‹ Le Jeune Henri, suivi de La colombe [microforme]Chapitre 4 sur 27 · PUR · texte numérisé non relu

PUR

LE JEUNE HENRI passionnément la musique ; mais, fidèle aux ordres de la comtesse, elle restait tranquillement assise à côté de l'enfant, qui dormait encore, lorsque Georges , le garçon jardinier, entra brrisquement et lui ‘ dit: Viens donc, Marguerite, descends un peu ; si tu savais comme nous nous amusons là-bas ! jamais de ma vie je n’ai entendu une si belle musique, L'un a un tambour de basque orné de petites clochettes, sur lequel il donne des coups de poing comme s’il voulait le mettre en pièces ; un petit marmot fait résonner un triangle d'acier, qui, ma foi, ne va mal ; tandis qu’un gros et robuste gaïülard souffle dans un cor de chasse et en tire des sons si forts, que les deux oreilles m'en tintent à la fois... Descends donc bien vite.” Mais Marguerite dit qu’elle ne pouvait quitter le petit Henri une seule minute, “ Bah ! quel enfantillage ! lui répliqua cet étourdi. Est-ce que tu voudrais faire la sainte nitouche, tandis que toute la maison s'amuse ?.…. Tu vois bien que cet enfant dort, et certes tu.ne peux pas l'aider à dormir... Allons, viens, viens; dans un petit quart d'hèure tu retourneras à ton poste. Ne me refuie Pas au moins UNE contredanse, je t'en prie.” Marguerite se laissa entraîner. Le cœur lui battit avec force en descendant à la salle où tout le monde était réuni, et elle s'y amusa fort peu. Cependant elle se sentait {ou mentée d’une vague inquiétude. Plusieurs fois elle voulut quitter ia danse, mais les autres domestiques la retinrent. Enfin, n’y pouvan: plus tenir, elle s'échappa, et retourna en toute hâte auprès de l'enfant chéri qu'une mère tbsente avait confié à sa garde, .

: Coinment peladre soû effroï! le bérédau était” vide: l'enfant gvait disparu. Daus le prémier ins-. ; tant elle cherchait à «e rassurer. Sans doute, quelquë ; domestique, pour lui faire une niche, avait, en son absence, caché l'enfant dans un autre lit. Mais la seule idée que la comtesse pourruit un jour être instruite dé cetté mauvaise plaisanterie, et par con- ‘.séqüent de sa négligence, la faisait trembler. Elle “piféourut à la hâte tous les appartements, mais en - vain: Alors une frayeur mortelle s’empara de soti âme ; ‘ellé'se: précipite dans la salle en criant aux datiseuts : ‘‘ Lé jeune comte. n'est plus dans sôû *‘bercèau ; qui de vous m'a joué le mauvais tour de” le caëher ?..” Tout le monde resta muet de surpri- * serét de’crainte ; personne n'étant sorti de la salle, - ils: ignoraient tout ce qui s'était: passé. Sur-le- -chatp- on cessa la danse; les musiciens même ‘ipartirent sans demander leur salaire. Les doméstiques’ visitèrent tous les appartements, et bientôt ils “eurent l’affreusé certitude que le jeune comte avait : été enlevé et que plusieurs objets précieux avaient également disparu: Ce fut alors qu'éclatèrent les - gémissements et les sanglots, et que la désolation - devint extrême et générale. t‘ Ab ! môn Dieu, mon Dieu t s’écria Marthe, la femme de chambre, suffouée par les larmes, que va dévenir mâdame quand lle apprendra cola 2... Ce vera son coup dé grâce,

Mafguerité surtout se livrait au plus violent dé: +. sespoir. Däns l'excès de sa douleur, elle voulüt's’en: “else détruire même ; et si ün ne l'eût Ftonss, k -elle se serait.jetée dans la rivière. | #0 mon Dieu, mon Dieu ! s’écriait-elle sans cci- 6, is cœur nayré de douleur et de Pas qui

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