‹ Le jeunesse de Victor HugoChapitre 1 sur 5 · M. LOUIS GANDERAX · texte numérisé non relu

M. LOUIS GANDERAX

uet ouvrage sur la jeunesse ae vtctor tiugo reproduit une conférence faite à l'École Normale d'Institutrices de Foatenay. Le livre, destiné au public, contient quelques développements complémentaires qu'une leçon d'école ne comportait pas. Mais j'aurais cru méconnaître l'esprit de Fontenay, j'aurais craint de manquer à la mémoire des Pécaut et des Marion, si je n'avais pas fait effort pour éviter de traiter le sujet d'une façon superficielle.

Ebnest Dupuy.

n y a un intérêt de curiosité, il pçut y avoir un profit littéraire, à étudier un écrivain de génie dans ses travaux d'adolescent, à écouter le son que rendent encore après un très long temps ses premières paroles. C'est le plaisir mêlé d'étonuemeot que l'on éprouve en contemplant un petit courant d'eau, qu'on voit sourdre du sol, et qui porte déjà le nom célèbre d'un grand fleuve.

L'idée de remonter à ces premiers bouillonnements de la poésie de Hugo, Victor Hugo la eue avant tout autre. II a, non pas écrit, ni même dicté, mais rendu possible par ses confidences, qui étaient des propos de table, le joli livre, fait en exil et publié en 1863, sous ce titre aujourd'hui fameux : Victor Hugo raeonlé par un témoin de sa vie. Les biographes n'ont pas assez dit tout ce qu'ils doivent à, cet ouvrage ; sans lui, que d'investigations curieuses n'auraient pas eu lieu. Je citerai pour exemple le travail publié par M.

Edmond Biré en 1883, Victor Hugo avant 4830. L'auteur n'a fait en somme, et c'est déjà beaucoup, que rectifier sur des points de détail et compléter, à l'aide desjournaux de la Restauration, les mémoires de Madame Hugo. Ce travail, entrepris dans un esprit d'hostilité et de dénigrement qui ne va pas sans sans quelque puérilité, est loin d'être négligeable; mais, plus on le contrôle, plus on se trouve en droit de dire qu'il est, même sur les questions de fait, sujet à révision. Plus d'une fois, M. Biré a eu la prétention de démontrer le manque de sincérité de Victor Hugo, qu'il identifie d'ailleurs sans raison avec le « témoin de sa vie » ; mais c'est M. Biré lui-même qui se laisse surprendre çà et là en flagrant délit de faux raisonnement et d'assertion aventureuse (1).

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