‹ Le joaillier de SaintJames opera comique en trois actesChapitre 35 sur 82 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

TOM

C’est ici ; mais il ii’y est pas pour le quart d’heure. l’intendant, avec humeur.

Il n’y est pas... il n’y est pas!... Il devrait y être. Je viens chercher un écria pour ma maùtresse, la duchesse de L)evonshire.

TOM

Ah ça, monsieur l’intendant, ne crie* pas si fortj on va vous donner ce que vous demandez...

PORTER, très-aviné, montrant l’intendant et les valets.

Comment! c’est là le notaire dont tu me parlais... avec ses clercs?...

tou, riant.

Est-il drôle, ce père Porter ! des clercs en livrée ! l’intendant.

Madame la duchesse attend sa parure pour aller à la cour; il la lui faut à l’instant même !

TOM

La parure! la parure! elle est finie, grâce au ciel et à la nuit que mon maître a passée pour ça.

PORTER, à V intendant.

Je l’ai vue, j’en fais le serment sur l’auguste tète du Léopard, ma superbe enseigne.'

TOM, qui est allé au eoffre de fer.

Allons! mordié! pas de clef à la serrure! le maître l'aura emportée.

l’intendant.

C’est un prétexte !

TOM

Un prétexte? nous n’avons qu’une parole, entendez-vous! l’intendant.

On vous a donné des à-compte; cette parure est à moitié payée. Je vous le répète, je la veux à l’instant même !

TOM, furieux.

Des à-compte! Ah ça! monsieur l’intendant, est -ce que

3k LE JOAILLIER OE SAINT-JAMES.

vous nous prenez pour des fripons? Pas de mots, d’abord, ou je tape!...

TOUS

Oui, oui, nous tapons!

PORTER, se plaçant en boxeur. ,

Neveu ! ne compromets pas tes agréments physiques, le premier jour de tes noces; laisse-moi détériorer monsieur. (Il montre l’intendant.)

l’intendant.

J’ai des ordres, je suis pressé, je n’ai pas le temps de causer...

PORTER, montrant ses poings.

Il appelle ça causer !

l’intendant.

Faites sauter cette serrure!

TOM

Oui, morbleu! je la briserai! et ce n’est pas pour vous ce que j’en fais; mais votre mot d’à -compte me déchire les oreilles, et je veux me débarrasser de votre aimable visite, attendu que les poings me démangent déjà. (Il saisit une pince et un marteau et frappe sur la serrure de l’armoire.)

Page 1