ACTE H, SCÈNE VI. 3ç
NOIRVILLE
Moi! VOUS tromper! ôcîel! l'avez-vouspu penser?Cette erreur serait-elle en effet la seule cause de votre incoustance?... Ali! s'il en est ainsi , je puis — Mais il n'est plus temps de me justifier... Croyez-moi parjure... et oubliez-moi...
EUGÉNIE
Non, de grâce, parlez, je vous eu conjux'e ; je sais que ma main n'est plus libre;... mais à défaut d'un sentiment plus tendre, si je pouvais vous conserver au moins mon estime... Mais non, je m'oublie moi-même... La justification est impossible... J'ai vu la lettre, j'ai reconnu votre main.
NOIRVILLE
Ne vous bâtez pas de me juger, Eugénie. Lorsque je connus celle qui fut depuis M"" de Mirbel, on nous destinait l'un à l'autre ; mais un liomme ricbe et titi'é me fut préféré; son mari mourut, elle voulut alors réaliser les premiers projets de nos parens; mais je vous avais vue , et je dédaignai son cœur... Elle s'en vengea cruellement ; et cette lettre , écrite à une époque où vous m'é liez Inconnue...
EUGEIVIE , avec la plus vive emolion.
Assez,... je sens plus que jamais toute l'étendue des devoirs qui me restent à remplir, et je les remplirai tous... Edouard , je ne vous aime plus... Un autre doit seul avoir désormais toutes mes pensées, toutes mes affections; je l'ai promis, je l'ai juré, et je tiendrai mon serment.
i Elle ( aciu- se- luiints avec son moxichnii
NOIRVILLE , hors de lui.
Eugénie I . . .
(Il fait un mouvement comme pour le retenir, saisit une des mains d'Euge'nie, et paraît se re'signer aussitôt. )
Air . Noble dame.
Oui, votre tipoux sans doute vous réclame j Allez ! rendez-vous à ses vœu.x ; Et dans ce jour d'hymen , madame , Recevez mes derniers adieux.
Que ce mot était plein d'espoir.
Quand il exprimait : au rei'oir !
NOIRVILLE
Mais qu'il exprime de regrets Quand il veut dire : pour jamais !
Adieu.
Adieu.
(Elle sort.)