‹ Le jeune maire. Comédie-vaudeville en deux actesChapitre 23 sur 42 · ACTE l, SCENE XII · texte numérisé non relu

ACTE l, SCENE XII

DUPRÉ

Un concurrent plus heureux, que moi l'a emporté... Il y a des gens qui ont du bonlieur.

NOIRVILLE

C'est-à-dire que vous pensez que votre concurrent est un homme sans talent, et qu'il ne doit qu'à la faveur la préférence qu'il a obtenue?

DUPEE.

Je ne dis point cela... Je ne le connais pas.

NOIRVILLE

C'est moi , monsieur.

nupRÉ.

Vous?

-SOIRVILLE.

Oui , monsieur.

DUPUÉ.

Je VOUS en fais mon compliment... C'est une belle

place... Sans doute vous en étiez plus digne que moi ,

et je suis content du moins que ça soit bien tombé.

INOIRVILLE , à l'an.

En vérité, on n'a pas un caractère plus contrariant que celui de cet horame-là. Il est impossilîle d'être plus poli. (Haut.) Quoi qu'il en soit, monsieur, si vous comptez sur cet emploi , je vous préviens que, bien que j'en aie la faculté, je ne suis d'humeur à le cédera personne.

DUPRE , impaliente.

Eh ! monsiein", qui vous demande un pareil sacrifice? (a part.) Est-il singulier? Sitôt qu'il s'agit de la

place, il se fàcljc Il a un mauvais caraclèie , cet

homme-là.

NOIRVILLE

Le ministre m'a laissé le droit d'en disposer..., et je le garde.

DUPRÉ

Eh! monsieur, tant mieux pour vous . (a part.) Qu'est-rce qu'il a donc?

NOIRVILLE

Vous élevez la voix bien haut, monsieur.

DUPRÉ

Ah ça... quelle mouclie vous pique, définitivement?

NOIRVILLE

Monsieur. . .

DUPRÉ

e Au diable I

Aie d'un duo de Gulislan.

DUPRE , NOIRVILLE , ensemble, et à part. La chose n'est point équivoque , Sur ma foi ; C'est bien lui , c'est lui qui me provoque , Et non moi.

NOIRVILLE

C'est assez me faire comprendre :

Me voici.

DUPRE , lui donnant sa carte.

Voici mon nom , daignez m'atlendre Près d'ici.

NOIRVILLE, à part.

Une fois j'ai donc réussi.

(Lisant la carte.)

(Parle.) Grand Dieu ! Auguste Diipré !

Page 1