‹ Le Jeune Henri, suivi de La colombe [microforme]Chapitre 9 sur 27 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le soleil et les fleurs.

Le jeune berger étant parti, le vieillard fit asseoir “Henri à son côté. ‘ Dis-moi, mon petit ami, tu ne sais donc plus rien ni de ton père ni de ta mère?

— Oh! que si ! répondit l’enfant ; j’ai encore une ‘mère, et une très belle même, je l'ai ici dans ma

poche... Tiens, regarde-un peu.”

rents eurs.

»- moi >n dis r rechez pas le bane, léteseise-

| pain isamurner int le > haientôt neau, de ce ensee

A ces mots, il montra le petit médaillon qu'il avait'emporté avec lui, et qui était renfermé dans un bel étui de maroquin rouge. Jamais le pauvre petit n'avait vu ce portrait à la clarté du jour; il fut donc très étonné de la beauté de la figure, de la transparence des cristaux dont elle était couverte, et de l'éclat des diamants; ses yeux en furent éblouis.

“Ab! comme il fait clair chez {oi disait-il au vieillard. Mais apprends-moi donc, dit-il en montrant le soleil, qui est-ce qui a allumé là-haut celte grande lampe toute dorée, qui répand une si grande clarté autour de nous. Elle est si brillante, que je né puis la regarder ; elle m'éblouit, Elle est bien plus

L belle que celle de notre caverne. Erplique-moi aussi

comment elle monte toujours de plus baut en plus haut. La première fois que je l'ai vue, elle sortait de derrière les arbres qui sont là-bas; et bientôt elle s’est tellement élevée, que jamais je n'aurais, Pu l’atteindre, quand même j'aurais grimpé sur le plus haut des arbres. Comment se fait-il qu’elle se tient en l'air, et qu'elle marche toute seule ? je ne

Æ vois aucune corde pour la supporter et la faire

mouvoir... Qui donc monte là-haut Pour y verser

de l'huile?

— Cette grande et belle lumière, lui répondit le père Ambroise, se nomme le soleil. Elle est au moins mille fois plus âgée que toi ; elle marche et brûle ainsi continuellement sans interruption, sans e secours de personne, et sans avoir besoin qu'on y mette de l’huile, :

—Ÿe ne convois pas cela, disait le petit bonhomme.

is quelles belles fleurs tu as là!"" À ces mots il

LE JEUNE lENRI

:,8e leva et courut vers le parterre. ‘“ Ah qu'elles sont bien peintes! rouges, jaunes, bleues! Oh! c’est charmant ! Et toutes ces petites feuillles:si délicates, comme elles sont artistement découpées l’une exacteinent comme l’autre ! Comment t'y es-tu pris pour les découper aussi bien, et de quoi les as-tu faites, ces jolies petites feuilles? Ce n'est pas du papier ni de la gaze, je le vois bien ; la soie même À u’est rien en comparaison. Dis-moi donc, est-ce toi seul qui as fait toutes ces fleurs? Oh1 alors tu dois y avoir travaillé joliment longtemps. Et puis, dans quelques-unes je vois de petits fils d’une finesse extrême. Pour faire un travail si délicat, fl faut À que tu aies eu beaucoup de patience, une excellente vue, et des ciseaux bien afflés. Moi aussi je sais faire des’ fleurs, mais il me ,erait impossible d'en faire d'aussi belles que les tiennes.”

Le père Ambroise lui répondit qu'aucun homme ne saurait faire de ces fleurs, et qu’elles sont toutes sorties de la terre. Mais Henri ne voulait pas -le croire. “‘Céla.est impossible, s’écria-t-il , j’aime.encore. mieux croire que c’est toi qui les as faites.”;Le vieillard lui montra la jolie capsule d’une tête de pavot, la secoua, et laissant couler dans sa main la quantité innombrable de graines qu’elle renfermait, À il lui ft-remarquer leur extrême petitesse, et lui expliqua comment chacune de ces petites graines pouvait produire une foule de ces grandes fleurs pourprées ; il lui fit voir de quelle manière on plaçaif ces & semences dans la terre, et il lui fit comprendre que toutes les fleurs qu'il voyait étaient .venues de la | même manière. Henri, étonné, rega’dait le vieillard, comme pour, s'assurer s’il parlait sérieusement, à

qu'elles sl Oh!

soi délies l’une tu pris es as-tu

pas du

> même !

, Sei-ce alors tu Et puis, e fines-

, fl faut à

cellente

ieillard, ement.

‘Comment ! de cette petite, toute peñite graine, i] sortirait une si grande, une si belle fleur 1... Hé! mais alors une graine comme cela doit renfermer une machine ericore bien plus admirable que celle des plus belles montres à répétition que j'ai vues dans la caverne.

— Tu as raison, mon petit ami, répondit Ambroise.

— Mais quel est donc l'artiste: qui a construit cvtte petite graine ? repartit l'enfant ; il me semble qu’il serait plus facile de faire toutes ces fleurs qu'un seul de ces petits grains.”

Cependant midi approchait, et l’enfant commen-

. ait d’avoir trop chaud ausoleil, ‘ Que cette lampe

est donc ardentelelle est si loin, et el!e nous échauffe si fort...” L’ermite reconduisit le petit sous

- le pommier, qui répandait déjà une ombre agréa-

ble autour de la table et du banc. ‘‘ Ah! que nous sommes bien ici! dit Henri, comme il fait bon et frais l” Puis, levant ses regards sur le pommier, il ajouta : ‘‘ Cet arbre semble un écran vert, placé là pour nous garantir d’un trop vif éclat de la lumière,

de l’excessive chaleur. Ah ! qu'il est grand, et que E

de milliers de petites fleurs il porte ! Je vois que le tronc de cet art. .sten bois ; mais il n’est pas possible que ce soit toi qui aies découpé toutes ces fleurs et ces feuilles : oh ! cela, je commence à le concevoir ; il y aurait trop de hesogne *

Page 1