XXII NOTICE SUR LE MANUSCRIT
n nous permettra, après avoir rendu compte de nos recherches sur le manuscrit, de donner quelques explications sur les soins apportés à sa publication.
Sans chercher à faire ce qu'on appelle un ouvrage de luxe, nous avons voulu lui « vestir une robe » solide et convenable « en impression » , comme disait le Cordelier N. Taillepied. M. A. Paris, des presses duquel est déjà sortie : « La Ligue à Pontoise et dans le Vexin Français », a mis à notre disposition un caractère elzévirien absolument neuf.
Nous appellerons l'attention du lecteur sur deux documents ajoutés au texte : le portrait du duc de Longueville et la carte du Vexin ; parlons d'abord de cette dernière.
Nous donnons la reproduction d'une carte dont l'original est à peu près contemporain de l'époque à laquelle fut écrite la relation de Gisors : elle date du commencement du xviie siècle.
M. Cortambert, l'aimable et savant conservateur de la section géographique de la Bibliothèque Nationale, attribue à Tassin cette carte « très-curieuse et très-ancienne ». Nous avons pris la partie principale et la plus grande partie en même temps, comprenant le Vexin et une partie du Beauvoisis. M. A. Potiquet a bien voulu nous délimiter les cantons du Vexin et ses divisions, d'après les documents géographiques les plus sérieux; la carte, telle qu'elle se trouve dans notre volume, est très-légèrement réduite.
Il était indispensable, pensions-nous, d'annexer au manuscrit une carte du Vexin; aussi, nous avons examiné à peu près tout ce qui a été publié anciennement en fait de documents géographiques sur cette contrée, c'est-à-dire tout ce qui comprend tout ou partie du Vexin, les cartes gravées ou manuscrites de l'Ile-de-France, de la Normandie et du Beauvoisis. Nous signalerons les cartes de Samson (1679),
JOURNAL D'UN BOURGEOIS DE GlSORS. XXIII
Levasseur, Coronelli, Damien de Templeux (i65o), Lang!ois(i625), Delisle (iyi i) , Vignola (1692) , de La Motte, etc. De toutes, celle qui nous a paru se rapprocher le plus de Fépoque de ce manuscrit et du théâtre des événements dont celui-ci parle, c'est la carte de Tassin ; elle est défectueuse, il est vrai, mais toutes le sont plus ou moins ; nous pensons que le lecteur reconnaîtra facilement les noms des villes et villages, malgré l'étrangeté de l'orthographe de certaines localités.
e Vëxin était, à la fin du xvie siècle, la résidence de « force gens de grande qualité ». On nous permettra de faire ici un second emprunt à notre vieil historien Taillepied ; c'est une assez curieuse énumération des familles nobles, en même temps que des châteaux, dont était remplie cette contrée ; nous ferons remarquer que dans toute cette citation les noms propres ont été écrits conformément à l'orthographe de l'imprimé de 1587 :
« Pour démontrer plus à plein la beauté du pays, je récite les noms des princes et seigneurs qui font leur résidence ordinaire audit pays du Vequecin, et le lieu où ils séjournent. »
« En premier lieu, Mme la duchesse de Longueville avec ses enfants fait sa demeure au chasteau de Trie, lieu plaisant et délectable. M. de Dampville et de Meru fait sa demeure ordinaire au chasteau de Vigny ; M. le président Bariot, après ses travaux, se retire en son chasteau de Moussy, près Commeny. Le procureur général du roy au Parlement de Paris visite souvent ses domaines de Chars et du Bellay, et autres lieux du pays qui lui appartiennent ; le sieur de Ville-Roy, secrétaire du roy, fait sa demeure ordinaire près la ville de Maigny, en son chasteau de Halincourt ; le sieur de Chantelou a son chasteau et beaux jar-