LE MOINE SCULPTEUR
Lts peintres, des barbouilleurs
JEAN, effrayé.
Grand Dieu 1 quelle tempête I LE MOINE POETE, ironique, au musicien qui le menace.
La musique adoucit les mœurs !
(Tumuhe).
LE PRIEUR
Quoi, mes frères, dans cet asile La discorde!... A gitans discordia fratres,,.
C'est le mot de Virgile.
Par ordre d'Apollon, par ordre du Prieur, Que la Muse à la Muse offre un baiser de sœur.
(Les quatre rivaux s'embrassent, — mais de mauvais gré.)
Et venez tous à la chapelle Aux pieds de Notre-Dame, et plus humbles de cœur, La prier d^accueillir son Image nouvelle.
(Emportant la statue de la Vierge, les moines se retirent avftnt le prieur en rech?«ntant l'hymne.)
— 3o - SCENE IV
JEAN, RONlFArE
JEAN, assis la tûte d^ns ses main»
Seul, je n'ofïre rien à Marie.
BONIFaCE.
Va, frère Jean, ne les tnvie.
Tous, vois-tu, des orgueuiHeux, Et le Paradis, ça n'est pas pour eux.
JEAN, avec un gesie décourage.
Le Paradis l
BONIFACE
S'il faut s'enfler de gloire.
Quand je prépare un bon repas, Je fais œuvre aussi méritoire.
Sculpteur, je le suis en nougats ; Peintre par la couleur si douce de mes crèmes ; Un chapon cuit à point vaut, seul, mille poèmes. Et quelle symphonie à ravir terre et cieux Qu'une table où préside un ordre harmonieux!
— 3f — JEAN, très convaincu.
Ceriainement.
BONIFACE, un peu fat.
Mais pour plaire à Marie, Je reste simple.