VAUDEVILLE FINAL
Air du i^audcfille du Château perdu.
ROSINE
Vous que souvent le tracas des affaires Tient éloignés du logis conjugal , Rentrez bientôt près de vos ménagères Car de l'absence on jjeutse trouver mal {iis) . JRien n'est changeant <ûmme le cœur des belles , Plus d'un malheur peut ici le prouver; Pour ètie sûr de les revoir fidèles , Jamais trop tôt l'on ne peut arriver.
COMTOIS
Sur les coussins où votre ennui sommeille ,
Riches du jour, je plains votre destin ;
Au malheureux dont la voix vous réveille ,
En refusant une obole et du pain , Vous n'accordez qu'un regard de dédain.
Pour augmenter votre oisive opulence , Pauvres Crésus , vous a^'ez beau rêver ; Lorsque la Parque aura fait sa balance ,
Au même point il faut tous arriver.
DORVILLE, à Eugène,
Que je te donne un avis salutaire ,
Entre vous deux tout article est réglé,- Mais je le sais , dans l'acte du notaire , Du principal il n'est jamais parlé ; Le plus grand point a'est jamais itipulé.
Observe bien le cours de la lencLrcsse ,
Au taux légal cherche à la conserver :
Chez noui, vois-tu, quand l'amour est eu biiibse ,
{montrant son front.) Ici la hausse est bien près d'arriver.
EUGÈNE
Sur au coteau, non loin des bords de l'Ebre,
S'élève un tertre ombragé de lauriers ,
Cette demeure est l'asile funèbre
Où dort en paix un de nos grenadiers.
Ses derniers mots sont gravés sur sa tombe :
« Près de Bayard venez me retrouver ;
» Chers compagnons , si votre ami succombe,
I) C'est qu'avant vous il voulait arriver.»
Mad. de SAINT-VALERY {au public).
Quand on s'embarque, on s'expose au naufrage j Qui peut fixer l'inconstance des flots?
Par indulgence , ah! d'un frêle équipagi? Voyez en nous les tremblans matelots [fus ). Kos deux auteurs doivent craindre l'orage; Faibles rameurs pourront-ils le braver ? Ils sont tout près de toucher à la plage , Vous seuls savez s'ils peuvent arriver.