JE/.N
Simple, héUî», Je le SUIS trop... Elle aime quon la prie En ce latin que je ne connais pas.
BONIFACK.
Et moi si peu... Latin de cuisine...
Est-ce là ton souci?
^NaîvciiiCiJi.,
La Vierge entend fort bien, va, le français aussi.
Sa tendresse au besoin devine.
Pour les iiumbles Marie a des bontés de sœur; Et j'ai lu dans un livre une histoire divine Où Ton voit clairement qu'elle a donné son coeur A la plus simple, à la plus humble fleur.
(Racontant.)
(1 Marie avec TEntant Jésus — par les monts, par le* plaines fuit...
» Mais l'âne essoufflé n'en peut plus; — et voici quelà-bês.
au versant de la côte, — ont apparu soudain — les sangUnt* cavaliers du Roi tueur d'enfants.
» O mon fils, où cacher ta faiblesse! »
» Fleurissait une rose au bord du chemin :
f Rose, belle rose, sois bonne : — à mon enfant, pour s'y blottir, — ouvre tout large ton calice; — sauve mon Jésus de mourir. •
» Mais de peur de froisser l'incarnat de sa robe, — l'orgueilleuse répond : « Je ne veux pas m'ouvrir. »
» Fleurissait une sauge au bord du chemin :
» Sauge, ma petite saugette, — ouvre ta feuille à mon enfant. »
» Et la bonne fleurette ouvre si bien sa feuille — qu'au fond de ce berceau Jésus va s'endormir... »
JEAN, tendrement, à part.
O miracle d'amour!
BONIFACE, achevant.
c Et la Vierge bénie entre toutes les femmes — a béni Phumble sauge entre toutes les fleurs! »
(A part, très convaincu.)
La sauge est en effet précieuse en cuisine.
JEAN, à part, les yeux au ciel, s'exaltant.
jfc vy^ii^ blanche main me bénissait un jour!...
Vienne la mort, mourir sous vos yeux, quelle fête' ^
BONIFÀCK.
Nous fêterons d'abord le dîner que j^apprête. Mais je cours à mon dindonneau...
(Revenant.)
Car je plaîs à la Vierge en veillant au fourneau
Jésus n^a-t-il pas, d'un égal sourire, Reçu des mages-rois Por, Fencens et la myrrne. Et du pauvre berger un air de chalumeau?
(Il tort en courant.)