‹ Le jeunesse de Victor HugoChapitre 5 sur 5 · HERNANI · texte numérisé non relu

HERNANI

Tu dis vrai. Le bonheur, amie, est chose grave. Il veut des cœurs de bronze, et lentement s'y grave. Le plaisir l'ellarouche en lui jetant des fleurs; Son sourire est moins près du rire que des pleurs.

Les&mis du poète ne s'y trompèrent pas. On sait qu'ils étaient venus en grand nombre au Théâtre- Français pour soutenir l'auteur contre la cibale qui s'était formée pendant les répétitions. Voici l'impression que nous a laissée do cette soirée mémorable un des familiers de Victor Htigo, le poète Victor Pavie. Elle traduit, mieux qu'aucun autre récit contemporain, ce que ie nouvel auteur dramatique venait de révéler d'intime et d'humain dans son œuvre. «Co fut un succès si jamais il y en eut. Et lorsque l'infortunée dofia Sol fut retombée sur le corps de son amant et le rideau sur eux, que l'enthousiasme de la salle, se faisant jour sur ia scène, eut fait relever lo rideau et que l'acteur eut lancé au public avide le nom de Victor Hugo, alors se prépara un autre spectacle que l'auteur n'oubliera pas de si tôt, et qui transporta pour lui, jusque dans cette enceinte, l'illusion de son foyer chéri ; la. salle entière, retourée vers la loge, Ips yeux fixés vers un charmant visage de femme, en-

corc pâle de la préoccupation du matin et de l'émotion du soir; et le triomphe de l'auteur se réfléchit dans la plus chère moitié de lui-même. » (I)

Les spectateurs de la première d*Hernani avaient raison. Dans cette œuvre , qui marque une date aussi heureuse, aussi lumineuse que le Cid, Victor Hugo avait mis Tardeur, la poésie et la vertu de sa jeunesse.

(I) Feuilleton des Affiches (V Angers, dimanche 7 mars 1830.

Poiiieri. - Ssiiflé française d'Imprimerie cl de Librairie^

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