‹ Le jeune Werther;Chapitre 9 sur 17 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

WERTHER, seul.

Son père était son époux , et sa sœur était sa fille! Rêve de bonheur ! songe de félicité , vous avez disparu. Quitte donc un monde qui s'amuse de tes peines , qui rit de ta douleur -, comme s'il y avait de quoi rire ! Et pourquoi n'accélérerais-je point 9 par un sacrifice volontaire , le

moment de ce repos , qui n'existe sur la terre que pour l'homme indifférent, impassible , trappe de nullité, qui voit sans voir , entend sans entendre , sent sans sentir, et vit sans vivre... en un mot , pour le cœur sans amour qui ne peut être comparé qu'à une mauvaise lanterne magique sans chandelle ; car , au bout du compte , ce moment-là n'est qu'un verre d'eau à boire pour le philosophe ; qu'estce que la vie ? c'est le rideau qui nous cache l'éternité ; levez le rideau , passez derrière ; et disparais ! . . . ( 11 chante ).

Air : Mourir n'est rien. ( dans le Déserteur. )

La mort n'est rien , c'est la fin de la vie ,

Et ne faut-il pas , je vous prie,

Qu'un jour elle nous soit ravie.

Chaque minute , chaque pas,

Ne mènent-ils pas au trépas.

La mort n'est rien , etc..

( // se promène comme un fou ).

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