quand ils y fur-nt, le plus jeune des brigands dit à son compagnon : ‘‘ Je ne puis concevoir comment le chevalier a pu être si exactement informé. Il sait même une chose dont nous ne sommes convenus qu'entre nous deux, en route ; il sait que nous nous proposions de prendre ses habits et de nous faire passer pour chevaliers. Srrait-ce par hasard que le guide aurait compris notre langue et nous aurait trahis?

— Aiors : faudrait qu'il eût des ailes pour franchir le torrent et pour entrer dans le château par les fenêtres, révandit Lupo. J'ai bien fait attention, mes yeux n'ont point quiité la porte du château un seul instant, et je suis parfaïñement sûr que, scjress

LA COLOMBE notre arrivée, personne n'a passé le pont-levis. l'y a là dedans quelque chose de surnaturel : il faut que le chevalier nit fait un pacte avec le diable.”

“Le vieux brigand entra dans une telle fureur, qu'il vomit les plus horribles imprécations contre Théobald. “Ce cruel Théobald, disait-il èn éeumant de rage, est l'unique cause de tous tios malbeurs.” Endurci dans le crime, Lupo ne voulait pas concevoir qu'il s'était lui-même rendu malheu- © reux par ses forfaits.

* Mais Orso, lo plus jeune des brigands, se mit à pleurer, à se désoler et à faire des reproches à son camarade: ‘Plût au Ciel, dit-il, que je n'eusse point prêté l'oreille à tes conseils pernicieux ! Tu m'avais promis une vie joyeuse, des honneurs et l'abondance ; et aujourd'hui je ne trouve qu'une mort infime. Tu me disais que nous ne faisions pas de mal; tu voulais étouffer dans mon cœur la crainte de Dieu ; tu te moquais de sa justice dans ce monde et dans laut: . Cependant une voix intérieure me disait le con raire, et m’annonçait le châtiment qui tôt ou tard, dans cette vie ou dans l’autre, ne manque jamais d'atteindre le crime... Hélas 1 que n'ai-je écouté ce cri de ma conscience Î A présent à quoi me servent tous les trésors que j'ai amassés? Si je m'étais adonné aui travaux même les plus pénibles, si j'avais gagné mon pain à la sueur de mon front, mais honnêtement et en conservant ma conscience pure, combien ma position serait aujourd’hui plus heureuse qüe celle où “je me vois! Mais à présent la main de Dies m'a + saisi et précipité dans ce cächot: me voilà perdu dus ce monde. Ah! puissé-je au moins trouver

… grâce et m'séricorde dans l'autre ! puisse mon fatal exemple être une utile leçon pour les jeunes geus que la dissipation et les passions égarent, lesquelles finiront pae les conduire à leur perte, cumme elles m'y ont conduit 1”

Pendant que les brigands se désolaient ainsi, le chevalier Théobald pren: .:ses mesures pour se saisir . de leurs complices: Dès que la nuit fut- devenue assez sombre, il fit plecer trois bougies allumées sur la fenêtre 4e la chambre destinée aux étrangers. Ænsuite le cc: cierge, sur la prudence duquel on pouvait compter, se plaça, avec dix hommes bien armés, en embuscade dans la cour du château, tout contre la petite porte par où les brigands devaient s'introduire. Ils attendir: 1t longtemps en vain. Déjà il était plus de minr déjà la lune éclairait le donjon de la vieille tour ; ies gens du château commençaient à s’impatienter,

‘ Attendez un peu, dit alors le concie: ve ; il me vient une bonne idée pour les attirer das. :: piège.” 11 partit à ces mots, et revint un inmsut après revêtu d’un habit de pèlerin, et ayant sur sa tête le chapeau orné de coquillages. ‘ Sous ce costumes dit-il, les marauds ne me reconnaîtront pas, et me prendront pour un des leurs. Mais. vous autres, placez-vous derrière ce pilier, afin qu'ils ne vous voient pas avant d’avoir passé la poterne.”

Après avoir attendu quelques moments encore, on entendit frapper doucement à la petite porte Le concierge ouvrit avec une précaution affectée ; un des brigands s’avança, et le prenant pour un des pèlerins, lui dit tout bas : ‘‘ Arrivons-nous à propos ?

— Fort à propos, dit. le concierge tout bas aussi, Venez et entrez tous sans bruit.”

to LA COLOMBE

Les sept brigands passèrent par la poterne en marchant sur la pointé des pieds ; ils étaient munis de soufre et de goudron, et chacun était armé d'un sabre. Dès que le dernier fut entré, le concierge referma la porte, mit la clef dans sa poche, et donna le signal convenu.

“Soudain les domestiques sautèrent sur les brigands, et chacun saisit son homme. Au même instant arriva aussi le chevalier Théobald, à la tête de ses gardes, portant des torches allumées et des armes ‘étincelantes. Les brigands étaient presque morts d’étonnement et de frayeur ; ils n’avaient pas même eu le temps de tirer leuts sabres. On les enchaîna et on les jeta au cachot pour y attendre la punition de . leurs crimes. ‘‘ Voilà, dit le chevalier Théobald en: apprenant à sa femme et à sa fille l’heureuse issue de cette affaire, voilà où aboutissent les complots des méchants ; le méchant périt par ses propres œuvres, et finit par tomber lui-même dans le piège qu’il tend à autrui.”

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