SCÈNE II
ROSE, RICOPEAU.
ROSE
Eb bien , y a-t-il du nouveau ce matin ?
RICOPEAU.
Je le crois bien , et du fameux encore I . . . Il nous arrive un maire.
ROSE
Bail ! l'avez vous vu? Est-il jeune ? Est-il vieux ? Est-il beau ? Est-il laid ? Est-il brun? Est-il blond ?
RICOPEAU, avec mystère.
Tout ce que je puis t' apprendre , c'est qu'on ne m'a pas dit son nom.
ROSE
C'est désagréable.
RICOPEAU.
Je sais seulement que c'est le neveu et l'héritier de M. de Saint-Paul , notre ancien maire , qui est mort ; ce qui fait qu'on dit maintenant : Feu M. de Saint-Paul : et comme son neveu est le plus riche particulier du canton, il lui succède tout naturellement... Aussi, nous autres municipaux, nous sommes tous dans un tracas...
ROSE
Tiens... En quoi qu'ça vous regarde, vous?
RICOPEAU.
Moi!., par exemple! Est-ce qu'il ne faut pas que tout soit prêt pour sa réception?... que les fonctionnaires soient en costume? que les escaliers soient...
ROSE
Oh ! les escaliers , c'est votre affaire .
RICOPEAU.
Parce que je le veux bien , car je suis garçon de bureau en chef.
ROSE
Je crois bien .. . Vous êtes seul.