SCÈNE VI. NOIRVIIiLE, EUGÉNIE
EUGENIE.
Je me rends auprès de ma nouvelle famille... (Avcedepii) Mais sans doute , monsieur, vous ne laisserez pas votre ouvrage imparfait^ et après avoir tant fait pour hâter mon mariage avec. . . un autre, . . . vous daignerez l'honorer de votre présence .
NOIRVILLE
Quand , pour vous rendre heureuse , j'ai tout sacrifié, jusqu'aux sentimens de mon cœur, n'ai-je donc mérité que votre haine?
EUGÉNIE
Et qui vous avait chargé , monsieur, de mon honheur 7 Ce n'est point de vous que je voulais le tenir.
NOIRVILLE
Je ne le sais que trop, mademoiselle j mais, malgré VOUS maintenant , même en consacrant votre vie à un
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autre, vous serez forcée de conserver mou souvenir... Mon nom vous poursuivra, prononcé avec éloge, peutêtre par tous ceux qui vous entoureront... Ce sera là la seule vengeance que je tirerai de votre injuste oubli.
EUGÉNIE
Monsieur I je n'ai rien oublié.
NOIRVILLE
Les apparences alors abusèrent cruellement l'un de nous deux.
Air : vaudeville du Maître du Château.
Je m'en souviens , vous me disiez sans cesse : Un jour viendra que nous serons époux 5 Ce temps n'est plus , mais de votre tendresse Seul j'ai gardé le souvenir si doux.
Oui, je formais alors, près d'Eugénie , L'heureux espoir d'un si tendre lien ; Et je rêvais le bonheur de ma vie j Car vous m'aimiez , si je m'en souviens bien.
EUGENIE, avec une émotion croissante.
Même air.
Ainsi que vous , monsieur, je rue rappelle Ce tems heureux , déjà si loin de moi , Où vous juriez de me rester tidèle ; Je vous croyais alors de bonne foi.
Je me disais : oui , j'en crois sa promesse ; Ah ! quel bonheur un jour sera le mien ! Mais en faisant ces sermens de tendresse, Vous mo trompiez, si je m'en souviens bien.